17/10/2010

Communaux d'Ambilly - Une concertation exemplaire

On aurait pu espérer que la presse accueillerait chaleureusement le vote quasi-unanime (une abstention) du Conseil municipal de Thônex pour le préavis positif donné par la commune au Plan Localisé de Quartier (PLQ) lors de sa séance du 5 octobre. Les conditions demandées par les élus dans le projet de délibération - essentiellement des mesures d'accompagnement dans le domaine de la mobilité - ne faisaient pour l'essentiel que de formaliser les points déjà négociés de longue date et acceptés par les services de la mobilité et de l'aménagement du canton: cette concertation réussie entre la commune et le canton est en effet exemplaire.

770233963.jpg

Une commune déjà fortement urbanisée

 

Or il n'en était rien. Dans la Julie du 7 octobre, on pouvait lire que les Thônésiens étaient "une petite communauté repliée sur elle-même, taraudée par l'angoisse de voir déferler de nouveaux habitants". Ce décalage entre l'esprit dans lequel s'est déroulé le vote et le compte-rendu qui en a été fait est ahurissant, voire carrément malhonnête. Je vous fais grâce des autres propos désobligeants tenus à l'encontre des Thônésiens et de leurs élus dans cette édition, car le pire était encore à venir. Dans une interview parue dans le "Tout Immobilier" du 11 octobre, M. Stéphane Barbier-Müller tenait entre autres les propos suivants: "j'ai entendu (sic) un élu dire que Thônex ne pouvait pas accueillir les cas sociaux des autres communes: on croit rêver, en pleine globalisation un habitant de Jussy - sauf s'il est très riche et bien-portant - ne pourrait-il pas habiter Chêne-Bourg, par exemple?" Ou encore: "ce ne sont pas moins de 3100 logements que l'on sacrifie ainsi à l'égoïsme des Thônésiens" et j'en passe et des meilleures.

Rappelons quelques faits:

  • Thônex est déjà une commune fortement urbanisée et n'a pas de leçon à recevoir de quiconque en matière de densification de l'habitat.
  • En plus des Communaux d'Ambilly, d'autres urbanisations sont prévues à court terme (quartiers de Clair-Val et d'Etienne-Chennaz notamment).
  • Lors de l'urbanisation récente du quartier dit "des Verchères" (ou Curé-Descloux), la proportion de logements sociaux s'est finalement avérée nettement plus élevée que celle que les services de l'Etat avait initialement annoncée, sans que Thônex ait eu les moyens de réagir: or cette proportion dépasse aujourd'hui 80%.
  • Par le biais de sa Fondation pour le logement, la commune de Thônex tient à conserver un certain degré de contrôle sur les personnes bénéficiant des logements d'utilité publique, en favorisant dans la mesure du possible les personnes nécessiteuses habitant Thônex, ce qui est tout de même la moindre des choses si l'autonomie des communes doit encore avoir un sens.
  • Selon les calculs mêmes de la Direction générale de la mobilité (DGM), l'urbanisation des Communaux d'Ambilly telle qu'elle est prévue actuellement (horizon 15 ans) engendra un trafic quotidien supplémentaire de près de 6000 véhicules par jour en direction et en provenance du centre de Thônex.
  • Alors que la population de Thônex a quasiment doublé en 30 ans, aucune nouvelle route n'a été construite et aucune réelle mesure de fluidification du trafic n'a été mise en place durant cette période, avec des problèmes chroniques de circulation allant en s'aggravant, surtout sur l'axe nord-sud (route de Jussy-avenue de Thônex) pour lequel le futur CEVA n'arrangera strictement rien.

HPIM0706b.jpgVoilà, messieurs les journalistes, quelques éléments du contexte général qui ont été pris en considération dans le projet de délibération de la commune, aboutissement d'un long travail exemplaire mené par les commissions d'urbanisme et de la circulation. A l'avenir, avant de vous livrer à une critique des communes facile et à la mode, documentez-vous un minimum, rencontrez et écoutez les élus, et faites un travail d'information objectif.

Une rue sensée être "de quartier" à Thônex, le soir.

11:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.