Du biogaz s'il vous plait !

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128px-Biogas_2.pngDans l’attente de l’entrée en vigueur de lois et de règlements qui cadreront juridiquement les obligations d’assainissement énergétique des bâtiments, on sait déjà que, dans de nombreux cas, l'interdiction pure et simple de combustibles fossiles pour le chauffage et l’eau chaude de bâtiments existants ne sera pas possible : les sous-sols ne sont pas partout favorables à la géothermie ; les surfaces nécessaires au sol ou en toiture pour implanter des capteurs ne sont pas toujours suffisantes, notamment pour des immeubles hauts et en milieu urbain ; l’ensemble du canton ne sera jamais raccordé à GENILAC ; bref, on pourra toujours « interdire » des chaufferies aux combustibles fossiles, mais on n’aura probablement pas d’autre choix que celui d’accorder de nombreuses dérogations, et si elles deviennent là règle plutôt que l’exception, les dispositions perdront leur sens.

Pour les nombreux immeubles chauffés au gaz, dont certains ayant rénové leur chaufferie récemment, pourquoi ne pas fournir du biogaz et du gaz « compensé », tel que le vitale vert de SIG ? Si à moyen terme 25-30% du gaz du réseau pourrait être constitué de gaz compensé et de biogaz produit localement, ce serait une mesure partielle qui, couplée à d’autres investissements, permettrait de se rapprocher du « zéro combustible fossile ». Sujet à creuser. En attendant, je souhaite à mes lecteurs, que je remercie au passage de me lire, un bel été ; je vous retrouverai dès début août.

Lien permanent 16 commentaires

Commentaires

  • Et pourtant vous étiez un partisan de la loi Covid, qui interdisait de se chauffer au gaz à partir de 2030. Quelle est la proportion des Suisses qui se chauffent au gaz ? 90% ? Et jamais cela n'a été mentionné dans les explications par nos "journalistes" (propagandistes, en fait) sur son refus...

  • Merci Géo de me lire; le suppose que vous voulez dire la Loi sur le CO2 et non la Loi COVID. La Loi sur le CO2 définissait une limite de 20 kg de CO2 par m2 chauffé, avec des paliers de réduction de 5 kg tous les 5 ans; un défi certes, mais pas impossible en cas de rénovation de la chaufferie dans les prochaines années. J'étais favorable à cette loi (loin d'être parfaite) par pragmatisme, par sens du comprimis, par souci d'avancer. Maintenant, nous nous trouvons dans un vide juridique alors que nous nous sommes engagés dans le cadre des Accords de Paris. Une future loi sera de toute évidence plus rigide encore, par nécessité d'atteindre les mêmes objectifs en 2030 et en 2050 après avoir perdu quelques années.

  • Dans ce pays la biomasse est sous exploitée, d'autant plus que la pousse des végétaux est abondante (arbres, buissons, taillis, herbages, etc.), sans oublier les déjections animales. Une piste à creuser, mais la volonté politique n'y est pas.

  • Il y a aussi la solution CADIOM, le locataire, après le décompte du chauffage, recevait de sa régie et pour un appartement de 4 pièces chauffé au mazout le remboursement d'environ 300 francs par année. Avec CADIOM cela a changé puisque le locataire, pour le même appartement, doit payer un supplément de 600 francs pas année ! Cela prouve que c'est simplement une affaire de fric pour les propriétaires et les régies et, surtout, du foutage de gueule pour les locataires !

  • Je réponds à Pétard: produire du compost à n'en plus finir avec les déchats végétaux et les déchats de cuisine me paraît inutile alors qu'on pourrait - et devrait - favoriser le biogaz: c'est du moins mon avis.

  • @Ashwani Singh
    Mais c'est bien ce que je dis. Il faudrait méthaniser autant que possible tous les déchets végétaux ainsi que les déjections animales.
    Seulement l'agriculture intensive n'en veut pas, parce que c'est pas pratique d'envoyer et de récupérer ses fumures après méthanisation. Et puis, il y a les population riveraines de ces projets de méthaniseurs qui rouspètent parce qu'elles pensent que cela créerait des nuisances olfactives, CE QUI N'EST PAS VRAI. Je suis d'accord avec vous, le biogaz aurait de l'avenir en Suisse, mais il y a du boulot pour changer les mentalités.

  • "Il faudrait méthaniser autant que possible tous les déchets végétaux ainsi que les déjections animales." Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi cela ne marche pas. Soit on fait des centrales et cela implique de gros transports pour les agriculteurs, ce qui coûte cher (et pose des problèmes sur les routes, voir ce qui se passe au temps des récoltes...). Ou alors, le paysan construit sa propre unité de production de méthane : beaucoup d'investissement pour peu de production, donc non rentable...

  • "Ou alors, le paysan construit sa propre unité de production de méthane : beaucoup d'investissement pour peu de production, donc non rentable..."


    Mais la rentabilité, c'est bien une vue de l'esprit, non ?

  • "Une future loi sera de toute évidence plus rigide encore, par nécessité d'atteindre les mêmes objectifs en 2030 et en 2050 après avoir perdu quelques années." Sauf que le peuple suisse a encore des droits. On verra bien qui aura le dernier mot...

  • @Geo: le peuple suisse au final aura le droit de ne pas respecter les engagements pris dans le cadre des Accords de Paris, mais à ses risques et périls du point de vue de sa crédibilité et des relations internationales.

  • Le peuple suisse commence à avoir l'habitude...

  • Il suffit d'ajouter un petit "bio" par-ci et "bio" par là et la meute s'agenouille.

    Comme avec le bio_siesel, des millions d'hectare de forêts rasées pour finir dans la bouffe sous forme de graisse hydrogénée, ben voyons

  • bio-diesel

  • @Gazoduc : le gaz « compensé » est du gaz fourni par des producteurs ou distributeurs de gaz qui ont, par exemple, planté des arbres ou forêts quelque part dans le monde ; le biogaz quant à lui est produit par méthanisation des déchets organiques (de jardin, de cuisine...) et des déchets agricoles, notamment d’élevages intensifs ; on peut également l'acheter auprès de producteurs étrangers qui l'injectent dans le réseau maillé européen de gaz naturel. On est donc très loin de l'image que vous sous-entendez selon laquelle le biogaz serait produit par l'abattage d'arbres en Amazonie, en Afrique ou en Indonésie, au détriment de l'habitat des orangs-outans. Mais je reconnais que votre petite phrase, bien que fausse dans le cas particulier du biogaz, sonne bien et sera percutante auprès de ceux qui aiment les slogans simplistes et réducteurs.

  • @Ashwani Singh, on est pas du tout "très loin de l'image que vous sous-entendez selon laquelle le biogaz".

    Les cultures intensives de palmiers à huile ,tait annoncée exactement dans les mêmes termes, en ces termes ; En cultivant de l'huile de palme, le bilan carbone sera compensé par la biosynthèse d'oxygène-carbone produite par la photosynthèse végétale des palmiers. Ainsi les compagnies pétrolières qui ont abattus des millions d'hectares de jungles avaient promis une production de diesel avec un bilan carbone proche du zéro.

    Je n'ai rien contre le bio-gaz, mais sa production ne sera pas suffisante vis-à-vis des besoins actuels et son coût multipliera le prix du gaz sans que pour autant la consommation du gaz minéral baisse.

    C'est comme ces panneaux solaires photovoltaïques, des subventions étatiques financent l'installation de ces gouffres à énergie, il faut deux fois d'électricité pour produire un panneau photovoltaïque qu'il ne pourra en fournir tout au long de sa courte vie et de plus, il est produit en Chine avec de l'électricité provenant d'usine fonctionnant au charbon qui pollue des régions et des villes provoquant la mort de millions de chinois.

  • @Gazoduc, je vous réponds mais après je ferme les commetaires car je vais penser à autre chose pendant quelques semaines. Je réponds donc parce que c'est vous et parce que vous me faites l'honneur et le plaisir de me lire. Je m'en tiens au biogaz et au gaz naturel compensé, car leur fourniture, ne serait-ce qu'à 30% dans le gaz fourni pour les chaudières à combustible diminuera d'autant l'effort nécessaire pour arriver à du "zéro fossile net", ce qui serait autrement impossible dans de nombreux cas, peut-être même majoritaires, tel que je l'ai exposé dans mon post. Il sera certes plus cher, mais il permettra d'éviter certains investissements, chers aussi, et il y aura des bilans coût-bénéfice à calculer et des choix à faire. En tant que propriétaire d'appartement chauffé au gaz et vu le sujet de mon blog - et de mon post -, les questions de biodiesel, d'huile de palme et de panneaux solaires restent hors propos. Merci encore de me lire et bon été !

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