24/10/2012

Electricité zéro nucléaire à Genève (suite): réponse de SIG

Ce post fait suite à ceux des 6 et 11 août derniers - que je vous invite à consulter - dans lesquels je critiquais la communication de SIG destinée à ses clients selon laquelle l'électricité distribuée était zéro pourcent nucléaire. Je m'étais adressé à SIG en demandant des explications et en m'engagent à les publier. C'est aujourd'hui chose faite. Je vous laisse en prendre connaissance.


Chère Madame,

Merci pour ces informations : ainsi que je m’y étais engagé, je publierai votre réponse sur mon blog. Sachez que je ne doute nullement de la « fiabilité » du marquage, mais bien de honnêteté et la rigueur intellectuelle de l’ensemble de la démarche, finalement fort arrangeante pour SIG et qui pourrait conduire à faire croire ce qui n’est pas. Tout en comprenant l’obligation qui vous est faite de communiquer les résultats, j’aimerais que l’autosatisfaction qui en résulte reste nuancée, modeste et discrète.

Je ne change pas d’opinion sur le fond pour autant.

Merci encore et meilleures salutations.

Ashwani Singh

24 octobre 2012

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Cher Monsieur, 

Nous accusons bonne réception de votre courrier du 3 septembre 2012 dans laquelle vous émettez des réserves quant à la fiabilité du marquage de l’électricité à Genève, en particulier sur la notion du 0% nucléaire. 

 

L’entrée en vigueur de l’ordonnance révisée sur l’énergie a entraîné l’introduction en 2006 d’une obligation de marquage de l'électricité en Suisse pour toutes les entreprises qui fournissent de l’électricité, comme cela est également le cas en Europe. 

 

Cette obligation de marquage concerne la composante « source d’énergie » de l’électricité qui atteste de la composition du courant (part des différents agents énergétiques) ainsi que de l’origine du courant (production en Suisse ou à l’étranger). Le courant physique ou électron, 2ème composante de l’électricité, ne fait pas l’objet de marquage spécifique étant donné qu’il suit les règles de la physique : il va au plus près de là où il est produit. 

 

En Suisse, Swissgrid1 met à disposition un système qui, dans le cadre de cette obligation de marquage de l'électricité, assure le flux d’informations depuis les exploitants d’installation jusqu’aux consommateurs finaux sous la forme de garanties d’origine : des certificats d’électricité. Swissgrid assume le contrôle du marquage selon une procédure standardisée bien définie et une méthode fiable et identique pour tous les fournisseurs en Suisse. 

Les garanties d’origine, inscrites sur cette plateforme, donnent des renseignements sur: 

•la quantité d’électricité produite en kWh, 

•les agents énergétiques à partir desquels l’électricité a été produite, 

•la période et le lieu de production, 

•les données d’identification de l’installation de production, 

•les données techniques de l’installation de production (puissance, type, etc.) 

•les labels tels que naturemade star, TÜV SÜD Erzeugung EE, par exemple.

Pour chaque kilowattheure de courant produit, une garantie d’origine est établie et permet de mettre en évidence la provenance et l’origine de l’électricité. Il est ainsi garanti que la production d’une installation donnée est effectivement injectée dans le réseau. Le mécanisme garantit aussi que toute garantie d’origine n’est utilisée que par un seul fournisseur d’électricité. Dès qu’elle parvient au fournisseur de courant, elle est annulée du système de garanties et n’est donc plus disponible dans le système pour un quelconque usage ultérieur. 

Grâce à cette plateforme Swissgrid, SIG peut assurer qu’il n’y a pas d’électrons nucléaires fournie à ses clients puisque qu’à chaque kWh fourni est attaché une garantie d’origine. A noter que cette mécanique n’est pas utilisée qu’en Suisse. Les fournisseurs suisses vendent aussi des garanties d’origine en Europe ce qui leur permet de valoriser leur production et de continuer à développer les énergies renouvelables en Suisse. 

En espérant avoir répondu à vos questions, veuillez recevoir, Monsieur, nos meilleures salutations. 

1Swissgrid: organisme qui exploite le réseau de transport en Suisse, réseau à très haute tension servant au transport de l’énergie sur de grandes distances.

 

Pour SIG: 

Isabelle-Thao Bui

Responsable Produit / Gamme Vitale

23 octobre 2012

 

10:07 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

M. Ashwani Singh,

il serait peut-être très intéressant de poser la question suivante aux SIG :

Si vous achetez de l'électricité à une société qui produit à partir d'un barrage de retenue, vous recevrez un certificat indiquant l'origine verte de ce courant. Est-ce également le cas si l'eau ( en totalité ou plus certainement en partie) contenue dans le barrage a été turbinée en aval du barrage, plutôt que retenue de sources situées en amont? Si vous recevez toujours le certificat vert dans ce cas, connaissez-vous de la part de votre fournisseur d'énergie verte, l'origine de ses achats d'électricité qu'il ne vous vend pas mais consomme pour produire ?

Sinon, c'est un excellent moyen de verdir l'énergie nucléaire .....

Écrit par : lucides | 25/10/2012

@Lucides: absent quelques jours, je prends connaissance de votre commentaire. Je laisserai SIG répondre à votre question, s'ils nous lisent.

Pour ce qui est de la remarque de SIG selon laquelle l'électron "suit les règles de la physique" et va au plus près de là où il est produit, je note simplement que la Centrale du Bugey se trouve à 78 km de Genève et celle de Mühleberg à 129 km. Pas très loin selon moi.

Merci de me lire.

Écrit par : Ashwani Singh | 30/10/2012

Grâce à votre article édifiant, saisir cette démarche fut aisé grâce à vos astuces. J’attends impatiemment la prochaine publication. Chantal

Écrit par : benjamine | 28/06/2013

SIG paie les fournisseurs de l'électricité consommée sur le réseau genevois.

Si SIG ne passe aucun contrat avec les producteurs nucléaires et donc ne leur verse pas un centime et si chacun des fournisseurs à SIG s'engage à faire de même, on peut admettre que notre électricité n'est pas nucléaire dans le sens qu'elle ne finance pas la filière nucléaire.

C'est cela qui compte, pas la couleur des électrons.

Écrit par : hector | 28/06/2013

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