06/02/2017

FORTA - les arguments des opposants ne tiennent pas la route

Certains sont mensongers ou faux, d'autres saugrenus et surprenants. "Pillage de la caisse fédérale"? C'est plutôt le contraire, car c'est l'automobiliste qui l'alimente - et qui continuera de l'alimenter -, avec ou sans FORTA. Puis on tombe sur l'affirmation pour le moins bizarre que "plus le réseau routier est vaste, plus il y a d'embouteillages", une logique originale que les opposants doivent bien être les seuls à comprendre…

On retrouve l'éternel l'argument éculé de l'"aspirateur à voitures", selon lequel toute mesure visant à supprimer des bouchons, à fluidifier le trafic et à contourner les agglomérations - car c'est bien de cela qu'il s'agit - incitera la population à bouder les transports publics et la mobilité douce, à se précipiter chez son garagiste pour acheter une voiture et à se mettre au volant. Ils oublient que la Suisse a déjà un taux de motorisation parmi les plus élevés au monde avec 543 véhicules privés pour 1000 habitants - hommes, femmes, enfants, retraités et handicapés compris -, qu'on ne peut pas conduire deux voitures en même temps et qu'une voiture ne peut pas se trouver à deux endroits en même temps.

Le fait que FORTA financera majoritairement les autoroutes est critiqué: et alors? C'est une vérité et une évidence, car les routes nationales sont effectivement en grande partie des autoroutes. Le rôle premier de la Confédération en matière routière est bien de financer les routes nationales et il n'y a là pas matière à (feindre?) s'en étonner ou s'en offusquer.

"Le fonds FORTA n'est pas nécessaire" selon les opposants, car il y aurait trop peu de projets routiers "prêts à être réalisés". Ils citent quelques exemples choisis mais omettent soigneusement de parler du contournement de Morges, de l'élargissement de l'actuelle autoroute de contournement de Genève, de la future Traversée du Lac et du bouclement autoroutier de la rive gauche, plébiscités par 62% des Genevois et qu'il faudra bien financer d'une manière ou d'une autre.

"Conduire revient toujours meilleur marché": non. En ne citant que la taxe sur les carburants, les opposants occultent d'autres mesures, dont notamment celles de la loi sur le CO2 qui prévoit des fortes augmentations des taxes à l'importation, que les importateurs répercuteront sur les acheteurs; les cantons prévoient aussi des fortes augmentations des taxes d'immatriculation. Conduire reviendra de plus en plus cher, avec ou sans FORTA.

"Les projets d'agglomération sont beaucoup plus efficaces pour résoudre les problèmes d'embouteillage" prétendent les opposants, qui critiquent le fait que seul 10% des fonds FORTA seraient affectés aux projets d'agglomération. Ils oublient commodément les projets de contournement autoroutier des agglomérations, au cœur des projets à financer par FORTA.

"FORTA renforcera l'impact du trafic routier sur l'environnement et le paysage en Suisse", nous affirment les opposants. Or il n'est pas question de construire des dizaines de kilomètres de nouvelles autoroutes en rase campagne, d'ailleurs personne ne les réclame, mais bien de réaliser enfin les quelques tronçons manquants, de contourner des villes et villages sinistrés par le trafic de transit et d'éliminer les points noirs, les goulots d'étranglement.

Sous le slogan "Déplacer des données plutôt que des marchandises et des personnes", les opposants se piquent de modernité et de vision de la société de demain en affirmant que "la numérisation ultra rapide de nos sociétés industrielles va changer de façon spectaculaire notre mobilité et les flux de marchandises", mais sans nous expliquer en quoi cela modifiera d'une quelconque manière les besoins locaux et régionaux en mobilité, ni pourquoi la microinformatique généralisée de ces trente dernières années n'a pas freiné les besoins en mobilité individuelle motorisée. L'imprimante 3D dans chaque ménage n'y changera rien. Elle n'imprimera ni un kilo de tomates ni une salade.

En poussant plus loin le futurisme des opposants, il sera peut-être possible un jour de commander, à partir de son smartphone, tout dont nous aurions besoin et nous faire livrer sur nos balcons par des drones. Peut-être aussi que nous disposerons tous d'une appli pour commander un drone à passagers qui nous déposerait partout où nous le voudrions. Ce n'est pas pour demain, mais il est vrai que là, nous n'aurions plus besoin d'automobiles ni de routes; mais pas non plus de trains et de transports publics.

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Un ciel engorgé de drones? Sans un réseau routier fluide, c'est ce qui nous attend.

Si vous n'en voulez pas, FORTA est indispensable!

 

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