05/02/2015

Rue de Genève : un « espace rue » et non une « muraille de Chine » !

La suppression des arrêts de tram « François-Jacquier » et « Tronchet » et leur consolidation dans l’arrêt « Graveson » a fortement modifié les cheminements piétonniers pour traverser la rue de Genève dans l’épicentre urbain de Thônex. Le déclassement de la rue de Genève, du réseau primaire au réseau secondaire ou de quartier, cité dans le Plan directeur communal[1], ainsi que la rénovation de la place de Graveson, ont notamment pour but de créer, au centre même de la commune, un « espace rue » comprenant également la place du Chêne-Vert, visant à faciliter les liaisons piétonnières nord-sud[2].


Or force est de constater qu’aujourd’hui, pour les piétons, la voie de tram entre l’arrêt « Graveson » et le carrefour Tronchet-Jeandin présente une véritable barrière constituée d’une longue haie et d’une aussi longue palissade, l’ensemble étant infranchissable. Ceci constitue une nette régression par rapport à la situation antérieure, ainsi qu’une réalité qui va à l’encontre même de la vision sociologique et urbanistique affichée dans les plans. Pour les habitants du centre urbain, traverser la rue de Genève ou acheter un billet de tram aux heures de pointe quand les quais sont bondés relève de l’exploit.

muraille de chine.jpgDSCN1640.JPG

Par ailleurs, on ne se rend désormais de l’autre côté de la rue de Genève que lorsque c’est vraiment nécessaire puis, petit à petit, on renoncera à la traverser, ce qui est regrettable, tant pour les commerçants que pour l’animation et la vie sociale au centre de la commune.


(à g.) Malheureusement, le constat est là : « l’espace rue », c’est totalement raté, et ce n’est pas la rénovation de la place de Graveson qui y changera quelque chose.

Tout comme la place de Graveson au côté nord, et bien plus encore que la place du Chêne-Vert, le Centre commercial de Thônex constitue aujourd’hui le principal élément socio-urbanistique structurant et rassembleur du côté sud de la rue de Genève. Or à sa sortie nord, l’absence de passage pour piétons rend la traversée de la rue certes possible au moyen de détours, mais peu incitative, voire même décourageante.

La mise en site propre des voies des trams et de bus, ainsi que la conception des quais aux arrêts selon les gabarits actuels, ne sont pas conçus pour faciliter la traversée des rues. Il suffit de comparer la rue de Genève - sur le tronçon situé entre François-Jacquier et Tronchet - avec la rue de Carouge, alors que les deux rues sont pourtant parcourues par la même ligne de tram, aux mêmes cadences horaires - ou encore avec le tronçon de la rue de Genève entre Tronchet et Moïllesulaz : le contraste est saisissant. En effet, ces nouvelles conceptions ont prétendument pour but de permettre d’augmenter la cadence et la vitesse commerciale des transports publics. Or pour que la voie des transports publics ne devienne pas un long mur, notamment sur un tronçon ayant pourtant pour vocation d’être un « espace rue » destiné à rassembler la population et non la diviser, les passages piétons doivent être suffisamment rapprochés et placés en tenant compte des points de passage naturels. Ainsi, le besoin pour un passage piétons devant la sortie principale du centre commercial, en prolongation de celui qui existe côté nord face au 113 rue de Genève semble logique, intuitif et même criant d’évidence (voir figure ci-dessous).

rue de genève3.jpg

Un tel passage aurait en outre l’avantage de grandement faciliter l’accès à l’extrémité « est » du quai de l’arrêt des TPG en direction de la ville ; car en effet, c’est avant tout en direction du centre-ville et non d’Annemasse que les thônésiens prennent les transports publics et c’est bien au quai nord que l’accès doit être facilité en priorité, y compris pour ceux qui s’y rendent depuis le sud de la rue de Genève.

Rendons à nouveau cette rue de Genève ergonomique, pratique et conviviale !


[1] Plan directeur communal 2009, p.142

[2] Plan directeur communal 2009, p.116

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Commentaires

Cher Aschwani,

sur le principe de qualité urbanistique et de la facilité des déplacements à pied au centre de la commune tu as raison, mais comme tu le sais, car tu as déjà été informé à plusieurs reprises, ce passage manquant ne se fera jamais pour une simple question de sécurité liée à la présence d'un "arrêt de tram décalé" (cas presque unique à Genève)

Un rapport de l'ingénieur en circulation mandaté par la Commune le relève et tu le sais.

En effet, lorsqu'un tram en direction de la Ville stationne à son arrêt (entre le 109 et 113 rue de Genève (voir ton plan)) le passage piéton que tu proposes se trouverait juste derrière le tram rendant ainsi la visibilité des piétons qui traverseraient les voies impossible envers un tram qui roulerait en direction de Moillesulaz.

Or à cet endroit le tram venant de la Ville roule déjà à quasi pleine vitesse (et même s'il ne roulerait qu'à 10km/h ça serait pareil) et est dans l'impossibilité physique de freiner avant un choc avec un piéton. (visibilité de un seul mètre)

C'est donc pour cela qu'il est impossible actuellement de traverser les voies à cet endroit (au cul du tram) à cause d'une manque de visibilité potentiellement mortel.

Cela serait totalement différent si les 2 arrêts (dans chaque sens) se trouvaient au même endroit car l'absence de visibilité serait contournée car le tram dans l'autre sens serait à l'arrêt également donc éviterait le choc mortel.

La différence également avec la partie basse de la rue de Genève en direction de Moillesulaz est qu'il n'y a pas de tram à l'arrêt qui bloque la visibilité, ce qui permet à cet endroit de traverser en faisant attention.

Ton idée partant d'une idée intéressante se montre très dangereuse dans les fais et c'est pour cela que ni l'Etat, ni les TPG et ni la Commune ne rentreront en matière sur un passage à cet endroit... à moins de déplacer un des 2 arrêts pour les mettre au même niveau réduisant ainsi une voie de circulation automobile, ce qui ne sera pas pour réduire les bouchons à Thônex, autre de tes souhaits exprimés à maintes reprises.

Bien amicalement.

P.S. Je te rappelle juste le catapultage sur plusieurs mètres par un tram de feu Dédé P. il y a environ 3 ans à quelques mètres de là...

Écrit par : Philippe Calame | 05/02/2015

Cher Philippe,
Tout d'abord, merci de me lire.
Je ne vais pas commenter chacun des points que tu soulèves. En effet siégeant dans la commission « transports » du Conseil municipal de Thônex depuis 2007, je connais tout aussi bien les arguments, mais contrairement à toi, je ne suis pas entièrement convaincu de leur validité. Je pratique le doute cartésien et le scepticisme fait partie de ma nature. Je ne prends donc pas les études de mandataires automatiquement pour du bon argent, je m’en félicite d’ailleurs et certains faits me donnent raison, sujet que je développerai à l’occasion. Mais lorsque j'ai des convictions, je peux me montrer déterminé et optimiste. Peut-être bien que différents aménagements, tels que le décalage des quais de tram, sont regrettables. Toutefois rien ne nous empêche de chercher de corriger, ne serait-ce qu’un peu, les effets de ces conceptions malheureuses. Je maintiens notamment que le passage que je propose reste un des moyens éventuels de le faire, en l’accompagnant bien sûr de mesures de sécurité adaptées. Il y a également d’autres mesures que nous pourrions proposer, qui seront in fine admises ou non par la DGT et les TPG mais mon souhait était, et reste d'ailleurs, que l’on puisse en discuter en commission « transports ». Certains s’obstinent à vouloir l’empêcher et je le regrette, sans vraiment le comprendre leurs raisons profondes. J’espère par contre que tu seras parmi ceux qui accepteront d’examiner les moyens de rendre la rue de Genève plus conviviale, plus proche de l’« espace rue » que nous souhaitons tous, car pour le moment, il faut malheureusement bien l’admettre, c’est un raté magistral.

Parlons du tram 16. J’étais cosignataire il y a de cela bientôt trois ans d’une motion demandant son rétablissement. Dans les discussions qui ont eu lieu avec les TPG, on nous a alors très clairement fait comprendre que la décision était prise et qu’il n’y aurait jamais de marche arrière. Aujourd’hui, un groupe politique dont tu fais partie semble apparemment croire le contraire et recueille des signatures pour une pétition. On lui souhaite plein succès et espère de sa part un qu’il fasse preuve de la même énergie et du même enthousiasme pour la rue de Genève!

Écrit par : Ashwani Singh | 05/02/2015

Comme je comprends votre douleur !
Nous qui sommes si souvent prompts à prendre Zürich en exemple, faisons exactement l'inverse.
A ZH il n'y a pour ainsi dire pas de site propre pour les trams, sauf aux arrêts. Partout il est possible de traverser les voies en voiture, pour faire demi-tour sur route ou pour rejoindre une petite ruelle transversale. Et s'il y a un site propre, le trottoir est rabaissé pour permettre le passage des autres véhicules.
Dans le cas de Thônex l'aberration devient caricaturale puisqu'elle empêche même le passage aux piétons.
A Genève, partout où nous avons installé ces murs et autres barrières artificielles, nous avons dû condamner l'accès à ces ruelles ou obliger les automobilistes à faire des détours conséquents pour y parvenir.
Et malheureusement, malgré ses bonnes intentions, M. Barthassat ne semble rien faire pour corriger ces dérives parmi d'autres.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/02/2015

Monsieur Jenni,

en l’occurrence, mais vous ne le savez certainement pas, lors du renouvellement du site propre du tram à Thônex, il n'y avait pas de haie ni de barrière à cet endroit (alors que dans les années 70 à 2000 il y en avait une avec tous les 50m environ un petit passage informel pour les piétons) et puis... il y a eu un accident qui aurait pu être mortel où un Thônésien a été percuté par le tram et projeté sur plusieurs mètres en raison du choc.

Le DGM de l'époque (précédente législature) a fait poser cette haie et cette barrière certes chicaneuse et moche, mais protectrice...

Après si les 400'000 habitants de Genève, sous le principe qu'ils habitent à 200m ou qu'ils sont chauffeurs de taxi, se croient plus intelligents que des spécialistes qui protègent les piétons contre un danger mortel... libre à eux d'être persuadés d'avoir raison.

Pour ma part, je ne soutient pas aveuglément les ingénieurs de la DGT, mais sur ce cas précis, la sécurité prime sur un détour de 62m très exactement jusqu'au prochain passage piéton... 62m, 4km/h = 55 secondes et quelques colories perdues au bénéfice de sa propre santé ;-)

Sinon Aschwani, sur une amélioration de cet espace central de notre commune, oui, on peut en discuter positivement pour améliorer le cadre, mais n'oublions pas que cette route ne nous appartient pas et que vous avez, au passage, 3 députés PLR de Thônex qui peuvent faire influencer l'Etat sur cette rue, qui faute d'une traversée du Lac restera une rue à vocation (qu'on le veuille on non) de pénétrante de Genève avec tous les nombreux inconvénients que je subits et déplore autant que toi.

Bon week-end à vous messieurs.

Écrit par : Philippe Calame | 06/02/2015

Cher Philippe: d'abord la rue de Genève n'a plus pour vocation d'être une "pénétrante" (v. Plan de hiérarchie des routes et Plan directeur communal); le trafic qui y vient et y va de/à Tronchet devrait être fortement dimminué à en croire notre Conseiller administratif qui nous annonce pour tout bientôt - sur la base de ses contacts apparemment privilégiés avec la DGT et le Président du département - une régulation par des feux au carrefour Tronchet/Jussy qui délestera fortement Tronchet. La "vraie" pénétrante, c'est la route Blanche. Je trouve au passage un peu déplacée ta remarque ironique visant M. Jenni: il nous dit simplement que les spécialistes de Zürich, certainement aussi bons que ceux de Genève, ont une toute autre vision de ce qu'est un espace rue: je l'en remercie, je partage cette vision et envie les Zürichois. Vu où tu habites, tu es probablement peu directement concerné quotidiennement matin et soir aux heures de pointe par cet aménagement regrettable, alors pas nécessaire d'ironiser sur quelques dizaines de mètres que tu t'es apparemment donné la peine d'aller jusqu'à mesurer avec précision aujourd'hui. Enfin, je suis heureux de noter que tu es prêt à "discuter positivement..etc."; on aurait pu déjà commencer en commission, mais bon :). Merci encore de me lire et bon weekend.
PS: c'est "Ashwani" (sans le "c"), c'est vrai que c'est très compliqué mais note-le, mieux vaut tard que jamais :)

Écrit par : Ashwani Singh | 06/02/2015

C'est les trains en ville qu'il faut bazarder, une fois pour toutes bon sang.

Écrit par : JDJ | 06/02/2015

JDJ: des lignes de tram qui ici et là sont des "Strassenbahnen" et ailleurs des "Stadtbahnen", pour prendre une terminologie allemande, voici le résultat boiteux concocté par nos "experts" tant vantés par Monsieur Calame, qui sont probablement beaucoup trop nombreux à Genève et qui semblent travailler indépendamment sans se concerter entre les différents départements et administrations. Là-dessus viennent se greffer les "mandataires","experts en mobilité", toujours les mêmes deux ou trois qui vivent fort bien des mandats du canton et des communes, car faire appel à eux devient un passage obligé pour tenter d'y voir clair lorsque l'on envisage un amménagement. Bien sûr, pour combler le tout, il leur arrive de se tromper. On aurait dû construre un métro.

Il y a 50 ans environ - voire plus -, il avait été décidé d'élergir la rue de Genève jusqu'à Moillesulaz selon le gabarit actuel de Thônex ou du plateau de Chêne-Bougeries. On a commencé ici et là (à Thônex notamment) mais la réalisation a trainé et le projet n'a jamais été achevé. Ainsi, le goulet de Chêne-Bourg n'a été qu'à moitié élargi et celui de Chêne-Bougeries va rester dans l'état. On a donc une rue et une ligne de tram sans cohérence aucune de 100m en 100m, sur laquelle pauvre Thônex doit ajourd'hui subir les conséquences d'une planification arbitraire et cahotique.

Écrit par : Ashwani Singh | 07/02/2015

Indépendamment de ce problème local : connerie de trams, voilà.

Écrit par : E.M. | 07/02/2015

Si le prétendu problème est que le tram à quai côté nord boucherait la vue d'un éventuel tram en pleine accelération côté sud et que cela présenterait un danger pour les piétons voulant traverser du nord au sud (alors qu'il n'y aurait aucun problème particulier pour ceux traversant du sud au nord sur le passage encore inexistant mais que j'appelle de mes voeux), il y a une solution criante d'évidence: des feux "intéligents" qui seraient au rouge sur le passage nord tant qu'un tram serait à quai côté nord. Le vrai problème étant que les "experts" n'y ayant pas pensé, ils chercheront assurément, pour sauver la face, une excuse ou une autre pour nous "prouver" que ce n'est pas possible. Il faudra probablement une pétition communale, dont c'est d'ailleurs la mode actuellement, pour réactiver ce dossier.

Écrit par : Ashwani Singh | 16/02/2015

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