29/06/2012

Les négociations de libre-échange et les "droits populaires"

A l'occasion de l'assemblée générale de la chambre de commerce indo-suisse (SICC) tenue le 14 juin 2012, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, Directrice du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) avec le rang de Secrétaire d’Etat, nous a présenté les enjeux, les opportunité et les défis des relations commerciales entre la Suisse et l'Inde dans une allocution intitulée "Indo-Swiss Bilateral Economic Relations: A Story of Strengths and Opportunities".

Avant d'être nommée à son poste actuel par le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann en février 2011, elle représentait la Suisse à l'OMC où elle a souvent dû négocier avec les représentants indiens, qu'elle connaît donc fort bien.

Dans son exposé, elle a parlé de l'état actuel des négociations bilatérales entre l'Inde et la Suisse (dans le cadre de l'AELE).

Si la majorité des secteurs ne posent aucun problème, quelques points d'achoppement existent encore: pour les indiens notamment, l'accès au marché suisse pour les denrées agricoles et la prestation directe de services en Suisse; pour la Suisse: les taux de douane pour les machines qui, bien que baissant dans le cadre des accords de l'OMC, ne le font que trop lentement aux yeux des membres de SWISSMEM; par ailleurs, les questions de propriété intellectuelle et de développement durable, chers à la Suisse, restent également en suspens. Il se pourrait toutefois que les négociations aboutissent avant la fin de cette année, en quel cas la Suisse pourrait bénéficier d'une avance sur l'Union européenne pour laquelle les négociations avec l'Inde sont considérablement plus complexes.

Vu que les négociations multilatérales dans le cadre de l'OMC (Doha Round) sont actuellement au point mort, la Suisse négocie et renégocie des accords bilatéraux sur les échanges commerciaux avec de nombreux pays. On n'imagine pas les conditons dans lequelles ces négociations se seraient déroulées si l’initiative «Pour le renforcement des droits populaires dans la politique étrangère» avait été acceptée et ces accords, in fine, obligatoirement soumis à un vote populaire: quelle aurait-été en effet la crédibilité de nos négociateurs? Nos interlocuteurs étrangers auraient-ils voulu perdre leur temps?

Espérons que ces accords aboutiront et vite: nous avons tout intérêt à accroitre nos échanges commerciaux avec des pays émergents à forte croissance. Les défenseurs des dits "droits populaires" auraient, en plus, très probablement préconisé le rejet de la majorité des accords: le peuple suisse l'a implicitement compris et ne l'a pas voulu.

Quel rapport avec Thônex? En cherchant bien, j'en ai enfin trouvé un: meilleures ventes de montres Rolex et de stylos Caran d'Ache = plus d'emplois et meilleures rentrées fiscales pour ma commune!


Pour le texte complet de la présentation de Mme Ineichen-Fleich (en anglais), cliquez ici.

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30/05/2012

Le plus grand parc solaire mondial inauguré en Inde

Proche de la mer d'Oman et bordant des grands marais salants asséchés une bonne partie de l'année, le parc solaire de Charanka a été inauguré récemment dans l'Etat indien du Gujarat. D'ici à 2015, les phases successives permettront d'atteindre 600 MW sur une surface de 2000 hectares, soit une production d'énergie comparable à celle d'une centrale thermique ou nucléaire de taille moyenne. Les 214 MW actuels placent toutefois déjà ce parc solaire au premier rang mondial. D'autres projets sont en préparation, et l'Etat du Gujarat prévoit une production de plus de 10 GW (10 000 MW) à l'horizon 2020.

charanka.jpg

Situé à l'ouest de l'Inde, ce désert salé à fort rayonnement solaire (plus de 2100 kWh/m2) se prête tout naturellement à ce type d'investissement. Dans le canton de Genève, le rayonnement solaire est sensiblement inférieur (1250-1300 kWh/m2). C'est donc 3500 hectares qu'il nous faudrait pour produire la même énergie que le parc de Charanka, soit près d'un tiers de la zone agricole actuelle...

Ci-dessus, une petite partie des 2000 hectares: or un parc solaire, c'est ça!


Alors que l'on continuera longtemps chez nous de gesticuler sur l'énergie solaire, elle ne représentera jamais qu'une infime proportion de l'électricité produite et consommée à Genève et en Suisse. La construction de centrales au gaz de nouvelle génération (à cycle combiné), pour remplacer les centrales nucléaires, est donc indispensable, n'en déplaise à certains.


à d.: l'ouest de l'Inde, un ensoleillement de plus de 2100 kWh/m2

SolarGIS-Solar-map-India-en.png

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30/04/2012

Suisse: Singapour de l'Europe?

Il fut un temps pas si lointain où certains pays étaient qualifiés de "Suisse du…": Suisse du Moyen-Orient (Liban), Suisse d'Amérique du Sud (Uruguay), Suisse d'Asie (Singapour), etc., comparaison flatteuse dont ces pays étaient fiers car cela était synonyme d'ordre et propreté, de bonne gouvernance et de prospérité. Or s'agissant de Singapour, retournons aujourd'hui la question pour savoir si la Suisse mériterait d'être qualifiée de "Singapour de l'Europe": en effet l'élève aurait-il fait mieux que le maître? Apparemment oui. Examinons quelques chiffres:

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25/04/2012

Merck-Serono: persiflage et Schadenfreude déplacés

Ces lignes s'adressent à tous ceux qui hurlent avec les loups et qui crient au scandale face à la fermeture du site genevois de Merck-Serono. On retrouve parmi eux certains qui sont sincèrement et profondément fâchés, d'autres qui le "savaient" tout au long et qui clament fièrement aujourd'hui qu'ils nous l'avaient "bien dit", d'autres encore qui s'en gloussent par Schadenfreude, enfin ceux qui y voient la preuve évidente de la nécessité d'une politique genevoise dirigée contre les multinationales. Bien sûr les salariés qui perdent leur emploi ont toute my sympathie.

Les attaques personnelles contre Ernesto Bertarelli vont bon train, manifestement fortement teintées de jalousie mais, quoi que certains puissent penser du personnage, ne sont-elles pas totalement hors propos? En effet, Serono a été vendu à Merck en 2006; cette dernière savait ce qu'elle achetait1, a évalué les risques liés aux facteurs impondérables et a pris une décision: c'est ainsi dans toute transaction. Il arrive parfois qu'on se soit trompé, qu'on ait mal évalué les risques et que la donne ait changé pour des raisons conjoncturelles, technologiques ou géopolitiques qu'on ne maîtrise pas. Il arrive parfois aussi que le nouvel acquéreur ait simplement mal géré l'objet acquis, car en six ans on peut faire pas mal de dégâts.

Le monde économique "mondialisé" est ainsi fait: les entreprises créent des implantations et embauchent du personnel et, à l'inverse, sont malheureusement amenées parfois à fermer, à délocaliser et à licencier: selon la période dans cycle de vie d'une implantation, on s'en réjouira ou on le regrettera.

Evitez toutefois s'il vous plaît de moraliser. La vie est pleine d'incertitudes et de changements: des proches nous quittent; les familles éclatent et se recomposent; certains quittent leur patron et l'entreprise, qui les a pourtant formés, pour un meilleur salaire chez un concurrent. Il serait bien irraisonnable et hypocrite de s'attendre à une sécurité absolue en matière d'emploi, car tout comme pour d'autres facteurs privés et sociaux, la relation d'emploi est teintée d'impondérables et d'imprévus.

Ayant moi-même été longtemps salarié de multnationales, y compris de certaines ayant quitté Genève, je réitère ma sympathie à ceux qui perdent leur emploi et leur souhaite d'en retrouver un rapidement; je reste toutefois convaincu que les multinationales sont indispensables à la prospérité de notre Cité. A nous alors de faire en sorte qu'elles continuent de trouver Genève attractive et qu'elles restent, au bilan, créatrices d'emploi et de richesse. Sans elles, nous ne pourrions pas nous permettre d'offrir des salaires médians de CHF 9000 aux fonctionnaires. Ne scions pas la branche sur laquelle on est assis.


1Du moment qu'il ne semble pas être question de comptes truqués ou d'arnaque

 

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20/04/2012

Genève, ville internationale ou simple enclave suisse en France?

En observant l'intérêt que soulève l'élection présidentielle française à Genève sur la TV, la Julie, les blogs tdg.ch et les posts sur Facebook, on peut en effet se poser la question. Par contre que sait-on à Genève sur la politique allemande, britannique, hongroise ou suédoise? Connaît-on même le nom du premier ministre anglais depuis que ce n'est plus Tony Blair? Qui sait quand se tiendront les prochaines élections législatives allemandes? D'ailleurs qui s'y intéresse? Certes, nous sommes peut-être plus concernés par la France parce que nous y faisons nos emplettes, y allons skier ou y possédons une résidence secondaire; ou encore parce que les frontaliers français viennent nous voler nos emplois en pratiquant du dumping salarial. Mais cela explique-t-il à ce point cet engouement, voire ces passions, pour une élection qui au fond ne nous concerne que très indirectement?

Il y a quelques années, un informaticien indien au bénéfice d'un permis temporaire "L" travaillant à Genève pour un projet que je dirigeais alors s'était rendu dans une grande surface consacrée à l'ameublement pour y acheter un lit. Souhaitant des renseignements, il avait cherché un vendeur parlant anglais: "impossible", lui a-t-on répondu: "par contre, nous pouvons vous renseigner en français, portugais, espagnol, serbo-croate ou albanais"…même pas en allemand ou suisse-allemand, pourtant première langue du pays. La seule différence avec Limoges, Angoulême, Tours ou Châteauroux qui n'ont quant à elles aucune prétention d'être des "villes internationales", c'est qu'il y aurait probablement eu le serbo-croate en moins et l'arabe et le kabyle en plus.

En conclusion, soyons un peu plus modestes avec notre prétendue "ville internationale"…car ne serions-nous finalement pas qu'une simple enclave suisse en France, un accident de l'histoire?

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19/04/2012

Energie électrique: que veut-on?

En réalité, on ne sait pas. A lire le dernier sondage en ligne auprès des lecteurs de Tdg.ch concernant l'opportunité de construire cinq ou six "nouvelles" centrales à gaz en Suisse (comme s'il y en avait des existantes…), il y a nettement plus de "non" que de "oui".


à g.: état du sondage le 19 avril 2012 à 11h30



Par ailleurs, on ne veut pas non plus de:

  • gaz de schiste;
  • géothermie profonde;
  • centrales nucléaires;
  • parcs éoliens;
  • parcs solaires;
  • barrages hydroélectriques.


Parc solaire en Allemagne


Voici à quoi ressemble un "vrai" parc éolien:
inimaginable en Suisse!


Or même si d'importantes économies sont encore probablement possibles pour les combustibles et si la consommation de carburants restera tempérée par le prix de l'essence, le besoin en énergie électrique continuera longtemps d'augmenter en Suisse et, à défaut de pouvoir la produire par manque de vision, d'ambition et de courage politique, il faudra bien l'importer: bref polluons, mais ailleurs que chez nous. Prétendre autre chose, c'est du blabla, du pipeau, des billevesées, de la naïveté, de l'ignorance, de la myopie ou enfin pire, des mensonges.

 

 

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21/03/2012

Tram 16: Thônex le veut de retour!

Hier 20 mars 2012, le Conseil municipal de Thônex a voté une motion invitant le Conseil administratif à intervenir auprès du Conseil d’Etat et du Conseil d'administration des TPG pour demander le rétablissement au plus vite d'une ligne de tram reliant directement Moillesulaz et Cornavin. Cette motion, proposée par le groupe PLR et dont votre serviteur était cosignataire a été votée par une large majorité des Conseillers municipaux, malgré une opposition incompréhensible des socialistes, verts et consorts qui étaient d'avis que finalement tout va bien et que "circulez, il n'y a rien à voir". Dommage qu'ils n'aient pas préalablement consulté leurs collègues des communes voisines de Chêne-Bourg et de Chêne-Bougeries, où des motions similaires ont été votées quasiment à l'unanimité…

Ces dernières années, les Thônésiens n'avaient pas à rougir de leur fréquentation des transports publics, comme en témoignait le fort taux de remplissage des trams dès les arrêts "Moillesulaz" et "Graveson". Cette ligne était par ailleurs très utilisée par les frontaliers des communes voisines, de Gaillard notamment, dont toute la population souhaite voir éviter l'usage de la voiture pour les trajets quotidiens. Pour les habitants de Thônex et de Gaillard devant se rendre à Cornavin, le CEVA ne constitue pas une solution, car on imagine mal comment se feraient en pratique les liaisons entre les arrêts "Moillesulaz" et "Graveson" d'une part, et la gare de Chêne-Bourg d'autre part. Ainsi, le nouveau réseau risque fort de "casser" une dynamique et des comportements responsables qui ont mis de longues années pour se développer.

tram16_2.JPG

Alors que la mise en service du nouveau réseau devait améliorer grandement la mobilité de la population, force est de constater que le nouveau dispositif ne répond pas avec satisfaction aux besoins de la population de Thônex et constitue de toute évidence une régression.

Pour le texte complet de la motion, cliquez ici

 

à g.: le tram 16 à Cronavin: ligne à réintroduire au plus vite!

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09/03/2012

Faisons sauter les bouchons!

Aujourd'hui 9 mars 2012 à 14h00, le PLR de Thônex a déposé les signatures à la pétition "Faisons sauter les bouchons à Thônex". Les signataires demandent aux autorités de la Commune de tout mettre en œuvre afin de faire réaliser au plus vite les "[…] différents aménagements indispensables à la fluidification de l'axe de circulation prioritaire entre le nord et le sud de la commune, comprenant notamment:

  • un passage sous-route, sous la route de Genève, reliant la rue François-Jacquier et l'avenue de Thônex, pour lequel les plans existent depuis fort longtemps;
  • un réaménagement du carrefour entre l'avenue de Thônex, la route de Sous-Moulin et le Hameau de Fossard;
  • un réaménagement du carrefour entre l'avenue Tronchet et la route de Jussy."

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Les autorités de la Commune comprennent parfaitement les préoccupations des nombreux pétitionnaires et y sont probablement favorables. Quant à savoir comment la requête sera traitée ensuite par les services cantonaux de la mobilité et de l'aménagement, l'issue reste incertaine, raison pour laquelle les Thônésiens doivent rester déterminés et mobilisés!

 

Une certitude toutefois: le problème ne concerne pas uniquement Thônex. En effet, dans la perspective de devoir attendre 2042 pour une traversée du lac, il devient urgent d'agir sur la mobilité et la fluidité du trafic automobile de l'ensemble du secteur d'Arve-et-Lac, région qui n'a d'ailleurs pas connu d'aménagement routier digne de ce nom depuis maintenant 40 ou 50 ans, et qui ne peut pas - et ne veut pas - attendre 30 ans de plus. La fluidification de la "Tangenziale Est" (Puplinge-Carouge, en passant par Thônex dans toute sa longueur et le Plateau-de-Vessy), nécessitera une vision, une ambition et une volonté commune de la part de Puplinge, Thônex, Veyrier et Carouge: donc encore beaucoup de travail!


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Membres du comité et élus du PLR-Thônex déposant les signatures à la Mairie de Thônex

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29/02/2012

L'Offshoring, une réalité et une opportunité

Même si le mot paraît laid, la tendance qui consiste à externaliser les services informatiques auprès de fournisseurs offshore, notamment en Inde, va en s'accélérant. Ces services vont du développement et de la maintenance jusqu'à l'outsourcing complet. En 2010, la Suisse a importé depuis l'Inde des services informatiques pour un montant de CHF 450 millions, chiffre qui doit être vu dans le contexte des quelques USD 85 milliards exportés la même année par l'ensemble des prestataires de services indiens. Parallèlement, une étude récente de l'OSEC a conclu qu'à l'horizon 2017, la Suisse manquera de 32.000 ingénieurs hautement qualifiés, notamment dans le domaine des technologies de communication et de l'information (TIC)1. La Suisse connaît en effet depuis fort longtemps un déficit chronique de main d'œuvre hautement qualifiée, qui n'est apparemment pas prêt de se combler.

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25/01/2012

Plus de maths, d'ingénieurs et d'informaticiens, s'il vous plaît!

Il m'est arrivé il y a quelques années d'avoir à gérer un contrat pour la mise à niveau du système financier informatisé d'une importante organisation internationale basée à Genève. Suite à un appel d'offres public, deux sociétés se sont finalement vues attribuer le projet, l'une étant un des géants des services informatiques au niveau mondial (ACCENTURE, CAP-GÉMINI, COGNIZANT, IBM, KPMG, peu importe lequel) alors que l'autre, le partenaire que je représentais à l'époque sur le marché genevois, était un des "big five" indiens (HCL, INFOSYS, SATYAM, TCS, WIPRO, même remarque). La société indienne avait mis sur pied une équipe d'une cinquantaine de consultants pour travailler sur ce projet pendant pratiquement une année, dont une vingtaine se trouvait déléguée sur place, travaillant dans les locaux du client, à Genève[1].

Pour compléter l'équipe, nous cherchions également quelques profils spécifiques que nous pensions toutefois pouvoir trouver, sur place à Genève, sans problème. Une offre d'emploi pour des développeurs disposant de quelques années d'expérience sur différents sous-modules d'ORACLE Finance été publiée dans la presse locale. Résultat: trois réponses de Genève (et de loin pas les meilleures…) et une centaine de France (principalement) et d'ailleurs, dont certaines excellentes. Inutile de vous dire que le choix du client s'est porté sur un candidat étranger.

Quelles conclusions tirer de cette expérience?

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19/01/2012

Oui à la traversée de Thônex!

Hier, le mercredi 18 janvier 2012, le projet de traversée du lac - et son complément qu'est l'autoroute de contournement "est" (de Vésenaz-à Vallard ou Etrembières) - a donc pris un sérieux coup de frein, et ce ne sont pas les molles phrases se voulant vaguement rassurantes de M. Antonello Laveglia, Porte-parole de l'Office fédéral des routes (Ofrou) selon lesquelles "rien n'est encore perdu pour Genève" qui nous feront croire le contraire. Si l'on doit compter sur Berne, l'éventuelle réalisation que l'on pouvait encore espérer pour 2035 ou 2040 prendra au mieux encore du retard, au pire ne se fera jamais. Or Genève doit absolument continuer à accorder à ce projet un statut prioritaire et lui assurer une forte visibilité - avec un mental de battant et de gagnant - en explorant notamment dès à présent des sources alternatives de financement tels que les Partenariats publics-privés (PPP).

658845564.jpg Parallèlement, les communes de la rive gauche sinistrées par le trafic pendulaire nord-sud (Puplinge, Thônex, Veyrier…) doivent dès à présent se mettre ensemble pour élaborer un projet commun d'axe fluidifié entre le secteur d'Arve-et-Lac et la Praille, Carouge et Plan-les-Ouates. Thônex en particulier ne peut pas et ne veut pas attendre une hypothétique autoroute en 2045 pour régler une situation aujourd'hui déjà insupportable.

 

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21/12/2011

Une agriculture qui n'est PAS de proximité

Hier au Conseil municipal de Thônex, lors du débat sur le préavis communal relatif au Plan directeur cantonal, on a une fois de plus eu droit à l'éternel argument concernant la nécessité absolue de préserver la zone agricole, dont le caractère de "proximité" n'est pas mis en doute tant il va de soi, le corolaire étant qu'il faut inévitablement déclasser et densifier les zones villas, grandes gaspillatrices de terrains précieux.

Agriculture de "proximité"? Vraiment? Je m'adresse ici à ceux qui ânonnent ce slogan politiquement correct pour rappeler quelques vérités sur un sujet tabou, alors que toute la classe politique semble vouloir faire preuve d'une pensée unique dont Kim Jong-Il et Kim Il-Sung auraient été envieux et fiers.

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09/11/2011

Traversée du Lac, épisode 157 bis et ses implications pour Thônex

J'ai eu le plaisir d'assister la semaine dernière au débat intitulé "Genève doit-il réaliser une traversée lacustre?" organisé par la Tribune de Genève et animé par la journaliste Irène LANGUIN, opposant Jean-Rémy ROULET, Président du Groupement transport et économie (GTE) et Thomas WENGER, Président de la section genevoise de l'Association transports en environnement (ATE), l'un étant "pour", l'autre "contre": un débat fort respectueux au cours duquel chacun a rappelé ses positions, prévisibles et connues, en se référant l'un et l'autre largement au Rapport de synthèse des études de faisabilité publié au printemps 2011. Etaient présents parmi le public l'Ingénieur de la circulation de la Section genevoise du TCS Victor de OLIVEIRA, l'ancien Conseiller d'Etat Philippe JOYE et Ansgar KAUF, expert en partenariats public-privé (PPP) dans le domaine des infrastructures pour les transports.

travlac.jpgOr que ressort-il du débat, des études de faisabilité et de l'état actuel du dossier? Je vous la fais courte: la Confédération aurait alloué 20 milliards de francs pour des travaux visant à désengorger certaines grandes agglomérations, dont trois milliards pour Genève; or ce montant ne permettra pas de financer à la fois une 3e voie sur l'autoroute de contournement existante et la traversée du lac avec le raccordement autoroutier sur Vallard ou Etrembières. Au cas où Berne jugerait le projet de 3e voie comme étant prioritaire, la traversée du lac ne se fera pas ou devra être financée par d'autres moyens (Canton, PPP…). Si toutefois un projet concret de traversée du lac voit le jour sous une forme ou une autre, les oppositions sont d'ores et déjà assurées, que ce soit pour le tracé, pour la protection de la faune et de la flore ou encore pour tous les prétextes que trouveront certainement les opposants purs et durs (avoués ou non) qui ne voudront tout simplement pas de ce projet, quel qu'en soit la variante ou le prix. Ainsi l'éventuelle réalisation, prévue dans le meilleur des cas pour 2030, sera donc plus vraisemblablement reportée à une date plus proche de 2040.

Thônex ne peut, ne doit et ne veut pas subir encore pendant 30 ans les conditions de circulation actuelles, qui d'ailleurs se dégradreront vreaisembablement suite à la réalisation des différents projets d'urbanisation dans notre région. Il est donc urgent d'activer les projets de concentration et de fluidification du trafic nord-sud au moyen de mesures concrètes, telles que le passage sous route au cœur de la commune, voire un tunnel sous Thônex comparable à la traversée de Vésenaz, projets à réaliser en concertation avec la commune de Veyrier, elle aussi sinistrée par le trafic de transit sur le Plateau-de-Vessy. Les élus thônésiens ont donc du pain sur la planche !

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31/10/2011

Peut-on stopper l'immigration "massive"?

D'abord, en obligeant les demandeurs d'emploi sans formation ou qualification particulière à accepter de travailler dans les domaines suivants: auxiliaire des services de soins et de l'aide à domicile, femme de chambre d'hôtel, caissière de supermarché, salarié d'entreprises de nettoyage, éboueur, serveur ou serveuse, travailleur en cuisine dans la restauration, aide-maçon…avec les conditions salariales appliquées dans la branche, à défaut de quoi ils perdraient leur droit à allocation chômage.

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29/09/2011

Après les "BRIC" de Goldman Sachs et les "E7" de PwC, voici les "CIBI" de l'Economist

Dans l'hebdomadaire britannique The Economist du 24 septembre 2011, un dossier entier1 est consacré au "rattrapage" des Etats-Unis et de l'Europe par les grands pays émergents, la Chine en premier, mais aussi l'Inde, le Brésil et l'Indonésie (les CIBI, on ne parle déjà plus des BRIC…). Selon The Economist, le degré de dominance économique qu'a connu monde occidental depuis deux siècles est en effet une anomalie. Par exemple en 1700, l'Inde était la première économie mondiale et de loin le premier producteur de coton, suivi de près par la Chine, ces deux pays représentant alors plus de la moitié de l'économie mondiale. Puis il y a eu la révolution industrielle, partie de l'Angleterre, se propageant progressivement à travers l'Europe et l'Amérique du Nord, chance que les vieux grands pays d'Asie n'ont pas su saisir car pas vu venir, ou alors que trop tard. La colonisation était nécessaire pour assurer l'approvisionnement en matières premières - voir pour s'en assurer la primeur ou l'exclusivité (on ne parlait pas encore de supply chain management) - et, dans les cas de l'Inde et de la Chine, afin aussi de disposer de marchés captifs pour les produits manufacturés.

Or le fossé qui nous sépare des grands pays émergents a commencé à se combler depuis la fin du 20e siècle. Au rythme actuel, les quatre CIBI devraient représenter 40% de l'économie mondiale en 2030, alors que l'Europe et les Etats-Unis pris ensemble n'en représenteraient plus qu'un tiers2. Devons-nous nous en inquiéter? Nous sommes d'avis que non. Parmi les pays développés, la Suisse n'a fort heureusement perdu que peu d'emplois3 à la "mondialisation" ou la "délocalisation", même s'il y a peut-être eu des cas ici ou là. Lorsque nos entreprises ont créé des centres administratifs ou de production à l'étranger, c'était souvent pour palier à une pénurie chronique4 de main-d'œuvre en Suisse, pour avoir plus facilement accès aux marchés, où pour y développer et produire des équipements spécifiquement adaptés aux pays émergents. Nos secteurs du private banking, du tourisme, de l'industrie horlogère et des biens d'équipements pointus et performants ont tout à gagner du développement rapide des CIBI et de l'émergence d'une importante classe moyenne dans ces pays, avide de tourisme et de consommation.

Espérons maintenant que la Suisse - dont le commerce extérieur est réalisé à 80% avec des pays à taux de croissance inférieurs à 2% - saura adapter ses priorités pour mieux profiter de ceux dont la croissance est de 8% ou plus.

Et Thônex dans tout ça?

Notre commune accueille le siège Caran d'Ache ainsi qu'un important site de Rolex, entreprises rayonnant dans le monde entier. Dommage qu'il y en ait pas plus. On y travaille !
(v. http://www.apexserv.com/asingh/economie.php)


Gurgaon2.jpg
à g.: aux portes de Delhi, la ville nouvelle de Gurgaon compte un million et demi d'habitants

1The Economist, http://www.economist.com/node/21528979
2En parité du pouvoir d'achat.
3L'absence de débouchés en Suisse pour des jeunes peu formés reste un problème préoccupant, mais qui n'est que peu ou pas dû à la mondialisation. J'y reviendrai.

4
Lorsqu'en 1992, Swissair avait fait office de pionnier en inaugurant un centre de traitement des billets d'avion à Mumbaï (alors Bombay) en collaboration avec TATA Consultancy Services, c'était moins pour une question de coût que de l'impossibilité de trouver, chez nous, 300-400 personnes disposées à travailler dans un centre opérant 24h/24 et sept jours sur sept…

à d.: une zone économique d'exportation, telle que celle d'où opérait Swissair au début des années 1990 SEZ.jpg

 

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25/05/2011

Ne touche pas à mes prérogatives, mais à celles des autres !

C'est en réalité ainsi qu'aurait dû s'intituler le dernier éditorial de la newsletter électronique de la CCIG, datée du 24 mai 2011. Sous le titre "Construire chez son voisin", il commente le résultat de la votation sur le déclassement des Cherpines, en faisant le constat que les communes directement concernées, à savoir Plan-les-Ouates et Confignon, ont dit non et que ceux des communes où des projets d’importance cantonale sont en cours, telles que Thônex et Meyrin, ont dit oui. En résumé, les Genevois seraient d’accord de construire, mais chez leur voisin. Il poursuit en affirmant qu'il est impossible d’envisager le développement d’un canton d’aussi petite taille avec un cadre institutionnel qui favorise l’expression de l’individualisme plutôt que la recherche du bien commun, et préconise "[…] une seule solution à ce problème : mettre fin au système actuel, proche de la co-décision entre le canton et les communes, qui prévaut en matière d’aménagement du territoire et de police des constructions. Il faut un seul capitaine à bord et ce doit être le canton "[…]."

D'autres élus ou magistrats à l'échelon cantonal sont probablement d'accord. Mais ils seraient certainement aussi les premiers à hurler si la Berne fédérale se mettait à revendiquer des compétences aujourd'hui cantonales, ou si l'Europe ou l'ONU se mêlaient de vouloir limiter la souveraineté de la Suisse. Il y a une règle du jeu, elle n'a pas changé depuis des décennies et elle est fondée sur une étroite concertation entre le canton et les communes: ça implique notamment d'avoir une vision claire à long-terme, d'être cohérent sur la durée, d'écouter, d'expliquer, d'adapter, de convaincre et de tenir parole: ça peut parfois être lent, mais ça le sera certainement moins si l'ensemble de ces conditions sont respectées et de toute façon, c'est la démocratie, c'est ainsi.

Je n'ai pas de commentaire à faire concernant Meyrin, mais s'agissant de Thônex, les revendications de la Commune au sujet des Communaux d'Ambilly sont simples: elle n'est pas opposée au Plan Localisé de Quartier, qui, rappelons-le, avait été approuvé en 2010 par le Conseil municipal - tous partis confondus - moyennant une seule abstention. En clair: pas d'opposition au projet d'urbanisme ni au nombre d'habitants qu'il implique: par contre l'opposition de la Commune qui s'est manifestée depuis tient au fait qu'il n'a pas été tenu compte des aménagements préalables en matière de circulation routière, pourtant demandés de longue date par une commue sinistrée par le trafic pendulaire, ceci dans un contexte où le Canton n'a pas construit une seule route digne de ce nom depuis trente ans, ne veut pas construire de parkings, n'a rien fait pour fluidifier le trafic sur les grands axes afin de délester le réseau secondaire et le rendre à la mobilité douce et aux habitants ou encore a bâclé depuis trop longtemps le projet de la traversée de la rade ou du lac...un Canton qui présentait encore récemment des projets de région transfrontalière sans mention de la traversée du lac et de l'autoroute de contournement "est"…bref, heureusement que les communes ont encore leur mot à dire!

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10/03/2011

Gaz à effet de serre: l'utile et l'inutile

En matière de lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de carbone à l'échelle mondiale, il y a des mesures utiles et d'autres qui ne servent strictement à rien si ce n'est donner bonne conscience à certains ou permettre à d'autres d'imposer leur vision d'une société champêtre, frugale, archaïque, angélique, hirsute et parfaitement fantaisiste, en exploitant précisément le sentiment de culpabilité de la majorité silencieuse. Parmi les mesures totalement inutiles, citons par exemple l'acharnement contre les 4x4, dont le "vrai" crime n'est pas leur contribution nanoscopique, picoscopique - ou peut-être même femtoscopique - aux émissions mondiales de carbone, mais le fait qu'ils symbolisent Verbier, Vandoeuvres et Vésenaz, le fameux "3V", souffre-douleur tant détesté par les anti-riches, mais bien sûr tout cela n'a rien à voir avec l'environnement.

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14/01/2011

Moi pas aimer criminel étrangé

C'est vrai, je n'aime pas les maffias russes, siciliennes ou calabraises, les mendiants roms, les cambrioleurs géorgiens, les grands trafiquants albanais ou kosovars, les petits dealers maghrébins (Cornavin) et africains (Jardins anglais), les petits braqueurs de banque banlieusards français issus de l'immigration (la fameuse "racaille", d'ailleurs plutôt mauvais amateurs), les joueurs de bonneteau serbes, les voleurs à l'astuce latino-américains, les arnaqueurs nigérians et les voleurs à l'arraché irakiens, guinéens, congolais ou que sais-je encore.

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09/01/2011

"J'suis pas raciste, mais…"

Il y a quarante-cinq ans et quelques jours, un jeune collégien atterrissait à Cointrin, venant de l'Inde, pour rejoindre ses parents établis à Genève depuis peu. Comme tout étranger à l'époque, il a dû passer une radiographie des poumons au centre de contrôle de Cornavin, en attendant son tour dans une très longue file constituée majoritairement de jeunes provenant de pays méditerranéens, avec lesquels il a d'abord échangé quelques banalités, puis tout de suite sympathisé: il avait seize ans, les autres à peine plus. La communication se faisait surtout par le langage des signes et le sourire.

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07/12/2010

La démagogie, la xénophobie, l'angélisme et la mollesse des arguments

On le sait depuis un peu plus d'un an: la majorité des Suisses ne sont pas xénophobes mais par contre mal à l'aise face à l'Islam de plus en plus présent et notamment à ses signes visibles tels que les femmes portant le hijab: craintes et incompréhensions qu'il faut laisser aux sociologues et psychologues le soin d'analyser. Quant aux criminels étrangers, le réflexe instinctif de quasiment toute la population - je vous l'avoue moi-même compris - est d'être ou d'avoir initialement été "pour" leur expulsion.

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