11/08/2012

SIG et électricité nucléaire (suite)

SIG nous asssure que l'électricité qu'il distribue est zéro pourcent nucléaire, information confirmée par un auditeur indépendant. Fort bien. Or la démarche me paraît mériter un examen sérieux et je compte bien aller au fond des choses: m'informer sur la méthodologie adoptée, sur l'identité des  auditeurs et sur la nature précise du mandat qui leur est confié1. En attendant d'être confirmé, le scénario serait le suivant: SIG achète de l'électricité par exemple à EDF. Cette dernière produisant environ 25% de son électricité par des procédés non-nucléaires (hydroélectriques et fossiles, le reste étant de la gnognotte), elle peut donc en toute honnêteté affirmer que la part (minime) de sa production vendue à SIG est inférieure à la part non-nucléaire (on peut ensuite supposer qu'EDF donne les mêmes assurances aux autres clients qui les demanderaient et espérer qu'un organisme neutre et indépendant vérifie qu'effectivement le total de 25% n'est pas dépassé). Mais voilà, c'est un peu comme si l'on achète un grand paquet de poudre à lessive de sa marque préférée lors d'actions avec "20% gratuits!" et qu'arrivé à la caisse, l'on demande à n'emporter que les dits 20%. C'est une démarche de comptable ou de statisticien qui serait capable, par exemple, de vous "certifier" que, si vous ne buvez que la moitié du verre d'un mélange eau-vin à parts égales, vous n'aurez pas touché au vin. Bref un sophisme ou réponse de jésuite. Le grand public, quant à lui, comprend qu'il y a "garantie" de zéro nucléaire dans le mix de production électrique distribuée par SIG, ce qui serait faux. Il ne s'agit pas ici d'être pour ou contre le nucléaire - je suis pour ma part probablement moins "contre" que beaucoup -, mais bien de faire preuve d'honnêteté et de transparence dans la communication par un service public, et de ne pas jouer sur les mots.

Pour le post et les commentaires précédents sur le sujet, v. http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/a...


1Dès mon retour à Genève dans deux semaines: je publierai ensuite un rectificatif s'il y a lieu de le faire.

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09/08/2012

Les (fausses) limites de la croissance, 40 ans après

En 1972, le Club de Rome publiait un rapport hautement médiatisé intitulé "Les limites de la croissance". Alors étudiant en dernière année de ma formation en génie chimique, m'entraînant au quotidien aux calculs de bilans de masse et d'énergie (on n'avait pas encore inventé le terme d'"écobilan"), intéressé par la modélisation et écrivant mes premiers programmes informatiques en langage FORTRAN IV pour l'énorme ordinateur central de l'EPFL, le sujet m'interpellait tout naturellement: en plus des conclusions,  j'étais curieux de connaître la démarche et j'avais lu le rapport dans son intégralité. L'étude s'appuyait sur le modèle "World3" développé par les chercheurs de MIT, qui modélisait l'interaction de cinq facteurs moteurs du système mondial (population, pollution, ressources alimentaires, ressources naturelles et production industrielle), avec l'hypothèse d'une croissance exponentielle supposée constante.

Le rapport examinait notamment le taux d'utilisation (et d'épuisement) de 19 substances et concluait que 12 d'entre elles seraient totalement épuisées avant 2012: aluminium; argent; cuivre; étain, gaz naturel; mercure; molybdène; or; pétrole; plomb; tungstène; zinc: or aujourd'hui, cette conclusion s'avère totalement erronée. Quelques exemples:

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06/08/2012

D’où vient l'énergie électrique?

Comme pour tous les Genevois fournis par SIG, ma dernière facture de consommation était accompagnée d'un flyer détaillant la source de l'électricité produite. Ainsi on apprend qu'elle serait renouvelable (essentiellement hydroélectrique) à raison de 88,5% et fossile à raison de 11,5%: zéro nucléaire! Alors bravo SIG, bravo Genève? Peut-être. Mais alors où vont les 40% d'électricité d'origine nucléaire produits en Suisse? Vers d'autres cantons peu exigeants en matière d'énergies renouvelables et peu regardants envers le nucléaire (des noms, des noms!)? Où vont nos importations d'électricité depuis la France, dont on sait qu'elle est nucléaire à raison de 78%? Vers ces mêmes affreux cantons que l'on devrait montrer du doigt? EDF nous fait-il d'ailleurs la faveur de nous réserver sa part d'électricité non nucléaire?

Probablement pas. Puis, le réseau électrique suisse et européen n'est-il pas à un tel point interconnecté qu'au fond toute l'électricité distribuée sur l'ensemble du territoire suisse provient des mêmes sources par le simple effet des vases communicants? En effet, les quantités d'électricité importées et exportées chaque année dépassent la production nationale1, ce qui illustre bien le caractère dynamique, fluide, diffus et interconnecté du marché suisse et européen de l'électricité. Dans ces conditions, y a-t-il vraiment un sens à vouloir communiquer, et à plus forte raison au dixième de pourcent près, la source de l'électricité distribuée? Est-ce même honnête?

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1En 2011: 64 TWh produits, 80 TWh importés et 77 TWh exportés: source: Office fédéral de l'énergie (OFEN)

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Ci-dessous: zéro nucléaire à Genève, l'électricité de Leibstadt va ailleurs. Youpi!
Vraiment?

 

kkw-leibstadt.jpg

18:55 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (22) | |  Facebook

04/08/2012

Message destiné aux collègues blogueurs sur tdg-ch

blog.jpgCertains blogs provoquent l'envie et le besoin d'y répondre immédiatement. Seulement voilà, beaucoup sont "modérés", entendez par là que leurs auteurs filtrent les commentaires avant de choisir lesquels méritent d'être publiés, ce qui a parfois de quoi refroidir les élans et démotiver les commentateurs. Il m'est ainsi fréquemment  arrivé de renoncer à commenter un blog modéré et sans doute d'autres commentateurs potentiels réagissent comme moi. C'est bien dommage, car il s'agit souvent des meilleurs blogs c'est souvent à chaud qu'on a envie de réagir:  un commentaire publié des heures après, quand ce n'est pas le lendemain ou le surlendemain peut s'avérer n'être plus à propos, dépassé et "réchauffé".

Or de quoi avez-vous peur, chers blogueurs modérateurs? D'insultes? D'expressions de haine homophobes ou xénophobes? De commentaires pertinents mais gênants car démolissant systématiquement vos arguments? Ou alors avez-vous envie de passer une soirée ou un weekend tranquille plutôt que de devoir répondre aux commentaires?

Il reste toujours possible de supprimer les commentaires après leur publication: or tout en ne modérant pas mon blog (moyenne 3,5 commetaires par post), je n'ai jamais eu à le faire bien que je croie avoir été souvent polémique et provocateur. Certains commentaires étaient parfois "à la limite" mais je les ai conservés, laissant aux lecteurs le soin d'en juger. Je reconnais que le seuil de tolérance et d'acceptation de critique peut différer d'un blogueur à l'autre.

Pour encourager les commentateurs, j'invite donc ceux qui tiennent à modérer leur blog à 'expliquer "pourquoi et comment" plutôt que de simplement nous dire que "ce blog est modéré", propos à la fois minimaliste et obscur. Voici donc une proposition que je vous soumets - sans droits d'auteur - et que chacun est libre d'adapter et d'améliorer selon ses goûts et besoins:

"Ce blog est modéré. Toutefois, seuls seront refusés les commentaires: susceptibles par leur nature de porter atteinte au respect de la vie privée, de la personne humaine et de sa dignité; contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs; à caractère agressif, diffamatoire ou dénigrant, injurieux, nuisible, menaçant ou abusif; à caractère pornographique, pédophile, ou violent; enfin à caractère publicitaire ou commercial. Aussi, je compte sur votre sens de la mesure et du respect, ce qui ne vous empêche pas d'être mordant, polémique ou provocateur, le débat n'en sera que plus animé! Je m'engage par ailleurs à publier les commentaires le plus rapidement possible, généralement dans un laps de temps de…(heures, jours), sauf bien sûr en cas d'absence. Merci de me lire et au plaisir de vous lire."

Bon été à tous!

 

 

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