30/04/2012

Suisse: Singapour de l'Europe?

Il fut un temps pas si lointain où certains pays étaient qualifiés de "Suisse du…": Suisse du Moyen-Orient (Liban), Suisse d'Amérique du Sud (Uruguay), Suisse d'Asie (Singapour), etc., comparaison flatteuse dont ces pays étaient fiers car cela était synonyme d'ordre et propreté, de bonne gouvernance et de prospérité. Or s'agissant de Singapour, retournons aujourd'hui la question pour savoir si la Suisse mériterait d'être qualifiée de "Singapour de l'Europe": en effet l'élève aurait-il fait mieux que le maître? Apparemment oui. Examinons quelques chiffres:

Lire la suite

16:51 | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook

25/04/2012

Merck-Serono: persiflage et Schadenfreude déplacés

Ces lignes s'adressent à tous ceux qui hurlent avec les loups et qui crient au scandale face à la fermeture du site genevois de Merck-Serono. On retrouve parmi eux certains qui sont sincèrement et profondément fâchés, d'autres qui le "savaient" tout au long et qui clament fièrement aujourd'hui qu'ils nous l'avaient "bien dit", d'autres encore qui s'en gloussent par Schadenfreude, enfin ceux qui y voient la preuve évidente de la nécessité d'une politique genevoise dirigée contre les multinationales. Bien sûr les salariés qui perdent leur emploi ont toute my sympathie.

Les attaques personnelles contre Ernesto Bertarelli vont bon train, manifestement fortement teintées de jalousie mais, quoi que certains puissent penser du personnage, ne sont-elles pas totalement hors propos? En effet, Serono a été vendu à Merck en 2006; cette dernière savait ce qu'elle achetait1, a évalué les risques liés aux facteurs impondérables et a pris une décision: c'est ainsi dans toute transaction. Il arrive parfois qu'on se soit trompé, qu'on ait mal évalué les risques et que la donne ait changé pour des raisons conjoncturelles, technologiques ou géopolitiques qu'on ne maîtrise pas. Il arrive parfois aussi que le nouvel acquéreur ait simplement mal géré l'objet acquis, car en six ans on peut faire pas mal de dégâts.

Le monde économique "mondialisé" est ainsi fait: les entreprises créent des implantations et embauchent du personnel et, à l'inverse, sont malheureusement amenées parfois à fermer, à délocaliser et à licencier: selon la période dans cycle de vie d'une implantation, on s'en réjouira ou on le regrettera.

Evitez toutefois s'il vous plaît de moraliser. La vie est pleine d'incertitudes et de changements: des proches nous quittent; les familles éclatent et se recomposent; certains quittent leur patron et l'entreprise, qui les a pourtant formés, pour un meilleur salaire chez un concurrent. Il serait bien irraisonnable et hypocrite de s'attendre à une sécurité absolue en matière d'emploi, car tout comme pour d'autres facteurs privés et sociaux, la relation d'emploi est teintée d'impondérables et d'imprévus.

Ayant moi-même été longtemps salarié de multnationales, y compris de certaines ayant quitté Genève, je réitère ma sympathie à ceux qui perdent leur emploi et leur souhaite d'en retrouver un rapidement; je reste toutefois convaincu que les multinationales sont indispensables à la prospérité de notre Cité. A nous alors de faire en sorte qu'elles continuent de trouver Genève attractive et qu'elles restent, au bilan, créatrices d'emploi et de richesse. Sans elles, nous ne pourrions pas nous permettre d'offrir des salaires médians de CHF 9000 aux fonctionnaires. Ne scions pas la branche sur laquelle on est assis.


1Du moment qu'il ne semble pas être question de comptes truqués ou d'arnaque

 

12:03 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

20/04/2012

Genève, ville internationale ou simple enclave suisse en France?

En observant l'intérêt que soulève l'élection présidentielle française à Genève sur la TV, la Julie, les blogs tdg.ch et les posts sur Facebook, on peut en effet se poser la question. Par contre que sait-on à Genève sur la politique allemande, britannique, hongroise ou suédoise? Connaît-on même le nom du premier ministre anglais depuis que ce n'est plus Tony Blair? Qui sait quand se tiendront les prochaines élections législatives allemandes? D'ailleurs qui s'y intéresse? Certes, nous sommes peut-être plus concernés par la France parce que nous y faisons nos emplettes, y allons skier ou y possédons une résidence secondaire; ou encore parce que les frontaliers français viennent nous voler nos emplois en pratiquant du dumping salarial. Mais cela explique-t-il à ce point cet engouement, voire ces passions, pour une élection qui au fond ne nous concerne que très indirectement?

Il y a quelques années, un informaticien indien au bénéfice d'un permis temporaire "L" travaillant à Genève pour un projet que je dirigeais alors s'était rendu dans une grande surface consacrée à l'ameublement pour y acheter un lit. Souhaitant des renseignements, il avait cherché un vendeur parlant anglais: "impossible", lui a-t-on répondu: "par contre, nous pouvons vous renseigner en français, portugais, espagnol, serbo-croate ou albanais"…même pas en allemand ou suisse-allemand, pourtant première langue du pays. La seule différence avec Limoges, Angoulême, Tours ou Châteauroux qui n'ont quant à elles aucune prétention d'être des "villes internationales", c'est qu'il y aurait probablement eu le serbo-croate en moins et l'arabe et le kabyle en plus.

En conclusion, soyons un peu plus modestes avec notre prétendue "ville internationale"…car ne serions-nous finalement pas qu'une simple enclave suisse en France, un accident de l'histoire?

13:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

19/04/2012

Energie électrique: que veut-on?

En réalité, on ne sait pas. A lire le dernier sondage en ligne auprès des lecteurs de Tdg.ch concernant l'opportunité de construire cinq ou six "nouvelles" centrales à gaz en Suisse (comme s'il y en avait des existantes…), il y a nettement plus de "non" que de "oui".


à g.: état du sondage le 19 avril 2012 à 11h30



Par ailleurs, on ne veut pas non plus de:

  • gaz de schiste;
  • géothermie profonde;
  • centrales nucléaires;
  • parcs éoliens;
  • parcs solaires;
  • barrages hydroélectriques.


Parc solaire en Allemagne


Voici à quoi ressemble un "vrai" parc éolien:
inimaginable en Suisse!


Or même si d'importantes économies sont encore probablement possibles pour les combustibles et si la consommation de carburants restera tempérée par le prix de l'essence, le besoin en énergie électrique continuera longtemps d'augmenter en Suisse et, à défaut de pouvoir la produire par manque de vision, d'ambition et de courage politique, il faudra bien l'importer: bref polluons, mais ailleurs que chez nous. Prétendre autre chose, c'est du blabla, du pipeau, des billevesées, de la naïveté, de l'ignorance, de la myopie ou enfin pire, des mensonges.

 

 

11:53 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook