21/09/2010

Aspirateurs à voitures - J'en veux !

Les brigades vertes ne veulent pas que l'on construise de nouvelles routes ni de la fluidification des routes existantes au moyen de giratoires, d'échangeurs, de tunnels ou de passages sous-route, sous prétexte que ce seraient des "aspirateurs à voitures". Selon leur raisonnement - bien sûr fallacieux - Monsieur Dupont lirait dans le journal qu'il a été décidé - par exemple - d'aménager la traversée de Vésenaz par un passage sous la localité et se dirait alors : "vite chez mon concessionnaire Auto-Macho pour enfin m'acheter la V8 de mes rêves et traverser Vésenaz matin et soir en faisant vroom-vroum !" et qu'il faut l'en empêcher - lui et ses affreux semblables - par tous les moyens, notamment en supprimant des voies de circulation, en supprimant des places de parking en surface, en bloquant la construction de nouveaux parkings et en remplaçant, par des feux, les giratoires construits il y a quelques années seulement, à grand frais.


sealink.jpg
Ci-dessus: le tout nouveau "Sea-link" de Mumbai (Bombay), Inde, concentrant une grande partie du trafic qui jusqu'à lors passait par le centre-ville: ça vous fait penser à quelque chose...?
Or les Ayatollahs verts oublient les lois essentielles de la science et de l'évidence, et notamment la loi de la conservation de la matière: qu'un véhicule qui circule sur une route A ne peut pas en même temps se trouver sur une route B; qu'un conducteur X ne peux pas conduire deux voitures en même temps[1]; que ce qui encombre nos routes n'est pas le nombre de véhicules immatriculés mais bien le nombre qui se trouve effectivement en train de circuler à un moment donné; que toute personne qui, en Suisse, souhaite posséder une automobile, l'a; qu'à kilométrage égal, les voitures consomment et émettent de moins en moins; enfin, que la population Suisse est stable, vieillit et va bientôt se mettre à décroître, avec les conséquences évidentes en matière de nombre de conducteurs et de kilomètres roulés par an.

 

Les prétendus "aspirateurs à voiture" ne "créent" pas des automobiles à partir de l'ectoplasme ambiant, pas plus que les aspirateurs ménagers ne "créent" les poussières qu'ils absorbent. Les voies de circulation fluides permettent de concentrer le trafic sur des axes prioritaires, délestant ainsi les voies secondaires et les rendant plus aptes à l'aménagement d'une mobilité douce et de proximité. Pourquoi les anti-bagnoles ne se rallieraient-ils pas à cet objectif? Réserver des voies pour les transports publics? Pourquoi pas, mais pas au prix de supprimer les voies pour le reste du trafic et sans que parallèlement soient mises en oeuvre des mesures de fluidification.

aspivoiture.jpg
P.S.: à g: aspirateur pour voiture, sans fil, modèle Black & Decker CHV 4800T, excellent, je vous le recommande vivement !  Lol.

[1] Pour les petits malins, principe d'incertitude de Heisenberg nonobstant

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Commentaires

bien simpliste ce raisonnement !!!!!
tenu par un aspirateur à frique .....

Écrit par : eric | 22/09/2010

Il est évident que pour passer de la Rive droite à la Rive gauche, on est obligé de passer par le centre ville et que si une traversée existait, ce ne serait pas le cas...
Un raisonnement tellement simpliste qu'il en paraît faux aux yeux de ceux qui considèrent que 2+2=4 n'est que la manifestation la plus évidente de l'influence démoniaque du capitalisme mondialisé.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/09/2010

En fait, l'idée des écolos, c'est qu'alors que la population et le nombre d'emplois augmentent, si on n'augmente pas le nombre de routes mais au contraire on prend des voies de circulation pour les réserver aux transports collectifs, voire à une poignée de cyclistes, les gens vont d'eux-mêmes faire le choix d'un autre moyen de transport. Autrement dit, ils pensent que les gens seront vite las des embouteillages ainsi créés de toutes pièces et qu'au-delà d'un certain seuil, le trafic se répartit sur d'autres moyens de transport. (à noter qu'il existerait selon ce raisonnement un seuil d'embouteillage mais que les embouteillages n'ont aucune chance de se réduire une fois ce seuil atteint...)

Mais ceux qui vivent quotidiennement le chaos créé par cette politique le savent bien. En diminuant le débit des routes, on ne diminue pas la quantité de véhicules, mais seulement leur vitesse ! Cette politique est donc un échec complet. Quand donc notre région va-t-elle rejoindre le 21ème siècle et construire les infrastructures correspondant à son agrandissement ?

Écrit par : Kad | 22/09/2010

Pont ou Tunnel pour traverser la rade voilá un super projet de mobilité pour Genève.Pourquoi ne pas faire un financement privé/public pour que le projet puiser voir rapidement le jour...

Écrit par : Suissitude | 22/09/2010

@Suissitude: le problème n'est pas tellement le financement, bien que les partenariats-publics-privés (PPP) devraient être plus répendus; ce qui retarde la traversée du lac, c'est malheureusement une Genève très divisée sur la question couplée d'un excès de prudence et de frilosité de la classe politique.
@Kad: v. aussi mon post sur la monstre bagnolezilla: http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/archive/2009/11/24/bagnolezilla-le-monstre-qui-ne-veut-pas-mourir.html

Écrit par : Ashwani Singh | 23/09/2010

Allez, soyons pragmatiques : plutôt que de se marrer avec des grosses généralités absurdes et charabiesques, réfléchissons sur la réalité.

Je vous propose un jeu: imaginons un instant Ashwani Singh à la tête du département de la mobilité avec les pleins pouvoirs.

Pouvez-vous me dire ce que vous feriez sur 3 routes existantes que vous jugez mal aménagées pour améliorer la situation? Et comment le faire de manière assez réaliste (sans raser des immeubles ou faire des voies souterraines ou aériennes)?

Pour faire l'exercice inverse et prendre un "gros axe", l'une des rues principales les plus exemplaires à Genève c'est pour moi la route des Acacias (même si on pourrait faire encore mieux) : une voie en site propre dans chaque sens pour chaque mode de transport : trottoirs, pistes cyclables (quand personne ne s'y gare), voitures, trams... chacun y a sa place, quel que soit son mode de transport.

Or, les voitures s'embouteillent aux heures de pointe. Alors, une fois élu, que fait Ashwani Singh contre l'aménagement scandaleusement équitable de la route des Acacias? Il supprime les pistes cyclables? Les voies de tram? Les trottoirs?

Libre à vous de prendre un autre exemple. Après, je vous ferai ma sauce à moi à propos du pont du Mt Blanc par exemple...

Je me réjouis de vous lire!

Salutations vélorutionnaires,

Sandro

Écrit par : Sandro Minimo | 07/10/2010

Ben alors, toujours pas de réponse?

Doit-on en déduire que vous n'avez aucune solution concrète et que vous ne faites que brasser de l'air?

J'espère que ce n'est pas le cas!

Écrit par : Sandro Minimo | 17/10/2010

Malgré toute l'estime que j'ai pour vous, cher M. Minimo, je ne suis pas votre élève et n'ai pas à subir un examen dont les règles seraient dictées par vous-même. Je n'ai pas non plus à faire le travail des services payés par les contribuables et sensés assurer la bonne mobilité complémentaire de toutes les formes de transport. Je dirai simplement que j'aimerais voir des tunnels, des passages sur- et sous-route, des giratoires, des parkings et, "last but not least", la réalisation de l'autoroute de contournement "est" (Vésenaz-Vallard ou Vésenaz-Etrembières) avec la traversée du lac. En passant, les Acacias sont une catastrophe, de même que la rue de Lausanne et la Place Cornavin, et on pourrait encore citer de nombreux autres exemples.

Écrit par : Ashwani SINGH | 17/10/2010

Il y a eu beaucoup de controverses sur le contournement ouest de Genève. Aux frais des contribuables. Merci les copains !
Voilà que maintenant on tergiverse sur le contournement est. Mais qui sont ces gens qui n'ont encore rien compris ? Qui veulent freiner un développement inéluctable ?
Et ne me parlez pas de la mort des véhicules à moteur. Ca n'a rien à voir.
A pieds, à cheval ou à vélo, la mobilité perdurera.
Ne rêvez-vous pas d'une course pédestre autour du petit lac ? D'une ballade autour de Genève avec, pour clou du spectacle, le franchissement d'un pont depuis lequel on admirera notre rade et tout ce qui l'entoure ?
Et la ville pourra enfin respirer...
L'horizon 2030 auquel est reporté ce projet est une injure au bon sens.

Écrit par : Jean-Pierre Ehinger | 19/10/2010

En effet, vous n'êtes pas mon élève mais nous sommes dans un débat. Je vous demande simplement d'apporter des solutions et des propositions concrètes, et pas d'envoyer simplement des slogans "Yaka (faire des tunnels)" / "Faucon (fasse des autoroutes)".

Comment, aujourd'hui, sur les axes existants pénétrants en ville (c'est-à-dire là où les problèmes sont les plus aigus), que vous qualifiez de "catastrophes", améliorer la situation? À la route des Acacias par exemple...

Si vous vous refusez de répondre à cette question, j'en conclurai que vous ne savez pas quoi répondre et que, par conséquent, vous avez tort, et que j'ai raison. Ce qui, entre nous, me paraît hautement probable. ;-)

Écrit par : Sandro Minimo | 30/10/2010

@Sandro Minimo :

Le problème ne se pose pas pour Mr Sing voyons, Monsieur à son avion :-P

Et après ça fait des théories et de la politique....

ABE

Écrit par : Gripsou | 11/01/2011

Sandro, pour connaître un peu la manière dont les choses se passent dans les services de la mobilité, la fluidité d'un axe dépend essentiellement de l'organisation des carrefours et de la manière dont sont réglés les feux. Plus que du nombre de voies ou de leur largeur. Des passages sous-voies, par exemple, améliorent grandement la fluidité et ne sont pas forcément une solution irréaliste, financièrement parlant. La preuve, c'est qu'on paie parfois aussi cher qu'ils ont coûté à construire juste pour les démolir, parce que le but final des services de la mobilité n'est pas d'améliorer la fluidité mais de la réduire.
Cela vaut aussi pour les feux qui, de l'onde verte des années septante sont passés aujourd'hui au mur rouge généralisé.

Écrit par : Séraphin Lampion | 11/01/2011

Bien dit, Séraphin L: "parce que le but final des services de la mobilité n'est pas d'améliorer la fluidité mais de la réduire", une phrase que vais certainement rependre à mon compte, sachez-vous remercié d'avance !

Écrit par : Ashwani Singh | 14/01/2011

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