18/09/2016

Diminuer l'empreinte écologique de la Suisse, OUI - accepter l'initiative "Economie verte", NON !

Notre pays compte actuellement environ un millième de la population mondiale, proportion qui ne devrait pas augmenter et qui pourrait même diminuer légèrement d'ici à 2050. Or, même si l'empreinte écologique suisse est proche du triple de la moyenne mondiale, elle n'est que de trois millièmes de cette dernière. Ainsi, quoi que l'on fasse à l'avenir en Suisse, que notre empreinte écologique double ou soit réduite à néant, l'impact sur la planète sera négligeable et passera inaperçu, noyé dans le bruit de fond. On entend déjà ceux qui protesteront: "…si tout le monde raisonne comme ça…": effectivement, mais tout dépend qui, car la Chine et les Etats-Unis représentent à eux seuls 30% de l'empreinte écologique mondiale (respectivement 16% et 14%) et leurs décisions, ainsi que celles d'autres grands pays, auront quant à elles un impact bien réel.


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L'Inde représente actuellement 6% de l'empreinte écologique mondiale, mais étant à un stade de développement fortement dépendant de l'énergie fossile, sa part augmentera à 10%, voire plus, au cours des prochaines décennies.


Ci-contre : Projet d'une des douze centrales thermiques au charbon en Inde, chacune d'une puissance de 4 GW (soit dix fois celle de Mühleberg...).

Bien sûr, l'empreinte écologique négligeable de la Suisse n'est pas pour autant une raison de ne rien faire chez nous. La Suisse a en effet pris une série d'engagements dès 1997 déjà, sous le Protocole de Kyoto en 1997. Dans le cadre de l'accord de Paris de 2015 (COP21), la Suisse s'est engagée à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre[1] de manière drastique, soit de 50% par rapport à 1990 d'ici 2030 puis, en tant qu'objectif indicatif, de 70 à 85 % par rapport à 1990 d'ici à 2050. La nouvelle loi sur le CO2 inscrivant les moyens d'atteindre ces objectifs par des mesures touchant notamment l'industrie, les combustibles, les carburants et le transport aérien, est actuellement en consultation. Couplés à la Stratégie énergétique 2050 et à la sortie du nucléaire, ces engagements auront un impact sur la société de demain: par la pression conjuguée des lois et de celle exercée sur nos porte-monnaie, ils induiront très certainement des modifications profondes dans nos comportements. Et ils diminueront considérablement notre empreinte écologique, de manière absolue certainement et de manière relative probablement aussi.

Faut-il maintenant en faire plus encore pour se montrer "pays exemplaire", en votant l'initiative populaire "Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources (économie verte)"?

  • NON, car nous le sommes déjà: à titre d'exemple, la taxe sur le CO2 est actuellement de CHF 84/tonne en Suisse et qui va sans doute augmenter, alors qu'elle n'est que d'environ EUR 10/tonne en France
  • NON, car les mesures prévues par la loi sur le CO2 en consultation sont à elles seules drastiques et représentent un défi considérable pour notre économie
  • NON, car s'engager à s'aligner sur un critère malgré tout imprécis qu'est l'"empreinte écologique" ajoute un flou juridique
  • NON, car avec le vieillissement de la population, il ne faut pas mettre en péril les prestations sociales en fragilisant encore plus le monde économique qui devra de toute façon déjà faire face, dans l'état, à d'énormes défis
  • Enfin NON, car aligner notre niveau de vie à celui de Madagascar n'est pas ce que souhaite la majorité de la population suisse, et même si cela devait être le cas, l'impact sur l'empreinte écologique mondiale resterait nul

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Que demande l'initiative "économie verte"?

Elle demande une modification de la Constitution par l'ajout, premièrement, d'un nouvel article 94a qui comporte une longue liste de demandes générales paraissant bien anodines, portant sur la fixation d'objectifs en matière de déchets, de recherche et d'incitations fiscales.

On serait presque tenté de l'accepter, tellement ces demandes paraissent inoffensives. L'élément inacceptable - la "bombe" - qui pourrait presque passer inaperçu, se trouve dans l'ajout du chiffre 8 à l'art. 197, qui demande de réduire l'empreinte écologique suisse à celle de la moyenne mondiale.


 [1] Les gaz à effet de serre sont pour l'essentiel émis lors de la combustion d'agents énergétiques fossiles, et représentent à eux seuls environ les trois quarts de l'empreinte écologique.

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Commentaires

Felicitations
C'est clair et precis
L'initiative ne passera pas
Merci
RLS

Écrit par : Richard L.SAAS | 19/09/2016

Felicitations
C'est clair et precis
L'initiative ne passera pas
Merci
RLS

Écrit par : Richard L.SAAS | 19/09/2016

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