Loi sur le CO2 : j'ai voté OUI !

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Dès lors que l’on accepte que le monde est constitué d’Etats souverains - qu’il s’agisse des Etats-Unis, de la Chine ou des Iles Maldives - et que la lutte contre le réchauffement climatique est de la responsabilité solidaire de chaque Etat, peu importe que la Suisse n’émette que le 0,1 % des émissions mondiales de CO2 et que quoi qu’elle fasse - ou ne fasse pas - n’aura aucun impact sur le climat mondial : c’est entièrement vrai mais hors propos.

Cette loi n’est pas parfaite, mais elle a fait l’objet d’innombrables consultations, négociations, allers-retours entre les commissions parlementaires et les Chambres fédérales, compromis et reports de date d’entrée en vigueur, qu’arrive un moment où il faut avancer, l’adopter et consacrer ses énergies à respecter ses exigences dans un esprit positif et constructif avec, pour les secteurs du transport, de l’industrie et du bâtiment, enfin une sécurité juridique permettant de planifier les investissements à moyen et plus long terme.

Certes, en tant qu’automobiliste et voyageur occasionnel en avion, les dispositions de cette loi me forceront à faire des choix et changer mes habitudes, ou alors me coûteront plus cher. Quant aux recettes des taxes dites « d’incitation » (en réalité plutôt des taxes dissuasives car ce sont bien des « bâtons » et non des « carottes »), je salue le maintien du « Programme Bâtiment » mais j’aurais préféré qu’une part plus importante encore soit affectée au « Fonds pour le climat » qu’au retour symbolique à la population et à l’économie : mais nous sommes en Suisse et le choix est, encore une fois, le résultat d’un compromis bien helvétique.

Pour en venir au bâtiment et en ma qualité de propriétaire d’appartement, car c’est bien là le sujet de mon blog, je relève deux points importants : la taxe sur le CO2 et les seuils de CO2 admis lors du remplacement des chaudières. Pour prendre l’exemple du gaz naturel, la taxe représente actuellement 1,7 cts/kWh, et pourrait augmenter à un maximum de 4,2 cts/kWh d’ici à 2030, soit une augmentation de 2,5 cts/kWh si le prix de base du gaz reste stable, ce qui reste une grande inconnue. Il est à noter toutefois que ce prix de base a plutôt baissé ces dernières années, et que si le climat continue de se réchauffer, on devrait en consommer moins, et si la consommation de combustibles fossiles diminue, cela devait aussi alléger la pression sur les prix.

Lorsque les systèmes de chauffage à combustible fossile des bâtiments existants seront remplacés, la limite supérieure d’émission de CO2 admise sera de 20 kg de CO2 par an et par m2 de surface, réduite par tranche de cinq kg tous les cinq ans. Or, pour les PPE dont je suis l’administrateur et où la chaufferie vieille de sept ans est alimentée au gaz naturel, la moyenne actuelle est de 22 kg. Des mesures complémentaires (panneaux solaires, ventilation hygrorégulée, récupération de la chaleur de l’air extrait par la ventilation, pompes à chaleur...), devraient permettre de respecter les exigences en vigueur lors du futur remplacement, probable à un horizon de dix à quinze ans.

Cette loi est limitée dans le temps : elle fixe en effet des objectifs jusqu’en 2030. Ne pas voter OUI, c’est reculer pour mieux sauter : la neutralité climatique (zéro émission nette) a été fixée pour 2050.

Je crois aux avancées technologiques. Par ma formation et mon passé professionnel, j’ai longtemps calculé des bilans de masse et d’énergie. Je ne réagis pas par coup de cœur, angoisse ou culpabilité. Je suis sensible aux arguments raisonnés. Je me crois être objectif. Et j’ai voté OUI à la loi sur le CO2 !

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Nous on a voté un grand NON à la loi bidon sur le CO2!

  • « Cette loi n’est pas parfaite ... elle a fait l’objet d’innombrables consultations, négociations, allers-retours ... compromis et reports de date [...] »

    Justement. C'est une loi bidon, bricolée pour faire semblant; pour ménager la chèvre et le chou. Bref, un truc qui ne sert à rien d'autre que d'emm... cette partie de la population, que la pensée dominante éxècre.

    Un esprit lucide et éclairé devrait dire non à ce genre de supercherie.

  • Il est tout à fait possible que si j'étais propriétaire d'un appartement, ce dont je ne suis pas jaloux mais envieux, je voterais comme vous.
    Ayant le nez à raz l'eau financièrement, en grande partie à cause du coût de mon loyer genevois, je suis contre tout ce qui entraînerait des augmentations de prix.
    De plus, j'estime que l'abandon idéologique du nucléaire est une mauvaise mesure, comme le montrent les contorsions morales auxquelles se livre l'Allemagne pour pallier son manque d'énergie électrique et en justifier le motif.

  • @pétard: merci de me lire; c'est toute la culture politique suisse, faite de consiltations, de compromis - et de compromissions -, que vous mettez en cause. Ce n'est ni mon ambition ni ma prétention.
    @MA et Mère-grand: merci de me lire.

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