25/01/2012

Plus de maths, d'ingénieurs et d'informaticiens, s'il vous plaît!

Il m'est arrivé il y a quelques années d'avoir à gérer un contrat pour la mise à niveau du système financier informatisé d'une importante organisation internationale basée à Genève. Suite à un appel d'offres public, deux sociétés se sont finalement vues attribuer le projet, l'une étant un des géants des services informatiques au niveau mondial (ACCENTURE, CAP-GÉMINI, COGNIZANT, IBM, KPMG, peu importe lequel) alors que l'autre, le partenaire que je représentais à l'époque sur le marché genevois, était un des "big five" indiens (HCL, INFOSYS, SATYAM, TCS, WIPRO, même remarque). La société indienne avait mis sur pied une équipe d'une cinquantaine de consultants pour travailler sur ce projet pendant pratiquement une année, dont une vingtaine se trouvait déléguée sur place, travaillant dans les locaux du client, à Genève[1].

Pour compléter l'équipe, nous cherchions également quelques profils spécifiques que nous pensions toutefois pouvoir trouver, sur place à Genève, sans problème. Une offre d'emploi pour des développeurs disposant de quelques années d'expérience sur différents sous-modules d'ORACLE Finance été publiée dans la presse locale. Résultat: trois réponses de Genève (et de loin pas les meilleures…) et une centaine de France (principalement) et d'ailleurs, dont certaines excellentes. Inutile de vous dire que le choix du client s'est porté sur un candidat étranger.

Quelles conclusions tirer de cette expérience?


  • L'immigration (qu'elle soit "massive" ou non…) concernera également et de plus en plus, les personnes hautement qualifiées et mobiles, prêtes à travailler n'importe où dans le monde.
  • Ces immigrants pourraient fort bien provenir de pays extra-européens, même si la libre circulation favorise naturellement les européens (pourquoi en effet se priver des compétences de chinois, brésiliens, indiens, japonais, russes, taïwanais…s'ils s'avèrent de cas en cas être les meilleurs?).
  • A la base, nos universités et hautes écoles forment insuffisamment d'ingénieurs et d'informaticiens, une des causes étant probablement la faiblesse de la formation en math des genevois dont il a beaucoup été question récemment; les contacts entre le monde économique et le DIP seraient par ailleurs insuffisants, apparemment non souhaités par ce dernier.
  • Ce n'est qu'en faisant des grands efforts en matière de formation dans les domaines techniques et scientifiques, en étant confiants dans l'avenir, en adoptant sans crainte les nouvelles technologies, en restant ouverts, en recherchant l'excellence et en n'ayant pas peur de se confronter aux meilleurs, que l'on avancera. Ce sera le mot de la fin et mon vœu pour 2012.
infosys_mysore.jpg

 

Les "big five" des services informatiques indiens emploient plus de 50.000 personnes uniquement dans leurs centres de compétences en applications ORACLE. Ci-contre, un des nombreux centres de développement de la société INFOSYS, à Mysore, Etat du Karnataka.


[1]Je vous fais grâce ici des efforts déployés pour leur trouver des logements…


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Commentaires

Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Écrit par : mutuelle des chiens | 14/02/2012

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