11/11/2015

L'objectif "paix des transports" et le cas de Chêne-Thônex

Parmi les routes du réseau primaire figure l'axe "avenue de Thônex/route de Jussy/Pont de Sierne/Plateau de Vessy".Cet axe, qui n'est ni une "pénétrante" ni un maillon de la moyenne ceinture, canalise le trafic entre l'ensemble du secteur d'Arve-et-Lac d'une part, et Carouge, la Praille et Plan-les-Ouates d'autre part. Il est - et continuera d'être - mal desservi par les transports publics. C'est la "tangentielle est" du canton, une dorsale à fort trafic qui d'ailleurs sera en nette augmentation avec l'urbanisation prochaine des Communaux d'Ambilly.

La deuxième particularité de cet axe est qu'il traverse le cœur même de l'agglomération de Chêne-Thônex, contrairement aux autres agglomérations de la zone II 1. En effet, tant à Meyrin qu'à Bernex et Versoix, l'axe primaire contourne l'agglomération, ou l'effleure en tangente.

Sa troisième particularité est de ne jamais avoir fait l'objet d'aménagements sérieux visant à améliorer sa fluidité.

Or à son art 4 al 7, le projet de loi sur la mobilité prévoit deux dispositions potentiellement contradictoires pour les agglomérations classées en zone II:
a)    le trafic de transit est fortement restreint;
b)    des axes routiers structurants sont aménagés de façon à garantir la fluidité du transport individuel motorisé.

Alors bien que ni pénétrante ni partie de la moyenne ceinture, l'axe Jussy-Carouge sera-t-il malgré tout considéré comme axe routier "structurant", et donc aménagé pour être fluide au sens de la lettre (b), ou, au contraire, le trafic de transit y sera-t-il "fortement restreint" au sens de la lettre (a) par le fait qu'il traverse une zone II, ce qui serait fort inquiétant car on ne voit vraiment pas par où pourrait alors passer le trafic de transit ainsi "restreint"...

Pour que le projet de loi atteigne véritablement ses buts, il faut clairement identifier les axes qui devront être aménagés pour garantir la fluidité du trafic automobile, ceci afin de délester le réseau secondaire et de quartier afin de le rendre - puis de le réserver - à la mobilité douce, au trafic de proximité, aux habitants. Une fois ces axes identifiés - et l'axe Jussy-Carouge doit incontestablement en faire partie - il faudra chiffrer ces aménagements, puis les réaliser, en leur consacrant les moyens nécessaires.

Le but ne sera jamais atteint uniquement au moyen de restrictions - même si elles sont relativement peu coûteuses et donc très faciles à mettre en œuvre -, vu qu'elles ne feront que de rallonger les bouchons. Il faut le courage d'admettre qu'il faudra aussi investir dans des infrastructures routières, et de grâce surtout pas uniquement des feux, fussent-ils "intelligents", mais aussi des élargissements, des passages sous-route, des tranchées couvertes…


1Telles que définies par le Projet de loi sur la mobilité et autres que Carouge, Lancy et Vernier, traversées elles par la moyenne ceinture.

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