08/06/2016

Pourquoi je ne déteste pas MONSANTO

Je le dis d'emblée, je ne rejoindrai pas ce troupeau de moutons qui bêle en chœur au moindre son du mot "MONSANTO". On peut ne pas aimer les les herbicides - et notamment le glyphosate -, l'agrochimie et les multinationales, mais pourquoi cet acharnement, qui s'apparente à du mobbing, sur une seule société?

Bien qu'il ne soit pas le seul herbicide chimique, le glyphosate est celui qui est le plus largement utilisé en Europe et dans le monde. Développé par MONSANTO dans les années 70, puis commercialisé sous le nom de marque ROUNDUP[1], le brevet a expiré dans les années 90. Aujourd'hui, une vingtaine d'entreprises synthétisent le produit générique, dont les principales sont chinoises et indiennes, mais parmi lesquelles on trouve également BASF, BAYER, DOW, DUPONT, SYNGENTA (société suisse qui produit des herbicides à Monthey, et qui vient d'être rachetée par un groupe chinois) et bien sûr aussi MONSANTO. La Chine est aujourd'hui le premier producteur et le premier exportateur, contrôlant 30% du commerce mondial du glyphosate.


Le glyphosate est principalement utilisé dans l'agriculture dans les zones tempérées et les pays développés. Or, sans agriculture intensive, on n'arrivera pas à nourrir la population mondiale, aujourd'hui de sept milliards et qui passera vraisemblablement à dix ou onze milliards à l'horizon 2050 et, qu'on le veuille ou non, l'agriculture intensive en plein champ implique et impliquera inévitablement l'usage croissant de pesticides et d'OGM. Dans les zones à climat tempéré, l'agriculture intensive (céréales, maïs, betterave, colza, arachide…) est forte utilisatrice d'herbicides, alors que dans les pays chauds, on utilise proportionnellement plus d'insecticides, par exemple pour le coton[2]. Premier pays céréalier d'Europe, la France est le plus gros consommateur d'herbicides du vieux continent, mais leur utilisation est de toute façon généralisée dans tous les pays, y compris en Suisse, où l'agriculture intensive du Mittelland n'a rien à voir avec la fantasmatique agriculture à la Heidiland. Nos agriculteurs ont par contre le devoir d'utiliser les herbicides en appliquant les bonnes pratiques destinées à protéger les personnes et l'environnement, et sans doute le font-ils. Ils utilisent donc le glyphosate, y compris en quantité, mais discrètement.

Sur la base de l'examen de centaines d'études, le Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC à Lyon, unité de l'OMS) a conclu que le glyphosate était probablement cancérogène pour l'homme. Tout comme le café, la viande rouge et de nombreux produits couramment utilisés dans l'industrie, l'artisanant et l'agriculture. Le CIRC est critiqué car il ne tient pas compte de la dose, pourtant fondamentale, et se contente d'un "oui" ou "non". L'alchimiste suisse Paracelsus n'avait-il pas dit que tout est poison et que rien n'est poison, mais que tout est une question de dose? En appliquant le glyphosate en respectant les consignes de sécurité et en portant les équipements de protection individuelle adéquats, on limite l'exposition, la dose et le risque de cancer. Toutefois, sous la pression de l'opinion, on interdira peut-être la vente du glyphosate au grand public (où l'utilisation est de toute façon faible, v. figure). Son interdiction dans l'agriculture sera plus problématique[3] mais peut-être aussi décrétée un jour. Mais encore une fois, tout cela n'a rien à voir avec MONSANTO, qui fait actuellement l'objet d'une OPA par BAYER. Si l'affaire se conclut, Mesdames et Messieurs les très facilement indignés, il vous faudra trouver des nouvelles bêtes noires, des nouveaux slogans, des nouveaux cris de guerre: BASF, BAYER, CHEM-CHINA, ANHUI HUAXING CHEMICAL INDUSTRY, ZHEJIANG XINAN CHEMICAL INDUSTRIAL GROUP COMPANY...mais peut-être bien que d'ici-là, le glyphosate ne sera plus un sujet à la mode...

Aujourd'hui, on ne colporte plus les ragots sur la place du village mais sur les réseaux sociaux où il suffit en effet d'un clic pour "aimer", d'un clic pour "s'indigner" et d'un clic pour "partager", y compris sur les sujets auxquels on ne comprend rien, que ce soit par naïveté, ignorance ou mauvaise foi, voire même parfois par intention diffamatoire ou calomnieuse. Chez beaucoup, le besoin de s'identifier à l'indignation à la mode du jour, couplé à la mentalité grégaire, font que l'on en vient à oublier l'objectivité et le bon sens, qu'il s'agisse d'herbicides, d'huile de palme, d'OGM dans l'agriculture ou que sais-je encore.


 Ci-contre: l'utilisation du glyphosate par le grand public pour les cours et jardins ne compte que pour 3% de sa consommation mondiale: l'interdiction n'aurait que peu de conséquences sur les producteurs.

 glyphosate.jpg

[1] Nom de marque encore utilisé pour les ventes de détail aux consommateurs, mais qui ne représente qu'une très faible part de la consommation mondiale de glyphosate; on trouve d'ailleurs aussi, dans les jardineries, "garden center" et grandes surfaces, du glyphosate sous d'autres noms de marque que ROUNDUP.

[2] Troisième catégorie de pesticides, les fongicides sont surtout utilisés en floriculture, viticulture, arboriculture et cultures maraichères.

[3] Au fil des ans, il a remplacé d'autres substances moins efficaces et plus toxiques qui devaient être appliquées en plus grandes quantités.

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Commentaires

Vous n'êtes pas seul si cela peut vous faire plaisir
Au regard de la situation météorologique actuelle et en voyant ce à quoi seront réduits de nombreux agriculteurs de France ou ailleurs si les rêveurs n'ont pas compris il faudra qu'ils changent de paire de lunettes
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 09/06/2016

Si la détestation de qui, ou quoi, que ce soit n'a jamais rien résolu il me semble important d'analyser en profondeur tous les éléments qui permettent de se prononcer sur un sujet.
Ici, les experts sont certainement les paysans eux-mêmes, les cultivateurs qui sont à même de mesurer objectivement les effets sur le long terme de ces produits. Or, s'ils reconnaissent volontiers qu'ils leur ont facilité la vie dans un premier temps, ils se sentent aujourd'hui démunis par la fuite en avant de la productivité et ne peuvent que valider les constats alarmistes des conséquences funestes sur l'environnement au sens général.
Cette course vers le rendement est un des exemples les plus parlants de l'incapacité de la Suisse à régater avec les mégastructures de pays comme les USA, la Chine et la Russie. Nous devons recourir à toutes sortes d'artifices pour subventionner nos paysans sans violer les règles de l'OMC. L'entretien du paysage en est un.
Le salut pourrait venir des cultures en étages dans des environnements contraints et sous contrôle qui permettent des économies très importantes en irrigation et dans l'utilisation des pesticides.
Mais votre titre suggère tout de même qu'il y a un problème que vous esquivez magistralement. La recherche du profit à n'importe quel prix et sans état d'âme. Car des sociétés comme Monsanto sont devenues la caricature du capitalisme financier. Elles ont obtenu des brevets sur le vivant et obligent les paysans à acheter leurs semences qui ne correspondent que rarement aux réalités géographiques et climatiques aussi diverses et complexes mettant ainsi en péril des régions entières et réduisant considérablement le génome et les variétés qui ont mis des siècles à s'adapter. Bref, pour faire simple, Monsanto and Co jouent au bon dieu, non pas pour sauver l'humanité en développement incontrôlé, mais pour se faire du fric, vite, avant que leur modèle n'explose.
Oserais-je vous suggérer Ashwani de mieux vous renseigner avant d'écrire un tel billet ?

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

Non lovejoie, c'est juste l'inverse. On sait aujourd'hui qu'une bonne part des dérèglements climatiques provient justement de l'exploitation intensive des sols. Je prends juste les deux premiers articles qui viennent dans ma recherche avec Swisscows. (et oui, j'évite tant que faire se peut Goggle)
http://www.notreterre.org/article-10732734.html
http://crdp.ac-amiens.fr/enviro/sols/sol_maj_detailp5_2.htm

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

@Monsieur Jenni on a souvent eut des inondations dans le Seeland même Neuch a vu son lac grimper jusqu'aux pieds des Terreaux et les légumes se conservaient beaucoup plus longtemps
les années pourries ne datent pas d'aujourd'hui d'ailleurs celle-ci était prévisible quand on sait qu'en année bissextile tout va de travers même les comportements humains c'est pour vous dire/rire
Cependant quand on accepte un vote comme celui de la procréation médicale assistée c'est presque un non sens de refuser Monsanto
Mais encore une fois à chacun ses points de vue ce n'est parce qu'un troupeau à décidé de se jeter au lac que les retardataires suivront le mouvement
D'ailleurs on sait que si l'âne souvent dans les derniers se cabre c'est uniquement parce qu'il sent le danger avant les autres
Très belle journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 09/06/2016

Le rôle des climatosceptiques est indéniable. Il oblige à vérifier les déclarations intempestives et forcent les décideurs à creuser leur sujet.
Mais à un moment donné il faut savoir prendre acte et reconnaître certaines évidences. Et les principes de précaution devraient prévaloir dans un espace aussi rare et contraint que notre Terre.
Je fais donc partie de ceux qui essaient de limiter les gestes qui nuisent à l'équilibre fragile de la vie, dans la mesure de mes capacités et de ma compréhension. Et plutôt que réagir sur les effets, comme par exemple l'explosion démographique qui implique la surexploitation des sols, je tente d'analyser les causes.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

@ Pierre Jenni Analyser les causes est indispensable en tous les domaines.

Mis à part les gens de mauvaise foi... qui ne vous soutiendrait, Pierre Jenni?


Réagir sur les effets est toujours avoir privilégié les risques de dégâts. Un tout petit enfant se penche trop par une fenêtre... faut-il attendre de "voir" s'il tombera ou non ou prévenir le risque en le faisant descendre de sont tabouret à temps c'est-à-dire... "avant"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/06/2016

Oui, Myriam, mes propos pourraient émaner de La Palisse, pourtant Ashwani semble défendre Monsanto qui n'est qu'un effet, et m'apparait comme une réponse facile à une demande et une caricature de tout ce que nous faisons de pire en ce moment.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

Pire, Pierre Jenni, à le lire on pourrait se demander pour qui "marche" Aswani!

Qui est-il pour se permettre de (nous) traiter de troupeau de moutons qui bêle en chœur ceux qui privilégient l'analyse de causes prévisibles éventuelles afin de ne pas subir ou faire subir (bien à l'abri soi-même avec tous les moyens à disposition qu'il faut!) les conséquences à venir du choix contemporain du gain au détriment de l'éthique?!


Faut-il redire que les premiers à dénoncer la pollution des eaux du Léman, ou lac de Genève, pour rester dans notre coin... furent traités d'oiseaux de malheur par une autoproclamée "intelligentsia"... de naguère?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/06/2016

@Pierre Jenni, je réponds à certains de vos commentaires, en commençant par les derniers:
1) Je ne "défends" pas MONSANTO pas plus que je ne l'attaque, je m'en prends surtout au "mobbing" dont il est victime; alors allez manifester votre mécontentement chez SYNGENTA à Monthey ou chez les (nombreux) paysans suisses pas très loin de chez vous qui épandent du glyphosate en quantité, ce serait plus courageux et moins hypocrite mais, je le reconnais, beaucoup plus difficile.
2) Le privilège et le passe-temps de certains riches vivant en zone urbaine, déconnectés de la réalité agricole - même locale - et qui sont en recherche de causes à défendre est de pouvoir s'attaquer à l'agriculture moderne intensive, c.à.d. aux pesticides et aux OGM en particulier; leur budget le permet, alors qu'ils achètent "bio", "proximité", "équitable", etc., etc., et qu'ils arrêtent de donner des leçons.
3) Nous sommes libres en Suisse de nous retirer de l'OMC: c'est une pesée des intérêts qui semble encore favoriser notre maintien dans l'organisation; que les opposants lancent une intiative populaire, mais en attendant, il faut qu'ils en acceptent les règles et qu'ils arrêtent de jouer aux mauvais perdants.
4) Le propos de mon post n'était pas d'attaquer l'agriculture intensive ni de la défendre, donc je n'esquive rien; par contre je constate que vous ne voyez aucun problème à utiliser le nom de MONSANTO en tant que bouc-émissaire et souffre-douleur de tout ce qui vous déplait dans l'agriculture intensive moderne, et c'était justement là mon point principal: alors pourquoi pas SYNGENTA?
5) Oui le fric, les multinationales, les grands groupes cotés en bourse, ce sont notamment aussi notre "fric", notre 2e pilier, nos retraites, ne l'oublions jamais.

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

@Myriam Belakovsky: je ne suis pas lobbyiste et ne suis pas actionnaire de MONSANTO; je ne "marche" que pour l'objectivité, le bon sens, la proportionalité. Quant à vous, restez avec vos moutons et tout ira pour le mieux. Merci de me lire.

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

Ashwani, il faut comprendre que le mot Monsanto est devenu une référence qui s'applique évidemment à tous les grands groupes agroalimentaires. C'est la caricature. Un peu comme Uber et l'ubérisation de la société.
Vous avez raison d'insister sur le fait que cette société n'est de loin pas la seule, mais vous ne semblez pas comprendre qu'on utilise sa raison sociale comme un symbole.
1) Les paysans suisses prennent conscience des effets néfastes de ces produits et surtout ils ont compris depuis longtemps, comme d'ailleurs la plupart des sociétés de notre tissu industriel, que la Suisse ne pourra régater dans la mondialisation des échanges que par la qualité supérieure de ses produits. De plus en plus d'agriculteurs se tournent vers le bio.
2) Oui, certains écolos urbains semblent déconnectés des réalités économiques. Pourtant ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui remettent le modèle courant en question
3) Tout le monde peut se retirer. On peut faire un service civil plutôt que l'école de recrue. Pourtant c'est bien de l'intérieur que nous pouvons participer le plus efficacement à l'évolution des structures. Le FMI a déjà tiré la sonnette d'alarme sur la fuite en avant de l'ultralibéralisme. L'OMC suivra lorsque les chiffres viendront corroborer les constats de ceux que vous semblez considérer comme des utopistes ou des moutons. Il me semble que les moutons sont ceux qui vont avec le troupeau. Et le troupeau ici, c'est plutôt ceux qui se contentent d'un statut quo qui les arrange en laissant les conséquences aux générations futures.
4) Voir Monsanto comme symbole comme expliqué plus haut.
5) Et bien justement ! Raison de plus de se sentir concernés et responsables.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

Monsieur Singh,

Les commentaires sont attendu notamment courtois.

Courtois, avec, selon les règles du jeu, réciprocité.

Courtoisie des commentateurs comme des auteurs maîtres à bord des blogs.

Il y a belle lurette que des clichés tels que moutons bêlants, ne signifient plus rien.

Pas plus que ce "grand méchant atroce" (contes de fées ogre ou loup!) en guise d'arguments fondés.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/06/2016

@Pierre Jenni: alors n'est-ce pas lâche d'utiliser commme symbole MONSANTO plutôt que SYNGENTA, à plus forte raison sachant que ce dernier est à Monthey? (je n'ai rien de particulier contre SYNGENTA non plus!)

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

Ashwani, ne prenez pas trop à coeur ces détails sémantiques. Comme vous le relevez dans votre billet, Monsanto risque bien d'être avalée par Bayer. On changera donc de symbole. Ou pas.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/06/2016

" Elles ont obtenu des brevets sur le vivant et obligent les paysans à acheter leurs semences "

Depuis quand Monsanton et cie auraient légalement le droit d'obliger les paysans à leurs acheter leurs semences?

" Le FMI a déjà tiré la sonnette d'alarme sur la fuite en avant de l'ultralibéralisme. "

Quelle ultralibéralisme? l'agriculture fortement subventionnée ou le commerce mondiale sous les règlements de l'OMC qui n'a pas fait disparaître le protectionnisme économique don bénéficient certaines industries?

" Ici, les experts sont certainement les paysans eux-mêmes, les cultivateurs qui sont à même de mesurer objectivement les effets sur le long terme de ces produits. Or, s'ils reconnaissent volontiers qu'ils leur ont facilité la vie dans un premier temps, ils se sentent aujourd'hui démunis par la fuite en avant de la productivité et ne peuvent que valider les constats alarmistes des conséquences funestes sur l'environnement au sens général. "

Ce ne sont pas l'utilisation des pesticides qui posent problème mais à leurs façons dont ils sont utilisés. Les pouvoirs publiques ont cédés aux système des écolos en interdisant le DDT au lieu d'encadrer son utilisation de façon plus parcimonieuse. Résultat des millions de personnes grâce aux écolos ont été victimes de la malaria et d'autres maladies que le DDT avaient quasiment éradiqué.

" Et les principes de précaution devraient prévaloir dans un espace aussi rare et contraint que notre Terre. "

Le principe de précaution est l'ennemi du progrès par définition. Leurs adeptes utilisent ce principe de précaution pour refuser le progrès par idéologie dans certains domaines comme les OGM et cela tant que leur innocuité pour la santé n'est pas prouvée. Ce qui est un non sens absurde puisque l'on pourrait en faire de même sur tout les produits consommables qui n'ont jusqu'à ce jour comme les OGM provoqué aucun accident sanitaire.

D.J

Écrit par : D.J | 09/06/2016

@Pierre Jenni: "Monsanto risque bien d'être avalée par Bayer. On changera donc de symbole." Bien! Choisissez ZHEJIANG XINAN CHEMICAL INDUSTRIAL GROUP COMPANY et allez mainfester à Monthey et chez le paysan du coin.

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

Vous écrivez "En appliquant le glyphosate en respectant les consignes de sécurité et en portant les équipements de protection individuelle adéquats, on limite l'exposition, la dose et le risque de cancer". Absolument faux ! Toutes les études sérieuses le démontrent. une étude réalisée en 2009 par le professeur Gilles-Eric
Séralini (« Glyphosate formulations induce apoptosis and necrosis in human umbilical, embryonic, and placentalcells »réalisé par Nora Benachour et Gilles-Éric Séralini et publié dans « Chemical research in toxicology »). Cette étude montre que même à des doses très infimes (diluées à plus 100 000 fois), le
Roundup entraîne la mort des cellules humaines en quelques heures (en endommageant la membrane et l’ADN de la cellule). Comme le Roundup entraîne des problèmes de division cellulaire mêmes à des quantités infimes, il n’est pas étonnant de constater qu’une étude (étude épidémiologique de l’Ontario en 2000) mette
en cause le Roundup devant l’augmentation de 100% des avortements spontanés tardifs. De plus des études (étude épidémiologie de Caroline du Nord et de l’Iowa aux Etats Unis) soulignent la connexion entre l’augmentation des cancers notamment du lymphome non-hodgkinien (cancer du système immunitaire) chez la population agricole et l’utilisation du Roundup. Les mêmes résultats sont apportés en France avec la cohorte française AGRICAN qui souhaite améliorer ces connaissances sur
les liens existant entre les cancers et les pesticides (« Cancers et pesticides » rédigé par Isabelle Baldi et Pierre Lebailly publié dans LA REVUE DU PRATICIEN, le 15 JUIN 2007).
Puisque vous le comparez au rang du café, je vous conseille d'en boire une très, très, très petite tasse tous les jours. Et on en reparle dans quelques mois !

Écrit par : Théo DUMARTELET | 09/06/2016

Paysans dépressifs et suicidaires, cancers, atteintes neurologiques. Il faut se poser des questions, après le tabou Tchernobyl, voilà le tabou Monsanto. Il faut des études indépendantes des groupes et non financées par eux. Une observation objective de l'impact de ces produits sur ceux qui le cultivent et en bout de chaîne sur ceux qui le consomment.
De Monsanto à MalSanté....... quel est le lien ?

Écrit par : contamine | 09/06/2016

@Thierry DUMARTELET:

Traitons séparemmnet si vous le voulez bien la toxicité par ingestion, et la cancérogénicité.

S'agissant de la toxicité et comme je l'ai écrit en citant Paracelsus, tout produit est toxique, ça dépend de la dose. La DL 50 du glyphosate chez le rat est de 5'600 mg/kg et varie de 1'538 à plus de 10'000 mg/kg chez la souris, le lapin et la chèvre, ce qui rends certes le produit toxique (comme le sont pratiquement tous à divers degrés), mais pas particulièrement par rapport à d'autres pesticides, voire moins. Pour les références, v. ci-dessous. Je ne vais pas contredire vos sources, ne les ayant pas lues.

1) National Library of Medicine (1992). Hazardous Substances Databank. TOXNET, Medlars Management Section, Bethesda, MD.
2) Grossbard, E. and D. Atkinson, Editors (1985). The Herbicide Glyphosate, Butterworths, Boston, MA.
3) U.S. Environmental Protection Agency (1987). Health Advisory, Office of Drinking Water.
4) Forest Service (1984). Pesticide Background Statements, Vol. I Herbicides. United States Dept. of Agriculture, Agriculture Handbook No. 633.

S'agissant de la cancérgénicité, et face à la masse d'études dont certaines sont peu concluantes voire contradictoires, le CIRC a toutefois finalement classé le glyphosate comme étant probablment cancérogène pour l'homme (classe 2A). Or contrairement au café et à la viande rouge que j'ai le plaisir d'apprécier régulièrement voire quotidiennement, le glyphosate n'est pas que je sache un produit alimentaire et je n'ai aucune envie particulière d'en boire, ceci d'autant plus que le CIRC ne précise pas de dose.

Où est la discussion sur MONSANTO dans tout cela?

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

@Contamine: des centaines d'études ont été réalisées à travers le monde en étant financées par des fonds publics (et notamment pas par le WWF, Greenpeace et consorts). Proposez qu'on en analyse les seules conclusions, mais peut-être qu'elles ne vous satisferont pas, alors vous pourrez toujours vous replier sur les conspirations, la corruption du monde académique par l'industrie, les complots en tous genres...

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

Monsieur Singh,

- « Je le dis d'emblée, je ne rejoindrai pas ce troupeau de moutons qui bêle en chœur au moindre son du mot "MONSANTO". »

Est-ce là un bêêêêlement ... exprimant un sentiment ... _d'outrage_, ... Monsieur Singh ? Une injustice ... ou une affront à dénoncer ? Ou est-ce parce que vous préférez l'idée de faire partie ... d'une meute ... de moutons supérieurs ... au lieu d'un troupeau ... de moutons inférieurs ? Nous sommes bien _tous_ moutons, n'est-ce pas Monsieur Singh ? Ou certains sont-ils "plus mouton" que d'autres ?

- « On peut ne pas aimer les les herbicides - et notamment le glyphosate -, l'agrochimie et les multinationales, mais pourquoi cet acharnement, qui s'apparente à du mobbing, sur une seule société? »

Question intéressante. Voyons cela.

- « l'agriculture intensive en plein champ implique et impliquera inévitablement l'usage croissant de pesticides et d'OGM. »

Intéressant, ... une prédiction comme introduction de votre réponse. Ou est-ce pour préparer la conclusion ... pour laisser croire que ... _il faut_ ... les produits MONSANTO ... parce que ... les produits MONSANTO sont ... "inévitables" ... et donc .. _les meilleurs_ ?

Et vais-je vous ... surprendre ... en vous disant que les industriels ont ... déjà ... _aujourd'hui_ ... recours à ... "l'agriculture intensive" ... sous serre ?

- « Or, sans agriculture intensive, on n'arrivera pas à nourrir la population mondiale, aujourd'hui de sept milliards et qui passera vraisemblablement à dix ou onze milliards à l'horizon 2050 »

Oui c'est vraiment très ennuyeux. Mais c'est un excellent, ... excellent argument ... pour faire augmenter ... les _prix_, ... ici, de la _terre_, l'espace habitable par habitant, ... ___pour le bénéfice des propriétaires immobiliers___ ... que de dire ... "demain, y'en aura plus assez pour tout le monde", ... puisque c'est bien connu que, ... "l'agriculture intensive" ... c'est parce que ... y'a plus assez de terre pour l'agriculture _aujourd'hui_, ... puisque _demain_ y'aura plus assez de terre pour ... l'espace habitable de tout le monde.

Et où puis-je trouver l'affirmation de telles prédictions ? Dans des études désinitéressées et très scientifiques comme celles faites ou _payées_ par ... des banques ? des assurances ? des vendeurs de pesticides, ou de fongicides, ou de nitrates, ou de phosphates, ou de très grosses machines agricoles très chères pour des paysans, si des banquiers altruistes ne venaient à leur secours (l'agriculture est un secteur tellement compétitif), qui leur offre en cadeau un revolver à la signature de leur contrat de prêt de 60 pages au moins (1 page par année de remboursement, et pour les détails de protection des banquiers puisque la loi est tellement _laxiste_ pour punir ces voleurs de mauvais payeurs), et écrites en langage fait spécialement "pour les paysans" (Mais de quoi ils se plaignent ? C'est le même langage pour les industriels "paysans" de l'agriculture et les industriels "paysans" des brevets) ?

- « Dans les zones à climat tempéré, l'agriculture intensive (céréales, maïs, betterave, colza, arachide…) est forte utilisatrice d'herbicides, alors que dans les pays chauds, on utilise proportionnellement plus d'insecticides, par exemple pour le coton[2]. »

Ben ... voyez vous Monsieur Singh ... l'homme ... s'adapte. C'est d'ailleurs un point très fort de l'homme. Et il cherche des solutions alternatives, ou des fois, il se demande même s'il peut s'en passer. Comme l'homme s'est passé des esclaves. Ou par exemple, là où on mange pas de maïs, ben on essaie de manger dur riz. C'est dingue, non ? Peut-être qu'en élévant plus de moutons ?

- « Nos agriculteurs ont par contre le devoir d'utiliser les herbicides »

Ah bon ? Mais quel devoir ? Un devoir moral ? Un devoir légal ? Après que MONSANTO ait breveté toutes les semences pour résister au ROUNDUP, et détruit ou interdit TOUTES LES AUTRES ?

Et le devoir de ne pas _moins_ empoisonner les moutons que les agriculteurs nourissent ? Et le devoir de ne pas empoisonner les biotopes ?

Et le devoir d'arrêter de servir un maître qui se prend pour Dieu ? Sans compter ce qui serait très bien pour eux ... préserver leur santé ... physique ET mentale (les suicides des paysans, ne vous disent rien ?), contre le _stress économique_ ... causé par une nécessité _artificielle_, ... le besoin de s'endetter, hypothéquer leur héritage ... pour investir ... pour être "compétitif" ... pour _préserver_ leur _héritage_ familiale ... leur terre ... PAR DEVOIR LEGAL ... de rembourser ... les acteurs principaux ... et bénéficiaires principaux ... du secteur _financier_ (banquiers, assureurs, traders/spéculateurs) ... pour survivre ... quand ils ne préférent pas mourir.

- « Sur la base de l'examen de centaines d'études, le Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC à Lyon, unité de l'OMS) a conclu que le glyphosate était probablement cancérogène pour l'homme. Tout comme le café, la viande rouge ... »

Mais peut-être ne buvez vous pas de café (du thé ?), ne mangez vous pas de viande, et peut-être même ... vous ne fumez pas et ne buvez pas d'alcool ? Ce qui vous réconforte à l'idée que vous avez moins de risques de cancer que les autres, peut-être ? Le problème, voyez vous, c'est que le _cancer_, c'est pas ... un compte de _crédit_, ... qui indique, passé un seuil, que vous ne pouvez plus payer et vous pousse à faire faillite (commettre un ... "suicide économique").

- « Le CIRC est critiqué car il ne tient pas compte de la dose, pourtant fondamentale, et se contente d'un "oui" ou "non". »

Un très mauvaise raison de critiquer le CIRC. Ca arrive quand on abuse des "statistiques", on finit par croire qu'elles expliquent "les choses". Par exemple pour expliquer ... les risques du cancer. Les statistiques ... ___n'expliquent rien___. Ce ne sont que des indicateurs. Prenez votre température. Est-ce que ça veut dire que vous êtes fertile quand vous avez la grippe ?

La CIRC n'a __jamais déclaré__ comme vous l'affirmez ... "le glyphosate était probablement cancérogène pour l'homme" (d'ailleurs pourquoi l'emploi de l'imparfait "était" ?), mais à publié un tableau de catégorisation dans lequel figure le glyphosate, que le CIRC a classé en catégorie "2A".

http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045%2815%2970134-8/fulltext

https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_international_de_recherche_sur_le_cancer

Le CIRC classe les agents, mélanges et expositions en cinq catégories13 :

- Catégorie 1 : cancérogène pour l'homme.
- Catégorie 2A : cancérogène probable pour l'homme.
- Catégorie 2B : cancérogène possible pour l'homme.
- Catégorie 3 : inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'homme.
- Catégorie 4 : probablement non cancérogène pour l'homme. Une seule substance, le caprolactame, a été classée dans cette catégorie après évaluation de sa cancérogénicité par le CIRC.

Ainsi, vous pourrez constater que le CIRC ne se "contente" pas "d'un "oui" ou "non"" et tient effectivement compte de "la dose", mais aussi de la _durée_, et aussi d'un tas d'autres facteurs comme les _prédispositions génétiques_.

Mais si vous croyez que vos "fondements", ou ceux des industriels et des banquiers, sont plus solides que le CIRC en matière de santé publique ...

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/radieux.html
http://www.atousante.com/actualites/publicite-pour-lamiante/
https://www.google.ch/search?q=publicit%C3%A9+amiante&tbm=isch

... sans oublier le tabac et l'élixir du Docteur Doxey

https://fr.wikipedia.org/wiki/L'%C3%89lixir_du_Docteur_Doxey
https://www.google.ch/search?q="Docteur+Doxey"&tbm=isch

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lixir_de_longue_vie


- « L'alchimiste suisse Paracelsus n'avait-il pas dit que tout est poison et que rien n'est poison, mais que tout est une question de dose? »

"Suisse" ... comme ... qualité "suisse! Le seul problème c'est que Paracelsus a oublié l'heure qu'il était (ptet qu'il a oublié sa montre "suisse") ... quand il a commencé sa recherche de ... la pierre philosophale, ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_philosophale
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alchimie

... après s'être perdu en prenant une mauvaise piste pour essayer de transformer du plomb en or, ... et a oublié ... _la notion du temps_ ... et du temps qui s'écoule. ... Sinon il aurait réalisé que ... ___les organismes vivants___, ... sains de corps ... et d'esprit, ... contrairement aux personnes très riches, ...

... ne sont _pas capables_ ... d'éliminer ce qu'ils absorbent ... _aussi vite_ qu'ils l'absorbent.

Ainsi, quand ça arrive, ben ... c'est quand ils sont très malades, ou ... quand ils perdent une partie d'eux-mêmes et ça s'appelle alors généralement ... une amputation ... ou une transformation, ... ce qui est tout autant néfaste pour la santé mentale, que pour la santé physique, ... ___en fonction du temps que ça dure__, ... et le temps qu'il faut pour s'y habituer, ... si on est capable de s'y habituer, ... ou capable de "faire avec" ... si on est pas déjà mort ... ou fou ... ou très fatigué de vivre et de vouloir se transformer de nouveau, ... de préférence très rapidement (il paraît que ça fait très mal) ... pour redevenir ... poussière.

C'est pour ça qu'on a pas besoin de manger et boire tout le temps, mais comme on doit le faire très souvent, vaut mieux qu'on soit heureux quand on le fait. L'alternative, c'est l'intraveineuse de nutriments, connue sous le nom de ... "goutte-à-goutte" ... comme pour les tomates cultivées intensivement ... hors sol ... sous un soleil artificiel, dans un air artificiel, dans une terre artificielle, et ça ... c'est vraiment déprimant si on doit vouloir vivre au moins jusqu'à la retraite, même si certains savent comment se rejouir de pouvoir recolter les fruits de la culture ... _industrielle_ ... de "dix ou onze milliards" d'habitants sur cette terre ... assez grande pour exploiter des habitants, mais pas assez grande pour les laisser vivre heureux ... "à l'horizon 2050" ... puisqu'il faudra laisser à ceux qui auront les moyens de se les payer, ... de la place pour les réserves de chasse, les safaris, et les voyages "Découverte ... de la nature", ... dans des pays sans glyphosates, ni OGM, ni habitants, tellement mauvais pour la santé physique et mentale de certains.


- « En appliquant le glyphosate en respectant les consignes de sécurité et en portant les équipements de protection individuelle adéquats, on limite l'exposition, la dose et le risque de cancer. »

Y'a bon, le glyphosate ! Ici on vend du bon glyphosate/tabac/amiante/radium, vraiment pas cher, très pratique, et très utile, et qui rapport beaucoup !

Et à coté, la roulotte du bon Docteur MONSANTO, qui vend, en action, son elixir qui guérit TOUT! Y compris le cancer, la vieillesse, la mauvaise haleine, les déceptions amoureuses, l'éjaculation précoce, la malchance, ... et en prime ... ça rend celui qui le boit ... encore plus intelligent !

D'ailleurs le Docteur MONSANTO annonce qu'il est en train de travailler sur des spermatozoides génétiquement modifiés pour rendre VOS enfants plus intelligents, les vacciner contre la grippe et les maladies infantiles qui coûtent tellement cher à la société (et aux banquiers, toutes ces heures de travail perdues qui ne rapportent pas d'intérêts), et les protéger contre la biture. Comme ça ils pourront boire autant qu'ils veulent. Comme les aborigènes d'australie ou comme les indiens d'amérique ... qui avaient vraiment beaucoup trop de terres et trop d'or à eux, et qu'on a parqués dans des réserves ... pour faire tourner les roulettes des casinos ... ou pour se faire prendre en photos et faire marcher ainsi le tourisme local.


- « le glyphosate ne sera plus un sujet à la mode... »

Voui. Et vous n'aurez plus besoin de penser à la santé des ... moutons. Mais vu la place que la santé des moutons occupe dans votre billet, ... au moins vous ne risquez pas d'avoir des regrets.

Écrit par : Chuck Jones | 09/06/2016

Je ne vais pas lire tout votre charrabia, Monsieur Chuck Junes et je clos la discussion qui s'écarte de plus en plus du sujet. Mes amis Fecebook, LinkedIn et Twitter peuvent contiuner la discussion sur ces sites respectifs. Mes salutations à tous. Merci de m'avoir lu.

Écrit par : Ashwani Singh | 09/06/2016

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