15/04/2013

Facebook et les candidats aux élections

Année électorale oblige, nombreux sont les candidats qui nous bombardent de messages sur Facebook et le phénomène ne va que s'amplifier jusqu'en automne. Peut-être s'imaginent-ils qui cela leur apportera des voix. Or d'être visible et actif sur Facebook est à double-tranchant. Pour autant que l'activité soit raisonnablement espacée et que les propos tenus soient originaux, intelligents, profonds et sensés, cela sera pourrait être perçu comme positif. Ceux qui par contre passent leur journée sur Facebook ne font qu'étaler l'évidence qu'ils n'ont pas grand-chose à faire dans le cadre de leur activité professionnelle: s'ils appartiennent à des professions libérales ou sont indépendants, on évitera donc de faire appel à leurs services; s'ils sont fonctionnaires, c'est grave (au moins, s'ils sont salariés du secteur privé, ils peuvent toujours se faire virer!).

Votons d'abord pour des candidats qui ont des idées, un programme, du courage, qui inspirent confiance et qui, s'agissant des réseaux sociaux, font preuve de maturité. Ceux-là auront un site Internet, un blog, un compte Twitter et une page Facebook (à distinguer d'un profil Facebook), et sauront les utiliser chacun à bon escient, avec mesure et intelligence, même parfois avec humour. Ils soignent également leur orthographe…

Puis il y a ceux qui n'ont rien compris à tout cela, qui passent leur temps sur Facebook à nous dire "belle journée", "temps pourri" ou d'autres banalités et âneries pendant leurs heures de travail (ce qui n'empêche pas qu'ensuite 50 abrutis disent qu'ils "aiment"), ou tout au plus à nous servir des copiés-collés d'articles TdG. Ils ne font que de nous prouver qu'ils sont, au fond, creux et immatures. Vous voulez voter pour eux? Moi pas.


(P.S: je ne suis pas candidat).

12:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

15/03/2013

Encore de l'"excellent" journalisme

A la une du GHI du 13-14 mars 2013, le rédacteur en chef Giancarlo Mariani fustige les socialistes, incapables selon lui de choisir deux candidats pour le Conseil d'Etat mais qui, en en proposant quatre, montrent "…qu'à leurs yeux, aucune personnalité ne s'impose réellement". Il ajoute plus loin que "…la droite, beaucoup plus unie dans cette élection, n'avait pas besoin d'un tel cadeau".

Or on lit en page 17 du même numéro, sous la rubrique "L'Actu de Pascal Décaillet", un éloge à ces mêmes quatre socialistes - "quatre compétences" - qui, étant tous passés sur son plateau de "Genève à chaud", sont donc forcément "bons". Il ajoute qu'en abordant l'élection avec quatre candidats de qualité, la spirale de la défaite est peut-être enfin enrayée au PSG. Mais ce n'est pas tout: il fallait bien sûr décocher une flèche à sa bête noire favorite, le PLR "…qui a le culot et l'arrogance de ne présenter que les trois sortants. Punkt Schluss".

L'autoproclamé "excellent" journaliste, ignoré par bon nombre au PLR et par conséquent touché dans son amour-propre, n'hésite pas à utiliser un argument un jour et son contraire le lendemain, dans des pseudo-démonstrations dont le but est surtout de se mettre en avant et de régler ses comptes. Car il est certain que si le PLR avait présenté cinq candidats, il aurait tout autant fait l'objet d'un commentaire vitriolé.

Un chroniqueur n'est bien sûr pas tenu d'adhérer à la ligne rédactionnelle d'un journal, mais il faut au moins qu'il soit cohérent. Heureusement que, s'agissant du GHI, les lecteurs s'intéressent plus aux rubriques "location d'appartement" et "vente de voitures" qu'aux billets de tel ou tel chroniqueur.

10:42 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

13/03/2013

Politique spectacle et un certain journalisme

Avouons-le, en dehors du microcosme que constitue la classe politique genevoise et donc pour la grande majorité de la population, la politique reste un sujet plutôt ennuyeux. Concurrencer l'attrait médiatique du sport, des people et de la téléréalité est quasi impossible, d'où la tentation de certains journalistes, et d'un en particulier que tous reconnaîtront, de produire artificiellement du "spectacle" en utilisant les vieilles ficelles du métier, que ce soit à la télévision, dans la presse écrite ou sur les blogs: pamphlets, polémique, manipulation, provocation et attaques personnelles à la limite de la diffamation, en s'érigeant en outre en juge suprême, en Grand Inquisiteur et en distributeur de bons et de mauvais points, le tout avec une parfaite suffisance.

Lorsque l'on est vexé d'être suprêmement ignoré par ceux qui détiennent un vrai pouvoir populaire fondé sur leur popularité et leur compétence, on doit avoir recours, notamment sur les plateaux de télévision, aux "outsiders" tonitruants qui ont pas de bilan à défendre et tout à gagner, ou aux "jeunes espoirs", parfois admirés mais souvent aussi manipulés et utilisés: donc spectacle garanti.

Or cette forme de journalisme oublie une chose fondamentale: en Suisse, la culture politique est faite de dialogue, de respect, de partenariats entre les acteurs politiques, économiques et sociaux, de compromis, d'avancées pas à pas que l'on espère cohérentes et durables et qui, majoritairement, le sont. Si certains dénigrent et insultent ce système en le qualifiant de "politique des petits copains", sachons qu'il a fait et fait encore la prospérité et la stabilité politique de la Suisse: ceux qui se drapent dans notre drapeau à la moindre occasion feraient bien de s'en souvenir.

Le métier de journaliste et de commentateur politique qui informe et encourage le débat mérite respect, de même que les efforts visant à susciter l'intérêt pour la politique face à une population largement apathique, ceci d'autant plus que la politique suisse est souvent (Dieu merci?) ennuyeuse. Mais restons dans les limites: il y a suffisamment de politique spectacle et clownesque chez nos voisins, qui par ailleurs sont plutôt en mauvaise posture. Ne cherchons surtout pas à les imiter.

10:33 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  Facebook

20/02/2013

En Inde, création de la plus importante base de données biométrique mondiale

Près de deux ans et demi après son lancement en septembre 2010, le projet AADHAR (hindi pour "support" ou "fondation") présente à la fois de grands défis et d'énormes opportunités pour les prestataires de services informatiques indiens et étrangers. La complexité est liée au nombre de données à traiter: en effet, créer la plus importante base de données biométrique au monde portant sur 1,2 milliards d'habitants et la mettre continuellement à jour avec de nouvelles données est une tâche gigantesque.  Géré par un comité pilote comprenant des représentants du gouvernement ainsi que du secteur privé, le projet est réalisé par différentes entreprises sous mandat du gouvernement indien.

HY21-AADHAR_729734f.jpg aadhar3.jpg
Ci-dessus: prises d'empreintes digitales et photographie des rétines dans un des 36'000 centres Aadhar répartis dans tout le pays

Un numéro de dix chiffres est attribué à chaque résident du pays, puis stocké dans une base de données centralisée et lié à des données démographiques (nom, âge, sexe et adresse) et biométriques (photo, dix empreintes digitales et les images des iris des deux yeux). Actuellement, environ 250 millions de cartes d'identité basées sur AADHAAR ont déjà été émises, et près d'un million de nouvelles cartes sont émises chaque jour. La demande d'une carte AADHAAR est purement volontaire, mais les avantages sont tels qu'il est probable que quasiment toute la population du pays voudra être ainsi fichée d'ici deux à trois ans.

AADHAR4.jpg

Le système permettra pour la première fois aux couches sociales les plus défavorisées  de disposer d'une vraie pièce d'identité leur permettant - par exemple - d'ouvrir un compte bancaire. Lorsque le programme aura atteint sa taille définitive, il sera dix fois plus important que celui de la deuxième plus grande base de données biométrique mondiale, celle de la FBI aux Etats-Unis. Les défis techniques (ampleur du projet, nombre de requêtes par jour, rapidité d'accès…) créent d'énormes opportunités pour les entreprises, tant indiennes qu'étrangères.


à g.: les migrants, les populations tribales et les autres couches sociales les plus défavorisées pourront enfin posséèder une vraie pièce d'identité.

13:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

28/01/2013

24 janvier 1966: un Boeing s'écrase contre le sommet du Mont Blanc

Le matin du 24 janvier 1966, le vol Air India 101 venant de Beyrouth s'est écrasé contre le Mont Blanc lors de sa descente vers Genève. Le vol 101 de Mumbai à Londres était assuré par un Boeing 707 immatriculé VT-DMN (et, pour le détail, portant le nom de "Kanchenjunga", un sommet de l'Himalaya haut de 8600 m…). 

Alors que l'avion se trouvait au niveau de vol 190, soit à une altitude d'environ 5700 m, l'équipage a reçu l'instruction qu'il pouvait descendre vers Cointrin. Le pilote, croyant avoir passé le Mont Blanc, a amorcé sa descente et s'est écrasé contre la montagne à une altitude de 4750 m, soit à 58 petits mètres du sommet. Tous les 101 passagers et les 11 membres de l'équipage ont péri sur le coup. Parmi les victimes se trouvait le Président de la Commission indienne pour l'énergie atomique, le Dr. Homi Jehangir Bhabha, qui se rendait au CERN, raison pour laquelle certains ont cru à un acte de terrorisme des services de tel ou tel état. D'autres avancent l'hypothèse d'une collision avec un avion de chasse français ou italien, affaire qui aurait été étouffée. 

_________________________________________________

Boeing 707 de la compagnie Air India

_________________________________________________

Lieu de l'accident, sur l'arrête sommitale

Je m'abstiendrai de commenter les conclusions de l'enquête officielle du BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) concernant l'enchaînement des événements ayant causé l'accident (télécharger le rapport). J'écris toutefois ces lignes pour deux raisons: 

  • J'avais moi-même fait le voyage en avion de l'Inde pour rejoindre mes parents à Genève juste quelques semaines plus tôt, le 15 décembre 1965 pour être précis, et l'accident avait bien sûr laissé une forte impression sur le jeune de 16 ans que j'étais alors; un sac postal de l'avion avait été récupéré à Chamonix et, dans les jours suivant l'accident, mes parents avaient reçu plusieurs lettres de parents  et d'amis en Inde, portant le tampon de Chamonix.
  • Près de 50 ans plus tard, des débris du Boeing continuent de faire surface aux pieds des glaciers entourant le Mont Blanc - et tout particulièrement au glacier des Bossons. C'est ainsi que je me suis trouvé récemment en possession d'une plaque métallique (v. photo): un raidisseur est riveté sur sa face intérieure - reconnaissable à la couleur verte (paraissant bleue sur la photo) du traitement anticorrosion à base de chromate de zinc - alors que sa face extérieure est blanche, probablement par anodisation plutôt que par peinture. Il m'est impossible de dire s'il s'agit d'une pièce provenant du fuselage, des ailes ou de l'empennage, et la pièce est d'ailleurs probablement trop petite pour que même un expert puisse en tirer des conclusions.

Je garde cette pièce en hommage à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie le jour fatidique du 24 janvier 1966 lors de l'accident du vol Air India 101. 

_________________________________________________

Face intérieure

_________________________________________________

Face extérieure

15:15 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

27/11/2012

Climat: au Qatar, ça va chauffer !

Alors qu'en ce moment même, des dizaines de dirigeants nationaux, de diplomates, de représentants d'ONG et de journalistes convergent sur Doha pour le Sommet des Nations Unies pour les Changements Climatiques, le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) montre qu'en matière de climat, les choses vont de mal en pis. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont actuellement d'environ 50 gigatonnes d'équivalent CO2 (GtCO2e), soit de 20% supérieures à leur niveau de 2000 et, tout aussi préoccupant, déjà de 11% plus élevées que l'objectif visé en 2020 pour garantir un réchauffement mondial général limité à deux degrés (zone rouge du graphique ci-dessous). Au rythme actuel, les émissions atteindront 58 GtCO2e en 2020, soit 14 GtCO2e de plus qu'elles ne devraient être pour une hausse maximale de deux degrés de la température moyenne mondiale. 

Le problème vient du fait que, mis à part la Suisse et dans une certaine mesure l'Europe, les engagements pris par les Etats en matière de volume de réduction des émissions ne sont de loin pas suffisants. Le PNUE a examiné l'impact des promesses de réduction faites par différents pays depuis la conférence de Copenhague de 2009. Si les pays se limitent uniquement à respecter leurs engagements de base tout en tolérant de nombreuses dérogations, l'effet sera quasiment nul, l'éventuelle économie d'émissions n'étant alors que d'un GtCO2e par rapport au simple "laissez-faire" (cas A du graphique). Mais même si des mesures très ambitieuses assorties de règles strictes étaient mises en place, on n'atteindrait pas la moitié de l'objectif de réduction nécessaire pour limiter le réchauffement mondial à deux degrés (cas B), et d'ailleurs les émissions continueraient d'augmenter au-delà de 2020. 

Ces conclusions vont dans le même sens que celles de l'Agence internationale pour l'énergie dont il a été fait état la semaine dernière (cliquez ici). Or c'est bien dans ce contexte qu'en Suisse, la Loi sur le CO2 entre en vigueur le 1er janvier 2013: de toute évidence, à l'échelle mondiale, ses effets resteront malheureusement, pour dire le moins, limités. 

greenhouse.jpg

18:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

19/11/2012

L'énergie à l'horizon 2035, rapport de l'AIE: aïe, ça risque de faire mal !

Le très attendu rapport annuel de l'Agence internationale sur l'énergie (AIE) a été publié le 12 novembre 2012. Bien que notre presse locale s'en soit peu faite l'écho, il s'agit bel et bien d'une bombe, car ses projections diffèrent fondamentalement de celles d'il y a un an. Le nouveau facteur, largement imprévu, est la rapidité avec laquelle les Etats-Unis et le Canada investissent dans le pétrole et le gaz de schiste et, dans le cas du Canada, dans le pétrole extrait des sables bitumineux. A l'horizon 2020, les Etats-Unis deviendraient ainsi le premier producteur mondial de pétrole dépassant l'Arabie Saoudite et en deviendraient même un exportateur dès 2030. Dès 2017, les Etats-Unis dépasseraient la Russie pour devenir le premier producteur mondial de gaz.

Malgré l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité et malgré d'importants efforts consentis en matière d'économies d'énergie, le scénario de l'AIE prévoit que la demande pour l'énergie fossile continuera de croître significativement: alors qu'elle n'augmente que peu dans les pays de l'OCDE, elle augmente de 60% en Asie. Ainsi, à l'horizon 2035:

  • la demande en pétrole (y compris le gaz liquéfié assimilé), atteindra 99 mio de barils par jour soit une augmentation de près de 20%;
     
  • la demande en gaz augmentera de 50%, pour atteindre cinq mille milliards (trillions) de m3;
     
  • la Chine, la Corée, l'Inde et la Russie notamment, continueront d'investir dans des centrales nucléaires; toutefois, la Chine et l'Inde investiront principalement dans des centrales au charbon; résultat: une demande en charbon qui augmentera de 21%.

 

UMPP.jpg

Toujours selon le rapport de l'AIE, ceci aura pour conséquence que les émissions de gaz à effet de serre, actuellement de 31 gigatonnes (Gt), atteindront 37 Gt en 2035. On est donc très loin de la diminution de 20% par rapport à 1990 souhaitée par les différentes initiatives  dites de l'"après Kyoto", parmi lesquelles le "Plan climat" de l'Union européenne et, chez nous, la Loi sur le CO2 qui entrera en vigueur 1er janvier 2013.


 à g.: projet d'une des 12 centrales thermiques au charbon en Inde, chacune de puissance de 4 GW (soit dix fois Mühleberg...)

Cette augmentation des émissions pourrait provoquer à long terme une augmentation de la température moyenne mondiale de 3,6 degrés, dépassant donc très probablement le seuil de 2,0 degrés visé par les initiatives "après-Kyoto".

Des belles déclarations d'intention ont été faites en 2011 à Durban et seront sans doute répétées la semaine prochaine à Doha mais à l'échelle mondiale, l'Union européenne et la Suisse sont malheureusement encore très seules, introduisant des mesures peu suivies dans le reste du monde.

Sans que cela ne soit pour autant une raison de ne rien faire, nous devons rester lucides et modestes, en étant bien conscients que quoi qu'on fasse en Suisse, cela n'aura strictement aucun effet, ni sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre, ni sur le réchauffement planétaire. Entre temps, nous nous donnons bonne conscience, nous améliorons notre image et nous montrons l'exemple à ceux qui voudront bien se donner la peine de s'y intéresser. La mobilisation mondiale, quant à elle, n'a malheureusement pas encore eu lieu. Elle devient urgente.


Sources: International Energy Agency:

http://www.iea.org/newsroomandevents/pressreleases/2012/n...

http://www.iea.org/multimedia/video/name,33413,en.html

14:35 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | |  Facebook

24/10/2012

Electricité zéro nucléaire à Genève (suite): réponse de SIG

Ce post fait suite à ceux des 6 et 11 août derniers - que je vous invite à consulter - dans lesquels je critiquais la communication de SIG destinée à ses clients selon laquelle l'électricité distribuée était zéro pourcent nucléaire. Je m'étais adressé à SIG en demandant des explications et en m'engagent à les publier. C'est aujourd'hui chose faite. Je vous laisse en prendre connaissance.

Lire la suite

10:07 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  Facebook

04/10/2012

Constitution: votons oui et finissons-en !

J'ai voté oui. Sans enthousiasme. Par respect pour le travail des constituants. Par devoir civique. Par conscience qu'un refus du projet qui nous est présenté nécessitera probablement une répétition de tout l'exercice, fort coûteux, avec un résultat qui risque bien de ne pas être meilleur. Enfin, un facteur déterminant dans ma décision a été de lire les arguments saugrenus et fallacieux des opposants.



Les constituants dont les valeurs et les points de vue sont proches des miens étaient pourtant largement majoritaires. Ils auraient sans doute pu passer en force sur bon nombre de sujets. Je l'espérais. Ils ont préféré la voie du compromis et les compromis ne sont jamais enthousiasmants.

Ainsi, on se retrouve aujourd'hui avec une constitution trop longue, traitant de bon nombre de sujets qui n'ont rien à y faire. L'interdiction du nucléaire? Il est à tel point criant d'évidence qu'il n'y aura jamais de centrale nucléaire sur le territoire genevois pour se demander pourquoi il était encore nécessaire de le mentionner explicitement dans la Constitution. Mais c'est vrai que cela aurait pu être pire: on a au moins évité d'interdire la pédophilie, la traite des blanches et le travail des enfants, et de condamner au passage le génocide arménien et le régime syrien.

Il y a ensuite l'incontournable brassage d'air sur le développement durable, décrit…comme "nouveauté innovante"! Quant aux politiques propres à réduire les gaz à effet de serre, il est évident que les constituants n'ont pas pris connaissance de la nouvelle Loi fédérale sur le CO2 adoptée par le Parlement en décembre 2011, qui définit avec précision les tâches des cantons en la matière, et le fait d'évoquer le les gaz à effet de serre dans la Constitution genevoise n'est qu'une gesticulation de plus. Je passe sur les nombreux "droits" à ceci, à cela et à Dieu sait quoi encore, dont on se demande comment ils pourront être financés.

 J'aurais de loin préféré un projet nettement plus court car je reste convaincu que l'on peut évoquer les droits fondamentaux, les droits politiques et les règles d'élection et du fonctionnement de l'Etat, sans superflu et sans verbosité. Car c'est au fond bien de cela qu'il s'agit dans une Constitution. 


à d.: la constitution fédérale américaine date de 1789; elle n'a été amendée que 27 fois depuis, elle compte sept articles et reste toujours en vigueur

Pour conclure, je m'adresse dans ces lignes aux nombreuses personnes un peu déçues, un peu lasses et apathiques qui, comme je l'ai été moi-même, penchent vers l'abstentionnisme: votons "oui" car c'est probablement le moindre mal, puis passons à autre chose !

 

11:29 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | |  Facebook

03/09/2012

En Inde, l'avenir est noir

Tout comme en Chine, le charbon constitue et constituera longtemps encore la principale source d'énergie électrique. Déjà pas loin d'un milliard de tonnes (en partie importées) par an sont extraites uniquement pour la production d'électricité, sans parler de la consommation de charbon dans la sidérurgie et dans d'autres secteurs industriels. Alors que hydro-électrique représentait plus de la moitié de la production d'électricité indienne en 1960, elle n'en représente que 14% aujourd'hui, la croissance ayant été essentiellement réalisée au moyen de combustibles fossiles.

coal_india2.jpg

coal_india3.jpg

 


ci-dessus: nouvelle centrale de haute puissance
en Inde

Avec les différents projets de de centrales thermiques de puissance dite "utra-méga" (4 GW ou plus), cette tendance ne va que s'accentuer. Ainsi, selon une étude de McKinsey, le seul secteur de la génération d'électricité en Inde verra ses émissions de carbone augmenter de 250% d'ici à 2030, et sera responsable de 10% de l'augmentation des émissions de carbone mondiales. En tenant compte des émissions chinoises - bien plus importantes encore - on peut alors relativiser les mesures (et mesurettes) prévues - ou les supplémentaires que certains voudraient encore nous imposer - à Genève et en Suisse, et qui n'auront malheuresement AUCUN impact sur les émissions de carbone à l'échelle de la planète: elles ne serviront en effet qu'à tenter de respecter le mieux possible nos engagements internationaux. On peut le regretter, mais c'est ainsi. Qu'on se le dise.

 

10:05 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  Facebook

11/08/2012

SIG et électricité nucléaire (suite)

SIG nous asssure que l'électricité qu'il distribue est zéro pourcent nucléaire, information confirmée par un auditeur indépendant. Fort bien. Or la démarche me paraît mériter un examen sérieux et je compte bien aller au fond des choses: m'informer sur la méthodologie adoptée, sur l'identité des  auditeurs et sur la nature précise du mandat qui leur est confié1. En attendant d'être confirmé, le scénario serait le suivant: SIG achète de l'électricité par exemple à EDF. Cette dernière produisant environ 25% de son électricité par des procédés non-nucléaires (hydroélectriques et fossiles, le reste étant de la gnognotte), elle peut donc en toute honnêteté affirmer que la part (minime) de sa production vendue à SIG est inférieure à la part non-nucléaire (on peut ensuite supposer qu'EDF donne les mêmes assurances aux autres clients qui les demanderaient et espérer qu'un organisme neutre et indépendant vérifie qu'effectivement le total de 25% n'est pas dépassé). Mais voilà, c'est un peu comme si l'on achète un grand paquet de poudre à lessive de sa marque préférée lors d'actions avec "20% gratuits!" et qu'arrivé à la caisse, l'on demande à n'emporter que les dits 20%. C'est une démarche de comptable ou de statisticien qui serait capable, par exemple, de vous "certifier" que, si vous ne buvez que la moitié du verre d'un mélange eau-vin à parts égales, vous n'aurez pas touché au vin. Bref un sophisme ou réponse de jésuite. Le grand public, quant à lui, comprend qu'il y a "garantie" de zéro nucléaire dans le mix de production électrique distribuée par SIG, ce qui serait faux. Il ne s'agit pas ici d'être pour ou contre le nucléaire - je suis pour ma part probablement moins "contre" que beaucoup -, mais bien de faire preuve d'honnêteté et de transparence dans la communication par un service public, et de ne pas jouer sur les mots.

Pour le post et les commentaires précédents sur le sujet, v. http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/a...


1Dès mon retour à Genève dans deux semaines: je publierai ensuite un rectificatif s'il y a lieu de le faire.

10:59 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | |  Facebook

09/08/2012

Les (fausses) limites de la croissance, 40 ans après

En 1972, le Club de Rome publiait un rapport hautement médiatisé intitulé "Les limites de la croissance". Alors étudiant en dernière année de ma formation en génie chimique, m'entraînant au quotidien aux calculs de bilans de masse et d'énergie (on n'avait pas encore inventé le terme d'"écobilan"), intéressé par la modélisation et écrivant mes premiers programmes informatiques en langage FORTRAN IV pour l'énorme ordinateur central de l'EPFL, le sujet m'interpellait tout naturellement: en plus des conclusions,  j'étais curieux de connaître la démarche et j'avais lu le rapport dans son intégralité. L'étude s'appuyait sur le modèle "World3" développé par les chercheurs de MIT, qui modélisait l'interaction de cinq facteurs moteurs du système mondial (population, pollution, ressources alimentaires, ressources naturelles et production industrielle), avec l'hypothèse d'une croissance exponentielle supposée constante.

Le rapport examinait notamment le taux d'utilisation (et d'épuisement) de 19 substances et concluait que 12 d'entre elles seraient totalement épuisées avant 2012: aluminium; argent; cuivre; étain, gaz naturel; mercure; molybdène; or; pétrole; plomb; tungstène; zinc: or aujourd'hui, cette conclusion s'avère totalement erronée. Quelques exemples:

Lire la suite

13:52 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | |  Facebook

06/08/2012

D’où vient l'énergie électrique?

Comme pour tous les Genevois fournis par SIG, ma dernière facture de consommation était accompagnée d'un flyer détaillant la source de l'électricité produite. Ainsi on apprend qu'elle serait renouvelable (essentiellement hydroélectrique) à raison de 88,5% et fossile à raison de 11,5%: zéro nucléaire! Alors bravo SIG, bravo Genève? Peut-être. Mais alors où vont les 40% d'électricité d'origine nucléaire produits en Suisse? Vers d'autres cantons peu exigeants en matière d'énergies renouvelables et peu regardants envers le nucléaire (des noms, des noms!)? Où vont nos importations d'électricité depuis la France, dont on sait qu'elle est nucléaire à raison de 78%? Vers ces mêmes affreux cantons que l'on devrait montrer du doigt? EDF nous fait-il d'ailleurs la faveur de nous réserver sa part d'électricité non nucléaire?

Probablement pas. Puis, le réseau électrique suisse et européen n'est-il pas à un tel point interconnecté qu'au fond toute l'électricité distribuée sur l'ensemble du territoire suisse provient des mêmes sources par le simple effet des vases communicants? En effet, les quantités d'électricité importées et exportées chaque année dépassent la production nationale1, ce qui illustre bien le caractère dynamique, fluide, diffus et interconnecté du marché suisse et européen de l'électricité. Dans ces conditions, y a-t-il vraiment un sens à vouloir communiquer, et à plus forte raison au dixième de pourcent près, la source de l'électricité distribuée? Est-ce même honnête?

________________________________________________________

1En 2011: 64 TWh produits, 80 TWh importés et 77 TWh exportés: source: Office fédéral de l'énergie (OFEN)

________________________________________________________

Ci-dessous: zéro nucléaire à Genève, l'électricité de Leibstadt va ailleurs. Youpi!
Vraiment?

 

kkw-leibstadt.jpg

18:55 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | |  Facebook

04/08/2012

Message destiné aux collègues blogueurs sur tdg-ch

blog.jpgCertains blogs provoquent l'envie et le besoin d'y répondre immédiatement. Seulement voilà, beaucoup sont "modérés", entendez par là que leurs auteurs filtrent les commentaires avant de choisir lesquels méritent d'être publiés, ce qui a parfois de quoi refroidir les élans et démotiver les commentateurs. Il m'est ainsi fréquemment  arrivé de renoncer à commenter un blog modéré et sans doute d'autres commentateurs potentiels réagissent comme moi. C'est bien dommage, car il s'agit souvent des meilleurs blogs c'est souvent à chaud qu'on a envie de réagir:  un commentaire publié des heures après, quand ce n'est pas le lendemain ou le surlendemain peut s'avérer n'être plus à propos, dépassé et "réchauffé".

Or de quoi avez-vous peur, chers blogueurs modérateurs? D'insultes? D'expressions de haine homophobes ou xénophobes? De commentaires pertinents mais gênants car démolissant systématiquement vos arguments? Ou alors avez-vous envie de passer une soirée ou un weekend tranquille plutôt que de devoir répondre aux commentaires?

Il reste toujours possible de supprimer les commentaires après leur publication: or tout en ne modérant pas mon blog (moyenne 3,5 commetaires par post), je n'ai jamais eu à le faire bien que je croie avoir été souvent polémique et provocateur. Certains commentaires étaient parfois "à la limite" mais je les ai conservés, laissant aux lecteurs le soin d'en juger. Je reconnais que le seuil de tolérance et d'acceptation de critique peut différer d'un blogueur à l'autre.

Pour encourager les commentateurs, j'invite donc ceux qui tiennent à modérer leur blog à 'expliquer "pourquoi et comment" plutôt que de simplement nous dire que "ce blog est modéré", propos à la fois minimaliste et obscur. Voici donc une proposition que je vous soumets - sans droits d'auteur - et que chacun est libre d'adapter et d'améliorer selon ses goûts et besoins:

"Ce blog est modéré. Toutefois, seuls seront refusés les commentaires: susceptibles par leur nature de porter atteinte au respect de la vie privée, de la personne humaine et de sa dignité; contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs; à caractère agressif, diffamatoire ou dénigrant, injurieux, nuisible, menaçant ou abusif; à caractère pornographique, pédophile, ou violent; enfin à caractère publicitaire ou commercial. Aussi, je compte sur votre sens de la mesure et du respect, ce qui ne vous empêche pas d'être mordant, polémique ou provocateur, le débat n'en sera que plus animé! Je m'engage par ailleurs à publier les commentaires le plus rapidement possible, généralement dans un laps de temps de…(heures, jours), sauf bien sûr en cas d'absence. Merci de me lire et au plaisir de vous lire."

Bon été à tous!

 

 

13:08 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | |  Facebook

29/06/2012

Les négociations de libre-échange et les "droits populaires"

A l'occasion de l'assemblée générale de la chambre de commerce indo-suisse (SICC) tenue le 14 juin 2012, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, Directrice du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) avec le rang de Secrétaire d’Etat, nous a présenté les enjeux, les opportunité et les défis des relations commerciales entre la Suisse et l'Inde dans une allocution intitulée "Indo-Swiss Bilateral Economic Relations: A Story of Strengths and Opportunities".

Avant d'être nommée à son poste actuel par le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann en février 2011, elle représentait la Suisse à l'OMC où elle a souvent dû négocier avec les représentants indiens, qu'elle connaît donc fort bien.

Dans son exposé, elle a parlé de l'état actuel des négociations bilatérales entre l'Inde et la Suisse (dans le cadre de l'AELE).

Si la majorité des secteurs ne posent aucun problème, quelques points d'achoppement existent encore: pour les indiens notamment, l'accès au marché suisse pour les denrées agricoles et la prestation directe de services en Suisse; pour la Suisse: les taux de douane pour les machines qui, bien que baissant dans le cadre des accords de l'OMC, ne le font que trop lentement aux yeux des membres de SWISSMEM; par ailleurs, les questions de propriété intellectuelle et de développement durable, chers à la Suisse, restent également en suspens. Il se pourrait toutefois que les négociations aboutissent avant la fin de cette année, en quel cas la Suisse pourrait bénéficier d'une avance sur l'Union européenne pour laquelle les négociations avec l'Inde sont considérablement plus complexes.

Vu que les négociations multilatérales dans le cadre de l'OMC (Doha Round) sont actuellement au point mort, la Suisse négocie et renégocie des accords bilatéraux sur les échanges commerciaux avec de nombreux pays. On n'imagine pas les conditons dans lequelles ces négociations se seraient déroulées si l’initiative «Pour le renforcement des droits populaires dans la politique étrangère» avait été acceptée et ces accords, in fine, obligatoirement soumis à un vote populaire: quelle aurait-été en effet la crédibilité de nos négociateurs? Nos interlocuteurs étrangers auraient-ils voulu perdre leur temps?

Espérons que ces accords aboutiront et vite: nous avons tout intérêt à accroitre nos échanges commerciaux avec des pays émergents à forte croissance. Les défenseurs des dits "droits populaires" auraient, en plus, très probablement préconisé le rejet de la majorité des accords: le peuple suisse l'a implicitement compris et ne l'a pas voulu.

Quel rapport avec Thônex? En cherchant bien, j'en ai enfin trouvé un: meilleures ventes de montres Rolex et de stylos Caran d'Ache = plus d'emplois et meilleures rentrées fiscales pour ma commune!


Pour le texte complet de la présentation de Mme Ineichen-Fleich (en anglais), cliquez ici.

15:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

30/05/2012

Le plus grand parc solaire mondial inauguré en Inde

Proche de la mer d'Oman et bordant des grands marais salants asséchés une bonne partie de l'année, le parc solaire de Charanka a été inauguré récemment dans l'Etat indien du Gujarat. D'ici à 2015, les phases successives permettront d'atteindre 600 MW sur une surface de 2000 hectares, soit une production d'énergie comparable à celle d'une centrale thermique ou nucléaire de taille moyenne. Les 214 MW actuels placent toutefois déjà ce parc solaire au premier rang mondial. D'autres projets sont en préparation, et l'Etat du Gujarat prévoit une production de plus de 10 GW (10 000 MW) à l'horizon 2020.

charanka.jpg

Situé à l'ouest de l'Inde, ce désert salé à fort rayonnement solaire (plus de 2100 kWh/m2) se prête tout naturellement à ce type d'investissement. Dans le canton de Genève, le rayonnement solaire est sensiblement inférieur (1250-1300 kWh/m2). C'est donc 3500 hectares qu'il nous faudrait pour produire la même énergie que le parc de Charanka, soit près d'un tiers de la zone agricole actuelle...

Ci-dessus, une petite partie des 2000 hectares: or un parc solaire, c'est ça!


Alors que l'on continuera longtemps chez nous de gesticuler sur l'énergie solaire, elle ne représentera jamais qu'une infime proportion de l'électricité produite et consommée à Genève et en Suisse. La construction de centrales au gaz de nouvelle génération (à cycle combiné), pour remplacer les centrales nucléaires, est donc indispensable, n'en déplaise à certains.


à d.: l'ouest de l'Inde, un ensoleillement de plus de 2100 kWh/m2

SolarGIS-Solar-map-India-en.png

13:35 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  Facebook

30/04/2012

Suisse: Singapour de l'Europe?

Il fut un temps pas si lointain où certains pays étaient qualifiés de "Suisse du…": Suisse du Moyen-Orient (Liban), Suisse d'Amérique du Sud (Uruguay), Suisse d'Asie (Singapour), etc., comparaison flatteuse dont ces pays étaient fiers car cela était synonyme d'ordre et propreté, de bonne gouvernance et de prospérité. Or s'agissant de Singapour, retournons aujourd'hui la question pour savoir si la Suisse mériterait d'être qualifiée de "Singapour de l'Europe": en effet l'élève aurait-il fait mieux que le maître? Apparemment oui. Examinons quelques chiffres:

Lire la suite

16:51 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | |  Facebook

25/04/2012

Merck-Serono: persiflage et Schadenfreude déplacés

Ces lignes s'adressent à tous ceux qui hurlent avec les loups et qui crient au scandale face à la fermeture du site genevois de Merck-Serono. On retrouve parmi eux certains qui sont sincèrement et profondément fâchés, d'autres qui le "savaient" tout au long et qui clament fièrement aujourd'hui qu'ils nous l'avaient "bien dit", d'autres encore qui s'en gloussent par Schadenfreude, enfin ceux qui y voient la preuve évidente de la nécessité d'une politique genevoise dirigée contre les multinationales. Bien sûr les salariés qui perdent leur emploi ont toute my sympathie.

Les attaques personnelles contre Ernesto Bertarelli vont bon train, manifestement fortement teintées de jalousie mais, quoi que certains puissent penser du personnage, ne sont-elles pas totalement hors propos? En effet, Serono a été vendu à Merck en 2006; cette dernière savait ce qu'elle achetait1, a évalué les risques liés aux facteurs impondérables et a pris une décision: c'est ainsi dans toute transaction. Il arrive parfois qu'on se soit trompé, qu'on ait mal évalué les risques et que la donne ait changé pour des raisons conjoncturelles, technologiques ou géopolitiques qu'on ne maîtrise pas. Il arrive parfois aussi que le nouvel acquéreur ait simplement mal géré l'objet acquis, car en six ans on peut faire pas mal de dégâts.

Le monde économique "mondialisé" est ainsi fait: les entreprises créent des implantations et embauchent du personnel et, à l'inverse, sont malheureusement amenées parfois à fermer, à délocaliser et à licencier: selon la période dans cycle de vie d'une implantation, on s'en réjouira ou on le regrettera.

Evitez toutefois s'il vous plaît de moraliser. La vie est pleine d'incertitudes et de changements: des proches nous quittent; les familles éclatent et se recomposent; certains quittent leur patron et l'entreprise, qui les a pourtant formés, pour un meilleur salaire chez un concurrent. Il serait bien irraisonnable et hypocrite de s'attendre à une sécurité absolue en matière d'emploi, car tout comme pour d'autres facteurs privés et sociaux, la relation d'emploi est teintée d'impondérables et d'imprévus.

Ayant moi-même été longtemps salarié de multnationales, y compris de certaines ayant quitté Genève, je réitère ma sympathie à ceux qui perdent leur emploi et leur souhaite d'en retrouver un rapidement; je reste toutefois convaincu que les multinationales sont indispensables à la prospérité de notre Cité. A nous alors de faire en sorte qu'elles continuent de trouver Genève attractive et qu'elles restent, au bilan, créatrices d'emploi et de richesse. Sans elles, nous ne pourrions pas nous permettre d'offrir des salaires médians de CHF 9000 aux fonctionnaires. Ne scions pas la branche sur laquelle on est assis.


1Du moment qu'il ne semble pas être question de comptes truqués ou d'arnaque

 

12:03 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | |  Facebook

20/04/2012

Genève, ville internationale ou simple enclave suisse en France?

En observant l'intérêt que soulève l'élection présidentielle française à Genève sur la TV, la Julie, les blogs tdg.ch et les posts sur Facebook, on peut en effet se poser la question. Par contre que sait-on à Genève sur la politique allemande, britannique, hongroise ou suédoise? Connaît-on même le nom du premier ministre anglais depuis que ce n'est plus Tony Blair? Qui sait quand se tiendront les prochaines élections législatives allemandes? D'ailleurs qui s'y intéresse? Certes, nous sommes peut-être plus concernés par la France parce que nous y faisons nos emplettes, y allons skier ou y possédons une résidence secondaire; ou encore parce que les frontaliers français viennent nous voler nos emplois en pratiquant du dumping salarial. Mais cela explique-t-il à ce point cet engouement, voire ces passions, pour une élection qui au fond ne nous concerne que très indirectement?

Il y a quelques années, un informaticien indien au bénéfice d'un permis temporaire "L" travaillant à Genève pour un projet que je dirigeais alors s'était rendu dans une grande surface consacrée à l'ameublement pour y acheter un lit. Souhaitant des renseignements, il avait cherché un vendeur parlant anglais: "impossible", lui a-t-on répondu: "par contre, nous pouvons vous renseigner en français, portugais, espagnol, serbo-croate ou albanais"…même pas en allemand ou suisse-allemand, pourtant première langue du pays. La seule différence avec Limoges, Angoulême, Tours ou Châteauroux qui n'ont quant à elles aucune prétention d'être des "villes internationales", c'est qu'il y aurait probablement eu le serbo-croate en moins et l'arabe et le kabyle en plus.

En conclusion, soyons un peu plus modestes avec notre prétendue "ville internationale"…car ne serions-nous finalement pas qu'une simple enclave suisse en France, un accident de l'histoire?

13:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

19/04/2012

Energie électrique: que veut-on?

En réalité, on ne sait pas. A lire le dernier sondage en ligne auprès des lecteurs de Tdg.ch concernant l'opportunité de construire cinq ou six "nouvelles" centrales à gaz en Suisse (comme s'il y en avait des existantes…), il y a nettement plus de "non" que de "oui".


à g.: état du sondage le 19 avril 2012 à 11h30



Par ailleurs, on ne veut pas non plus de:

  • gaz de schiste;
  • géothermie profonde;
  • centrales nucléaires;
  • parcs éoliens;
  • parcs solaires;
  • barrages hydroélectriques.


Parc solaire en Allemagne


Voici à quoi ressemble un "vrai" parc éolien:
inimaginable en Suisse!


Or même si d'importantes économies sont encore probablement possibles pour les combustibles et si la consommation de carburants restera tempérée par le prix de l'essence, le besoin en énergie électrique continuera longtemps d'augmenter en Suisse et, à défaut de pouvoir la produire par manque de vision, d'ambition et de courage politique, il faudra bien l'importer: bref polluons, mais ailleurs que chez nous. Prétendre autre chose, c'est du blabla, du pipeau, des billevesées, de la naïveté, de l'ignorance, de la myopie ou enfin pire, des mensonges.

 

 

11:53 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | |  Facebook