29/02/2012

L'Offshoring, une réalité et une opportunité

Même si le mot paraît laid, la tendance qui consiste à externaliser les services informatiques auprès de fournisseurs offshore, notamment en Inde, va en s'accélérant. Ces services vont du développement et de la maintenance jusqu'à l'outsourcing complet. En 2010, la Suisse a importé depuis l'Inde des services informatiques pour un montant de CHF 450 millions, chiffre qui doit être vu dans le contexte des quelques USD 85 milliards exportés la même année par l'ensemble des prestataires de services indiens. Parallèlement, une étude récente de l'OSEC a conclu qu'à l'horizon 2017, la Suisse manquera de 32.000 ingénieurs hautement qualifiés, notamment dans le domaine des technologies de communication et de l'information (TIC)1. La Suisse connaît en effet depuis fort longtemps un déficit chronique de main d'œuvre hautement qualifiée, qui n'est apparemment pas prêt de se combler.


L'importation en croissance régulière de ces services en Suisse est donc inévitable et aucun pays à part l'Inde n'est actuellement capable de fournir en masse les ressources humaines qualifiées nécessaires, que ce soit en Suisse ou à l'échelle mondiale. Représentant environ 5% des exportations indiennes, la Suisse reste le pays européen le plus libéral et ouvert à l'"offshoring" et la bonne compétitivité des entreprises ayant adopté ce modèle témoigne des avantages de cette ouverture. Ramenés à la taille de notre pays, les services informatiques fournis par l'Inde à la Suisse sont en effet quatre à huit fois plus importants que ceux que se procurent nos grands pays voisins. L'offshoring tel qu'il est proposé par les principaux prestataires de service comprend la présence d'une petite équipe sur le site du client alors que la grande partie du travail se fait à distance (v. graphique).

offshoring.jpg

Ci.dessus: proportion du travail réalisable offshore, en fonction du type de tâche (source: Apex Consulting Services)


On évite ainsi au maximum les problèmes de permis de travail et de logement. Une vingtaine d'entreprises indiennes ont des bureaux en Suisse, parmi lesquelles bien sûr les cinq plus grandes que sont TCS, INFOSYS, WIPRO, COGNIZANT et HCL. Quelques entreprises suisses des TIC (mais malheureusement bien peu de romandes) ont également une présence en Inde; citons notamment ADASOFT AG, PIT SOLUTIONS GmbH, SCHMID TELECOM AG, OMNISEC AG et ITPC AG.


L'arcitecture souvent contemporaine des centres informatiques indiens: ici le centre WIPRO à Noida, près de Delhi

wipro_noida.jpg

 

L'offshoring, c'est la mondialisation dans ce qu'elle a de meilleur. On est bien loin des questions de personnel frontalier et de préférence cantonale qui ont récemment fait couler beaucoup d'encre à Genève…


1Comment, avec nos écoles réputées, en est-on arrivé là? Sujet d'un prochain post sur ce blog!

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