24/03/2010

La traversée du lac et l'aménagement à Thônex

n40850472082_6905.jpgC'est vrai que depuis les élections de l'automne 2009 et le discours de Saint-Pierre en décembre, on n'avait guère entendu nos élus sur le sujet de la traversée du lac. Or dans une interview parue aujourd'hui dans la Tribune, Michèle Künzler affirme que la "traversée n’existera pas avant vingt-cinq ans". S'agit-il de la position officielle du Conseil d'Etat, de la volonté politique de Mme Künzler ou du simple avis personnel de cette dernière? Dans le gouvernement cantonal précédant, nous avions déjà deux ministres qui nous prédisaient la réalisation de la traversée du lac, l'un pour 2020, l'autre pour 2040. Nous espérions que le temps de cette incohérence, pour ne pas dire cacophonie, était révolu. Devons-nous déjà déchanter alors que cette nouvelle législature n'a que quelques mois? Certains députés nous disent sotto voce que PAV est mort, ce qui implique que Colovrex serait mort né. Vrai ou faux? Quelles sont les implications pour le projet de la traversée au lac et l'autoroute de contournement "est"? Cette dernière, pour autant qu'elle se réalise, débouchera-t-elle à Vallard ou à Etrembières?

La loi cantonale impose aux communes de rédiger un plan directeur, un travail lourd pour le personnel de mairie et réalisé à grands frais avec l'aide de mandataires spécialisés. Ce plan sert-il à quelque chose? Comment peut-on sérieusement planifier l'aménagement d'une commune telle que Thônex quand un projet aussi important et structurant que l'autoroute de contournement reste incertain, tant du point de vue de son tracé que de celui de l'horizon de sa réalisation, voire de sa non réalisation?

(v. aussi
http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/a... )

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Commentaires

Ahah. En 2040 on fera pousser des champignons dans les parkings souterrains et les autoroutes seront transformées en potager, alors la traversée de la rade sera le dernier de nos soucis!

Écrit par : Sandro Minimo | 24/03/2010

En 2040, le Canton sera surpeuplé, l'économie sera en surchauffe, il n'y aura plus de logements vacants et les indigènes genevois exclus de leur territoire, reviendront toujours en voiture vers le centre-ville alors là effectivement, on se demandera pourquoi les anciens n'ont pas construit cette foutue traversée de la rade.

Écrit par : sirène | 24/03/2010

Sirène, vous avez probablement raison sur à peu près tout SAUF sur le fait que les indigènes genevois ne circuleront plus en bagnole. En tout cas pas pour l'immense majorité d'entre eux. C'est une évidence car les prix de l'énergie ne permettront plus ce genre de gaspillage aberrant qui consiste à circuler seul dans un véhicule d'une tonne et demie. En tout cas plus pour la grande majorité.

Cette traversée du lac est un rêve de vieux nostalgiques d'une époque où on pensait que l'avenir c'était ça :

http://domz60.files.wordpress.com/2009/04/huge-highway-full-of-cars.jpg

Alors qu'aujourd'hui on sait tous que l'avenir ressemblera plus à ça :

http://blog.pps.org/wp-content/uploads/2009/05/27795566.jpg

Écrit par : Sandro Minimo | 24/03/2010

Déjà aujourd'hui le territoire suisse et transfrontalier est mité, c'est-à-dire les gens se sont dispersés ici et là sans transports publics efficients. Si les bus, tram et trains ne sont pas effectifs pas jusqu'en France et au-delà avec des parkings de rétention des autos, alors le Canton aura du trafic pendulaire au-delà de 2040 mais d'ici là les voitures seront électriques, ou au biocarburant ou à l'hydrogène donc moins polluantes.

Écrit par : demain | 25/03/2010

Les moyens de transport individuels vont évoluer, s'alléger, rétrécir et devenir beaucoup moins polluants, mais ils existeront toujours. Et avec eux la nécessité de voies de transports... pouvant accueillir AUSSI des transports publics. En ce sens, une traversée est nécessaire pour tout le monde, car c'est une dépense d'énergie inutile et la création d'encombrements stupides d'obliger la rive droite à passer par le centre ville pour se rendre rive gauche et réciproquement.
C'est affligeant de devoir le rappeler encore.
Mais l'attitude de Mme Kunzler est pire encore. Elle foule aux pieds la démocratie car tous les sondages d'opinion effectués année après année depuis plus de 10 ans rappellent que les 2/3 des Genevois souhaitent une telle traversée. Sauf un noyau dur d'écolo verts foncés la refusent. La dictature en jupons macramé n'en est pas moins une dictature.
Par ailleurs, depuis son arrivée au pouvoir, l'harmonisation des feux et la répartition des travaux semblent systématiquement organisés pour aggraver les bouchons et le quotidien des automobilistes. Ce n'est pas pour cela qu'elle a été élue, et ce genre de choses devrait pouvoir être traité par le peuple.
A quand une initiative pour obliger les autorités à réguler le trafic efficacement ?

Écrit par : Ras le Bol | 27/03/2010

Halte aux blocages » par Michèle Künzler – paru dans la Tribune de Genève du 11 novembre 2009. http://www.michelekunzler.ch/?p=409#more-409
Dans cette article Mme Künzler parle de démocratie et d'urbanisme participatif. Derrière ces propos démagogiques (perversion de la démocratie) se cache "l'antibagnole" sans courage et sans idée. Le vrai courage est d'accepter le couple "être humain - voiture", couple qui ne divorcera pas avant longtemps et d'organiser une vie commune supportable pour les piétons et les chauffeurs.
Les bouchons de Mme Kunzler polluent; ils nous rendent la vie insupportable et donnent un goût amer à la salade "verte" genevoise.
La traversée actuelle de la rade n'est plus appropriée. Le nier en disant que les genevois n'ont pas besoin d'une autre traversée est une position qui va à l'encontre du développement durable de notre région. Pour conclure: je vis aux Eaux-Vives depuis 54 ans. Les eaux-viviens ont proposé des aménagements magnifiques pour leur quartier, entre autre la refonte complète de la place du Pré-l'Evèque et de Eaux-Vives avec un parking, pour que les habitants de ce quartier puissent passer sous des arbres et non entre leurs voitures.... Ces belles idées citoyennes (urbanisme participatif) qui nous auraient rendues la vie plus calme et plus sûre ont été rejetées, détruites par ces "Verts" durs, qui veulent nous faire croire qu'ils sont démocrates et qu'ils sont à l'écoute de la population.
Imaginons! Depuis son élection au gouvernement Mme Künzler doit vivre un conflit de loyauté paroxystique... Partagée entre l'élan du désir d'un vrai développement durable (avec hautes tours, traversée de la rade supplémentaire et moins de circulation en ville) et le regard doctrinaire des "verts" durs qui ont permis son accession au trône. On ne peut pas se cacher toute sa vie derrière un arbre!

Écrit par : Xavier Cardinaux | 27/03/2010

Il est certain (si l'on en croit les sondages cités par le préopinant "ras le bol") qu'une volonté de traversée construite le plus rapidement possible sortirait de n'importe quelle expérience d'urbanisme démocratique et participatif à l'image de ce que nous vantait Mme Kunzler dans sa campagne.
Mais aura-t-elle la capacité de se plier à la démocratie ou fera-t-elle au contraire des pieds et des mains pour la contourner ? Comme Cramer en son temps, qui enterra discrètement le projet de traversée concocté par ses propres services après une vaste et coûteuse procédure de consultation qui avait été annoncée à grands renforts de publicité ?
Les Verts seraient-ils en passe de devenir les champions de la manipulation politique ?

Écrit par : Goût de bouchon | 27/03/2010

@ Xavier Cardinaux :

Je n'en reviens pas de vous lire : "Le couple être humain-voiture" ne divorcera pas avant longtemps?!

Avez-vous la moindre idée de la réalité? Aujourd'hui en Ville de Genève ce sont près de 40% des ménages qui n'ont pas du tout de voiture, et ce chiffre est en constante augmentation. Dans le quartier de Plainpalais, il y a 0.4 voiture pour 1 habitant, ce qui signifie que 60% des êtres humains qui y habitent n'ont pas de voiture! Une grosse majorité, donc. Je ne vous citerais pas les exemples de Michèle Künzler, Robert Cramer ou encore PIERRE MAUDER (si, si) qui vivent sans posséder de voiture. Et qui vivent très bien!

Alors certes, ces gens vivent en ville, mais ça prouve que c'est possible.

Le couple "être humain-voiture" est donc un couple qui bat sacrément de l'aile, pour autant qu'on investisse dans des moyens pour que ce couple ne soit pas indispensable. Et donc arrêter d'investir dans des nouveaux projets routiers (type traversée de la rade) qui vont engloutir nos budgets transports pour des dizaines d'années. Tout ça pour faire quoi? Pour continuer la fuite en avant qui fait que + de trafic = + de routes = + de trafic = + de routes, etc. Et on ne s'arrête jamais.

La SEULE solution pour enrayer cette folie c'est de DIMINUER le trafic, et non pas de le déplacer sur de nouveaux axes. Pour ça il faut :

1- + de transports publics, donc + de sites propres et des feux préférentiels à tous les croisements

2- des pistes cyclables continues et sécurisées sur tous les axes

Ce qui veut dire : réduire la place pour la bagnole!

Concernant les Eaux-Vives, je vous rappelle que les Verts n'ont pas réussi à empêcher le parking Pré-l'Evêque (le référendum n'a pas abouti) sauf que ce parking étant sur une nappe phréatique, il va coûter TRÈS cher à construire et le prix des places sera donc exorbitant. Les habitants qui paient aujourd'hui un macaron et squattent les rues avec leur bagnole ne paient donc pas le VRAI PRIX d'une voiture en ville, qui se doit d'être exorbitant, donc inaccessible au commun des mortels.

La justice sociale la plus élémentaire revient donc à dire qu'il ne s'agit pas seulement d'en priver les pauvres, et donc d'interdire à tout le monde l'entrée et le stationnement en ville (sauf livraisons, etc.). Voilà pourquoi l'avenir est à une ville sans voitures.

Amitiés,

Sandro

Écrit par : Sandro Minimo | 28/03/2010

Il fallait lire "Pierre Maudet" bien sûr (j'étais dans les rimes en "er")...

Et encore une chose : lorsqu'on parle des ménages ou individus sans voiture, on ne parle pas de tous ceux et celles qui en ont une mais ne l'utilisent que le week-end ou moins souvent encore... et ils sont nombreux!

Écrit par : Sandro Minimo | 28/03/2010

@Sandro Minimo:
1) Bien sûr que les privilégiés qui habitent le centre-ville et qui y travaillent peuvent se passer de voiture; c'est le cas notamment des jeunes, des célibataires, des divorcés vivant seuls, des couples sans enfants, etc. etc. Certains n'ayant pas de voiture en ville en ont par contre une à leur chalet ou leur résidence secondaire dans le Valais ou en France voisine, ne l'occultons pas…. Par contre la situation est très différente pour les familles avec de jeunes enfants, pour les nombreuses personnes n'ayant pas la chance de trouver un logement au centre et enfin pour toutes celles et ceux pour qui le parcours domicile-travail est très mal desservi par les transports publics - et le restera.
2) Une traversée du lac pourrait être prévue pour intégrer le rail, ainsi que cela a été proposé dans les groupes de réflexion "Actes Industries" de l'OPI et de la CCIG en mai 2009 et ainsi que je n'ai cesse de le rappeler sur mon blog
3) La traversée du lac et l'autoroute de contournement "est" sont des projets fédéraux, avec ou sans le rail, donc la remarque sur les finances cantonales est hors propos.

Écrit par : Ashwani Singh | 29/03/2010

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