30/01/2015

Combien sont-ils payés...

 …par rapport à leurs collègues de Lausanne, de Berne, de Bâle et de Zürich ? Je parle bien sûr des salariés de la fonction publique et assimilés, qu’ils soient par exemple enseignants, conducteurs des transports publics ou encore policiers. Il est beaucoup question ces temps à la fois de grèves et du budget de fonctionnement de l’Etat, ce dernier étant, comme on le sait, constitué en grande part de masse salariale. Alors les salaires (et avantages sociaux, primes, etc.) payés à Genève sont-ils plus ou moins en ligne avec ceux payés dans des villes et cantons comparables, ou sont-ils disproportionnellement élevés ? Dans un cas comme dans l’autre, il serait utile que cela fasse enfin l’objet d’une information objective et transparente. Après, on choisira ou non de stigmatiser les fonctionnaires et critiquer ceux qui font grève, mais avec, à la clé, des chiffres concernant leur traitement. Ce sujet n'a pas à être tabou mais fait partie d'un débat démocratique, citoyen et nécessaire. J’invite tous les lecteurs qui disposent de données ou qui savent où les trouver de partager leurs sources et de contribuer au débat.

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Commentaires

Bonne initiative, pour autant que les chiffres soient modérés (il existe un verbe plus adéquat) en fonction du coût de la vie dans les cantons cités.

Écrit par : Mère-Grand | 30/01/2015

Mère-Grand: d'accord sur le principe de temépérer, de moduler, de corriger...(nous nous comprenons), tout en sachant que les Bernois et Zürichois - et à un moindre degré les Lausannois - n'ont pas la possibiilité de faire leurs courses en France voisine, élément qui n'est ccertainement pas pris en compte dans le calcul du coût de la vie à Genève par les bureaux officiels cantonaux ou fédéraux de la statistique :)

Écrit par : Ashwani Singh | 30/01/2015

Une information :

Les grévistes font l'objet d'une retenue de salaire au pro rata des heures chômées.

Trois remarques :

- Considérer que le tourisme d'achat en France serait un argument pour le calcul des salaires des Genevois me semble tenir d'une une démarche intellectuelle bien douteuse.
Ainsi moi, qui fais pour le moment tous mes achats sur Genève, je finirais par être obligée d'aller sur France et ainsi, je contribuerais à porter un sérieux coup à l'économie locale.
- Il ne faut pas non plus oublier que les fonctionnaires payent leurs impôts sur le revenu de façon tout à fait transparente, c'est à dire tout ce qu'ils doivent.
- La grève et les manifestations de jeudi portaient sur la suppression de postes et donc sur la qualité des services, pas sur l'augmentation des salaires.

Écrit par : Calendula | 31/01/2015

@Calendula, tout d'abord merci de me lire. Premièrement, ma remarque sur les achats en France était, il est vrai, un peu provocatrice; cela dit, même si vous êtes un modèle de civisme en la matière - ce qui d'ailleurs vous honore -, les fonctionnaires genevois sont au fond des consommateurs comme les autres dont beaucoup profitent probablement de la proximité de la France, pas toujours uniquement par économie, mais aussi pour un choix d'articles complémentaire et différent. Ensuite concernant les impôts payés en toute transparence par les fonctionnaires, c'est fort bien mais c'est aussi tout de même la moindre des choses! Enfin, j'estime que c'est au citoyen d'apprécier ou non la qualité des services et au prestataire des services (l'Etat) de tenir compte de la volonté populaire dans la mesure des moyens (notamment financiers) à sa disposition; il n'appartient par contre pas aux salariés de l'Etat de préjuger de la qualité des services fournis au public ou de s'adonner à des procès d'intention envers leur employeur, et surtout d'en faire des prétexes de grève.

Écrit par : Ashwani Singh | 31/01/2015

Je pense que le prix des loyers doit être pris en compte dans la comparaison! C'est du simple au double selon les régions! Même le prix de l'essence, plus élevé à Genève que dans le Mitteland!

Écrit par : bb | 31/01/2015

@bb: les stations-service genevoises avaient une clientèle de France voisine et pouvaient se permmettre de pratiquer des prix légèrement supérieurs à la Suisse profonde; avac la baisse de l'EURO, je parie que c'est terminé!

Écrit par : Ashwani Singh | 31/01/2015

@A. Singh,

Vos arguments sont intéressants, mais je me permets malgré tout de développer encore un peu :
Il va de soi que les fonctionnaires payent leurs impôt correctement. Ma remarque avait trait au fait que le civisme fiscal n'est pas une vertu absolue chez tous nos concitoyens.
Loin de moi l'idée de stigmatiser d'autres catégories d'acteurs économiques, puisque je trouve pénible de passer pour une enfant gâtée auprès de certains.
Connaissant par exemple beaucoup petits patrons, je ne me permettrai jamais de les critiquer dans leur ensemble, car leur position n'est pas enviable, surtout par les temps qui courent.
L'herbe est toujours plus verte de l'autre côté et il n'est pas facile de s'imaginer l'entier de la réalité d'autrui.
Pour vous donner un exemple très concret : ma famille de 4 personnes ne pourrait pas fonctionner avec le salaire d'un seul fonctionnaire à temps plein. Nos charges fixes dépassent les 7000 Fr /mois ( loyer, assurances maladie + autres, électricité, alimentation, voiture, abonnements des CFF et TPG pour les enfants en études). Parce que nous sommes deux à travailler, je peux me permettre le luxe de ne pas passer mon samedi matin au supermarché en France et je peux commenter des blogs ! ;-)))

Egalement d'accord que les citoyens sont les premiers à évaluer la qualité des services - comment prétendre le contraire ! Mais il ne faut pas oublier que je suis également cliente des services de l'Etat, parent d'élève, patiente à l'hôpital, usagère des guichets divers et variés de du Canton de Genève.
Le clivage fonctionnaire /citoyen me semble donc artificielle.
Les fonctionnaires sont toutefois en bonne position pour alerter la population au sujet des difficultés à venir. En effet, je trouverais assez irresponsable de laisser effectuer, sans piper mot, des coupes nettes dans des services qui sont déjà à la limite de leurs capacités.
Cela étant, je ne suis pas du tout une enthousiaste de la grève et je trouve que de la faire dénote un certain manque d'imagination.

Enfin, j'ose prétendre que d'avoir des fonctionnaires bien formés et correctement payés représente un gros atout pour un pays. Comme j'ai habité sous d'autres cieux (en Europe), je peux comparer la qualité des services et affirmer que la nôtre est appréciable et même plutôt bonne.
Il me semble d'ailleurs que c'est l'écho général parmi les expatriés.

Écrit par : Calendula | 31/01/2015

@Calendula: un grand merci pour ce commentaire perçu comme sincère. Je note que vous n'êtes pas favorable aux grèves et que si certains dans la fonction publique estiment qu'il relève de leur devoir d'alerter la population à une éventuelle ou future coupure dans tel ou tel service (principe que personnellement je conteste), elle doit le communiquer par d'autres moyens. Je relève aussi - et suis d'accord avec vous - que de nos jours, un seul salaire ne suffit pas pour une famille "moyenne" de quatre personnes, mais cela vaut tout autant que l'on soit fonctionnaire ou dans le privé. Toutefois dans le privé, quand un produit ou un service ne répond plus à la demande, la sanction économique est là, lourde et claire: on le supprime; on reloge alors les salariés concernés ailleurs, ou on les congédie; on peut le déplorer. Ce n'est par contre pas ainsi que cela se passe dans la fonction publique, où parfois des services peuvent continuer d'exister bien au-delà de leur réelle ultilité, les états-majors n'ayant en effet aucun intérêt à se saborder, le licencienent de personnel étant d'ailleurs difficile ou impossible. Le resentiment d'une partie de la population envers la fonction publique tient à sa sécurité d'emploi (en tout cas relative que personne ne peut contester) couplée à un traitement supérieur, lui aussi avéré; alors quand on y ajoute des grèves... Maintenant, les fonctionnaires genevois sont-ils en plus mieux payés que dans d'autres villes comparables, c'est ce que j'essaie de déterminer, je l'espére avec l'aide de tout ceux qui me listent.

Écrit par : Ashwani Singh | 31/01/2015

Encore une dernière réponse :
Il serait effectivement intéressant d'avoir des comparatifs et ces calculs savants qui montrent, combien il reste en mains à des familles, des célibataires, des retraités, une fois qu'ils ont payé tout leur dû, dans une région donnée.
Je me souviens avoir vu de telles comparaisons dans "L'Hebdo" il y a bien 10 ans de cela et je me souviens qu'à une famille genevoise de 4 personnes non-bénéficiaire de subsides-assurance maladie et d'un logement HLM, il restait moins d'argent à disposition à la fin du mois qu'à des familles ayant un travail moins bien rémunéré ou habitant dans d'autres cantons romands.
L'Etat subventionne indirectement les entreprises qui paient des salaires insuffisants pour permettre d'en vivre en Suisse, puisqu'elle fournit des subsides aux "Working poor" et aux chômeurs.
Je fais partie de la classe moyenne, des personnes qui sont censées porter l'économie des pays industrialisés. Je suis effectivement salariée de l'Etat, mais en même temps, je suis une actrice active dans les rouages du système et ne ponctionne pas les budgets en bénéficiant d'aides diverses. Je paie partout "plein pot", tout en contribuant aux caisses de l'Etat.

Il est clair que la sécurité de l'emploi fait rêver, mais même cela n'est plus absolu. Il serait impossible effectivement d'assurer cela dans le privé, c'est antinomique avec l'économie libérale. Mais il me semble qu'on ne peut pas faire un parallèle impeccable entre l'entreprise privée et la structure qui fournit les conditions-cadre. Il faut une certaine permanence et rigidité du système étatique, pour assurer une stabilité à l'ensemble.
Faire honte périodiquement aux fonctionnaires n'est pas très constructif.
Vous êtes bien sûr parfaitement libre de le faire ! Mais vous n'obtiendrez pas mon adhésion inconditionnelle.

Après 7 ans d'études universitaires, financées en partie par mes parents ( qui en avaient les moyens), en partie par moi-même, je n'ai pas honte de toucher un salaire correct, même s'il provient des caisses de l'Etat.

J'aimerais que notre système scolaire et public permette aux jeunes d'origine sociale moins privilégiée que moi d'accéder à des études, qui ensuite pourront mener à une carrière professionnelle, dans quelque cadre que ce soit. Ce n'est pas à moi de faire la promotion de cette idée, selon vous.
OK, soit.
Je pense autrement. Tant que je ne viole pas mon devoir de réserve et tant que la grève fera partie des droits garantis, je ne suis pas dans l'illégalité.

Écrit par : Calendula | 31/01/2015

Les Chambres de commerce et d'industrie de Suisse latine procèdent prochainement à une enquête sur la compétitivité des administrations cantonales. Les conclusions de ce "benchmarking" seront également à prendre en compte dans une comparaison globale des coûts et des avantages des services publics dans différents cantons.

Écrit par : Ashwani Singh | 01/02/2015

A mon avis, vous méconnaissez les dossiers dont vous parlez.
Vous n'aimez pas les grèves ? C'est votre droit. J'aimerais bien savoir pourquoi. Réfléchissez : questionnez-vous sur votre rapport à l'autorité, à la société, aux autres. Et vos parents, par exemple, ils aimaient les grèves ? Et les fonctionnaires, par exemple, vous croyez qu'ils aiment les grèves ? Mettez-vous à la place de quelqu'un qui n'aimerait pas faire la grève, mais qui estime que c'est de son devoir d'y participer. Et si vous ne voyez pas par où entrer dans de tels questionnements, formez-vous, ou pire, lisez !

Écrit par : Mireille-Anne | 02/02/2015

Blablablabla!

Premièrement parlez l'augmentation des jetons de présences des députés au grand conseil (25%) je vous laisse la surprise de pourquoi l'ont-il fait

http://www.rts.ch/info/regions/geneve/5165305-les-deputes-genevois-ont-augmente-d-un-quart-leur-salaire.html

Deuxiemement personne ne parle des 7 directeurs au TPG...pour une si petite régie.

Troisièmement, je ne suis ni PS ni MCG ni de quelconque parti puisque j'ai choisi la voie de faire sur le terrain directement ce que la politique peut mettre un an à faire. Il aura fallut attendre un moment pour abolir ces privilèges

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/14e-salaire-hauts-cadres-etat-supprime/story/17089198

Et comme bien entendu le peuple qui rale sur les grèves maintiens de l'autre coté les incompétants au pouvoirs. Faudrait savoir ce que l'on se veut. Dur dur d'être dans la fonction public de voir des incapables de voir le peuple critiquer et dans le meme temps soutenir leurs privilèges.

Écrit par : plumenoire | 02/02/2015

@plumenoire: il y a beaucoup d'autres sujets (bonus, jetons des députés) qui mériteraient d'être débatus à l'occasion, mais ce n'est pas le propos ici. S'agissant des fonctionnaires, certains travaillent bien, d'autres moins bien, mais ils ont une sécurité d'emploi, c'est un fait; ils ont un salaire moyen supérieur au reste de la population, c'est également avéré; maintenant il s'agit de tenter d'établir si en plus leur traitement s'écarte - ou non - significativement de celui de leurs collègues de villes et cantons suisses comparables. C'est simplement un élément objectif sur lequel la lumière mérite d'être faite et que chacun pourra interpréter à sa manière une fois les faits établis. Il semble que certains préjugent déjà des conclusions, en ont peur, sont déjà sur la défensive et passent donc à l'attaque en invoquant des arguments hors propos. Je vais fermer les commentaires avant que la discussion ne dérape plus, en invitant toute personne qui disposerait de données factuelles à me contacter directement.

Écrit par : Ashwani Singh | 03/02/2015

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