25/05/2011

Ne touche pas à mes prérogatives, mais à celles des autres !

C'est en réalité ainsi qu'aurait dû s'intituler le dernier éditorial de la newsletter électronique de la CCIG, datée du 24 mai 2011. Sous le titre "Construire chez son voisin", il commente le résultat de la votation sur le déclassement des Cherpines, en faisant le constat que les communes directement concernées, à savoir Plan-les-Ouates et Confignon, ont dit non et que ceux des communes où des projets d’importance cantonale sont en cours, telles que Thônex et Meyrin, ont dit oui. En résumé, les Genevois seraient d’accord de construire, mais chez leur voisin. Il poursuit en affirmant qu'il est impossible d’envisager le développement d’un canton d’aussi petite taille avec un cadre institutionnel qui favorise l’expression de l’individualisme plutôt que la recherche du bien commun, et préconise "[…] une seule solution à ce problème : mettre fin au système actuel, proche de la co-décision entre le canton et les communes, qui prévaut en matière d’aménagement du territoire et de police des constructions. Il faut un seul capitaine à bord et ce doit être le canton "[…]."

D'autres élus ou magistrats à l'échelon cantonal sont probablement d'accord. Mais ils seraient certainement aussi les premiers à hurler si la Berne fédérale se mettait à revendiquer des compétences aujourd'hui cantonales, ou si l'Europe ou l'ONU se mêlaient de vouloir limiter la souveraineté de la Suisse. Il y a une règle du jeu, elle n'a pas changé depuis des décennies et elle est fondée sur une étroite concertation entre le canton et les communes: ça implique notamment d'avoir une vision claire à long-terme, d'être cohérent sur la durée, d'écouter, d'expliquer, d'adapter, de convaincre et de tenir parole: ça peut parfois être lent, mais ça le sera certainement moins si l'ensemble de ces conditions sont respectées et de toute façon, c'est la démocratie, c'est ainsi.

Je n'ai pas de commentaire à faire concernant Meyrin, mais s'agissant de Thônex, les revendications de la Commune au sujet des Communaux d'Ambilly sont simples: elle n'est pas opposée au Plan Localisé de Quartier, qui, rappelons-le, avait été approuvé en 2010 par le Conseil municipal - tous partis confondus - moyennant une seule abstention. En clair: pas d'opposition au projet d'urbanisme ni au nombre d'habitants qu'il implique: par contre l'opposition de la Commune qui s'est manifestée depuis tient au fait qu'il n'a pas été tenu compte des aménagements préalables en matière de circulation routière, pourtant demandés de longue date par une commue sinistrée par le trafic pendulaire, ceci dans un contexte où le Canton n'a pas construit une seule route digne de ce nom depuis trente ans, ne veut pas construire de parkings, n'a rien fait pour fluidifier le trafic sur les grands axes afin de délester le réseau secondaire et le rendre à la mobilité douce et aux habitants ou encore a bâclé depuis trop longtemps le projet de la traversée de la rade ou du lac...un Canton qui présentait encore récemment des projets de région transfrontalière sans mention de la traversée du lac et de l'autoroute de contournement "est"…bref, heureusement que les communes ont encore leur mot à dire!

15:14 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook