30/09/2009

Infrastructures, constructions: pourquoi à Genève c'est si lent et si cher?

Je ne parle ici que des infrastructures et constructions à la charge des collectivités publiques cantonales et communales, à savoir routes, prisons, groupes scolaires, piscines, mairies…Pourquoi payons-nous par exemple 40 millions pour un groupe scolaire, 20 millions pour l'extension d'une mairie ou encore un million pour une piste cyclable de quelques centaines de mètres alors qu'ailleurs en Suisse ces réalisations coûteraient la moitié, voire même le tiers ou le quart dans les pays européens voisins, sans parler du fait qu'ils seraient réalisés en une fraction du temps?


Beaucoup a déjà été dit sur les multiples oppositions et recours que rencontrent souvent ces projets, mais qui n'expliquent de loin pas tout. Dans de nombreux domaines, notre administration nous impose des normes et conditions plus exigeantes qu'ailleurs, et nous en payons le prix plusieurs fois: par le biais de nos impôts pour financer les salaires de ces fonctionnaires sans doute sincères mais zélés, par les coûts qu'ils nous imposent sous forme de normes qui sont parfois des "genevoiseries" pas réellement utiles et par les mandats confiés aux multiples "experts", dont nombreux vivent fort bien uniquement des crédits d'études, des études d'impact et des expertises et contre-expertises, que l'objet en question se réalise in fine ou non. Ainsi, nous mettrons probablement dix ans pour construire une prison luxueuse qui coûtera quatre fois trop cher qui sera d'avèrera quatre fois trop petite lors de son inauguration, exemple que l'on peut répéter à l'infini.

Je m'étonne du peu de débat autour ce des questions et j'espère que la nouvelle législature s'en saisira à bras le corps. Il faut en finir avec ce perfectionnisme pointilleux et le plus souvent inutile, qui alourdit considérablement les coûts des projets, rallonge leur délai de réalisation au point où ils sont inadaptés (insuffisants ou inutiles) au moment de leur inauguration, voire qui ne sont jamais réalisés bien que nécessaires.

Nous n'avons pas les moyens financiers qu'ont Abu Dhabi, Dubaï et le Qatar. Il est donc nécessaire que nous abrogions les normes excessives et inutiles. Accordons-nous avec les autres cantons, simplifions les procédures et…avançons - avec des projets réalisables et pragmatiques!

( v. aussi http://www.apexserv.com/asingh/gouvernance.php )

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Commentaires

Pourquoi Genève est si lente et si chère ?
En premier chaque fois qu'un projet est créé, la mise en oeuvre est avant tout un moment démocratique où il y a des blocages, des référendums qui ralentissent de fait celui-ci. Une fois, le consensus obtenu et les oppositions enlevées, il y a les procédures administratives (déclassement de terrain... ) beaucoup trop longues et compliquées à souhait qui dépendent parfois de plusieurs services de l'Etat mal coordonnés et éclatés et donc peu performants. Une fois que le projet a reçu toutes les autorisations et avant sa mise en route, il y a les appels d'offre. Là le choix fait partie d'un imbroglio à la sauce genevo-genevoise difficile à percevoir comme simple citoyen. Et là commence vraiment le chantier avec sa litanies de problèmes, souvent à Genève des travaux de tram durent des années lumière alors que dans n'importe quel pays du monde, le même chantier serait fini dans de meilleurs laps de temps et à moindre coûts. Alors viennent toujours les mêmes excuses : les travailleurs sont mieux payés qu'ailleurs, les charges plus lourdes, etc... Ce que le politique et l'administration n'a pas encore compris c'est la VITESSE = RICHESSE. Si le CEVA ou la traversée de la Rade est faite en 2/3 ans, c'est tout le tissu économique qui reprendra un peu de souffle. Stocker le flux du trafic par conviction ou par inefficacité dans l'avancement des chantiers n'est pas salutaire au développement de la région

Écrit par : demain | 30/09/2009

Merci, demain, pour cet éclairage et cette appréciation lucide et malheureusement trop juste des causes des lenteurs et bloquages. Les Genevois - tant le public que l'administration - devraient faire un petit voyage d'études en Chine ou à Abu Dhabi. Dans le tiers du temps que nous mettrons pour construire une toute petite prison, on y aura construit des villes nouvelles de 50.000 habitants. V. à cet effet le projet "Masdar": http://www.masdar.ae/en/home/index.aspx , ville sans voitures, avec monorails, fonctionnant entièrement à l'énergie solaire, où tout sera recyclé, etc. Genevois, réveillons-nous ! Le reste du monde avance !

Écrit par : Ashwani Singh | 30/09/2009

Aschwani,

c'est une bonne analyse, mais tu oublies les conseillers municipaux qui demandent à l'architecte de revoir 3x leurs copies. Cela a un cout aussi sur l'extension d'une mairie. ;-)

Écrit par : Philippe C | 30/09/2009

@Philippe C: c'est vrai que ça peut arriver, mais si c'est pour faire baisser les prix de 30 millions à 20 millions...le contribuable sort gagnant malgré tout...;-)

Par ailleurs les modifications demandées sont souvent le fait des administrations communales - plus directement impliquées - plutôt que des Conseillers municipaux, qui ne voient le projet et qui n'interviennent souvent qu'en bout de chaîne.

Écrit par : Ashwani Singh | 30/09/2009

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